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Santé au travail: Les PME hors normes!

Par L'Economiste | Edition N°:3681 Le 20/12/2011 | Partager
Cancers, pathologies psychosociales, stress… Des maladies récurrentes
Une entreprise de plus de 50 salariés doit recourir aux services d’un médecin indépendant

«L’une des difficultés du système de santé au travail est l’identification des indicateurs de santé et les facteurs de risques professionnels », explique Patrick Brochard, chef de service de médecine du travail et de pathologie professionnelle au CHU de Bordeaux

60.000 par an! C’est le nombre d’accidents du travail déclarés par les compagnies d’assurances au Maroc. Au niveau mondial, 2,2 millions de décès par an sont d’origine professionnelle, selon les estimations du Bureau international du Travail (BIT) relatives aux accidents du travail et aux maladies professionnelles. Des chiffres qui renseignent sur la nécessité de la prise en compte de l’enjeu de la santé au travail. D’ailleurs, plusieurs maladies ont vu le jour ces dernières années. Cancers professionnels, pathologies psychosociales, stress... des malaises qui perturbent la bonne marche de l’activité des entreprises.
De l’avis de Omar Ghomari, DRH d’Attijariwafa Bank, «la notion de la santé doit figurer parmi les priorités stratégiques de l’entreprise». C’est d’ailleurs l’une des conclusions tirées de la journée inter-entreprises de la santé au travail organisée par Attijariwafa Bank. En effet, «la problématique de la santé au travail est complexe, puisque l’on fait face quotidiennement à des facteurs de risque qui ne cessent d’évoluer et que nous ne pouvons pas identifier», affirme Patrick Brochard, chef de service de médecine du travail et de pathologie professionnelle au CHU de Bordeaux. Du coup, la seule solution envisagée reste la prévention. Un avis qui n’est pas partagé par ceux qui pensent qu’un bon arsenal juridique peut régir le système. «Ce n’est pas une question de réglementation mais un problème conceptuel dû à des facteurs psychosociaux», tient à préciser le praticien Patrick Brochard. Il faut dire qu’un cadre législatif favorable au maintien de la sécurité au travail peut jouer en faveur des employeurs. Au Maroc, «la lenteur de la législation et le manque d’actualisation des textes juridiques ont souvent été à l’origine d’une discordance entre l’aspect législatif et les risques auxquels peut être exposé le salarié», affirme Houria Touab, médecin du travail au CHU Ibn Rochd à Casablanca. Aujourd’hui bien que le projet de loi sur la santé et la sécurité au travail soit toujours en cours d’approbation, plusieurs mesures ont été prises.
En effet, les entreprises sont désormais tenues de recourir aux services médicaux. «Au Maroc, le régime qui prévaut est celui des services médicaux indépendants», précise Houria Touab. Ainsi une entreprise qui a plus de 50 salariés doit systématiquement recourir aux services de médecins indépendants. Quant aux structures de moins de 50 salariés, elles doivent adhérer à un service médical inter entreprises, dit commun, avec un local dédié, matériel, infirmiers et médecins communs.
Une situation peu fréquente voire inexistante au Maroc. Ce qui compromet la conformité des TPE et PME au système de prévention de la santé. En effet, si le régime commun est presque inexistant au Maroc, en France 90% des salariés sont soumis à ce régime.

Intissar BENCHEKROUN

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