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    Economie

    Finance islamique
    Les banques du Golfe reviennent à la charge

    Par L'Economiste | Edition N°:3681 Le 20/12/2011 | Partager
    Elles pourraient trouver écho auprès du gouvernement dirigé par le PJD
    Bank Al Maghrib et le Trésor notamment travaillent sur le dispositif réglementaire
    En attendant, la production est en forte baisse

    La Qatari international islamic bank est la première institution financière islamique qui a, officiellement, sondé le terrain depuis l’arrivée du PJD au pouvoir. Le groupe financier envisage la création d’une banque et d’une compagnie d’assurance islamiques. L’arrivée du parti islamiste au pouvoir devrait certainement accélérer le processus au niveau réglementaire

    A quelques jours du terme de l’année, l’encours des produits islamiques a fondu à 800 millions de DH, soit une baisse de près de 100 millions de DH par rapport à 2010, selon les dernières statistiques de Bank Al Maghrib. Une diminution principalement attribuée à l’arrêt de la commercialisation des produits alternatifs par certaines banques. Faute de marketing également, la machine peine à décoller. Mais, ce ne sont pas les seules raisons. «Jusqu’en 2010, il n’y avait pas une volonté politique de développer la finance islamique», relève Ali Alami Idrissi, associé fondateur de Optima Finance consulting (cabinet de conseil et formation en ingénierie financière). D’un autre côté, «les établissements de crédits étaient peu enclins à développer ces produits», note un autre professionnel.
    Sur les quinze dernières années, une dizaine de banques islamiques du Moyen Orient ont été recalées pour l’obtention d’un agrément par Bank Al Maghrib.
    Aujourd’hui, les sirènes des investisseurs islamiques pourraient trouver écho auprès du gouvernement dirigé par le PJD. La Qatari international islamic bank est la première institution qui a, officiellement, sondé le terrain. L’institution financière envisage la création d’une banque et d’une compagnie d’assurance islamiques.
    En début d’année, le PJD avait formulé une proposition de loi sur les banques et institutions financières islamiques. Son arrivée au pouvoir devrait certainement accélérer le processus au niveau réglementaire. Selon nos informations, un groupe de travail composé notamment de la Banque centrale et du Trésor travaillerait sur le cadre réglementaire relatif à la finance islamique. Il s’agira de trancher entre une adaptation du dispositif actuel ou une réglementation dédiée. Certains professionnels préconisent un système dual comme en Malaisie par exemple. En attendant l’évolution des textes, Bank Al Maghrib se penche sur le développement de l’offre existante. Elle prépare deux nouveaux produits de financement pour les entreprises : « Salam » et « Istisnaa ». La banque centrale envisage également l’élargissement du panier des produits islamiques aux sukuk (produit obligataire islamique).
    L’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché devrait obliger les banques locales à revoir leur stratégie sur les produits conformes à la Charia. «Elles pourraient pâtir de l’installation des banques islamiques car elles ont déjà accusé cinq ans de retard», estime Alami. Les institutions bancaires islamiques sont censées apporter avec elles l’expertise et une palette de produits aussi diversifiée que celles des banques classiques. Avec un taux de bancarisation qui dépasse à peine les 50%, l’entrée des banques islamiques relancera la bataille au niveau du recrutement de nouveaux clients.
    Il reste cependant la question liée aux tarifs appliqués. Les produits islamiques sont jugés relativement plus onéreux que les produits classiques. «Les produits islamiques ne présentent pas d’avantages compétitifs par rapport aux produits classiques », relève une source du marché. En revanche, pour Alami, «les tarifs ne passent pas du simple au double. Nous relevons un surcoût qui est tout de même supportable».
    L’industrie de la finance islamique pèsera près de 2.800 milliards de dollars en 2015, soit le double de sa taille en 2010, laissent ressortir les prévisions du Islamic financial services board (IFSB). Après la crise de 2008, les produits islamiques ont repris de la valeur auprès des investisseurs parce qu’ils sont jugés moins risqués. Par ailleurs, plusieurs pays, ont modifié leur dispositif réglementaire pour attirer les capitaux des investisseurs islamiques. «Le Trésor pourrait envoyer un signal fort en lançant une émission de sukuk par exemple », estime Alami.

    F.Fa

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