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Reportage

Le débat passionné et inattendu de la cérémonie

Par L'Economiste | Edition N°:3680 Le 19/12/2011 | Partager
Rachid Benmokhtar analyse les failles du système éducatif
Connaissances, profils et valeurs, les trois armes des jeunes

«Notre pays a raté l’établissement d’un système éducatif pour tous», a indiqué Benmokhtar, président de l’Observatoire national du développement humain

RICHE et complet. L’exposé de l’invité d’honneur de la cérémonie de remise des prix de L’Economiste, Rachid Benmokhtar, président de l’Observatoire national du développement humain, a touché des points de vérité sur la jeunesse d’aujourd’hui et celle de demain. Cet ancien ministre de l’Education nationale a articulé son discours autour «des armes à porter par les jeunes pour leur avenir». Son intervention a suscité un débat passionné et inattendu qui a enrichi les réflexions sur les questions touchant les risques et les failles du système d’éducation nationale. «Notre pays a raté l’établissement d’un système éducatif pour tous», indique, d’emblée, Benmokhtar. «Malgré tous les efforts qui ont été fournis, malgré la charte de l’éducation et le budget qui représente 25% du budget général de l’Etat et 6% du PIB, seul le taux de scolarisation à l’inscription a évolué, dépassant aujourd’hui les 90%». Néanmoins, en poussant la réflexion plus loin, on trouve que 400.000 enfants en âge de scolarisation abandonnent l’école chaque année et 3% seulement d’une cohorte d’élèves inscrits dans l’enseignement primaire arrivent à décrocher une licence. Ce qui explique la pénurie de connaissances et de compétences que craint et craindra davantage le Maroc. «Le déficit auquel nous devons faire face touche aussi les profils et les valeurs», précise l’ancien président de l’Université Al Akhawayn. La faiblesse de communication, le déficit dans le comportement, l’indiscipline, le désengagement, l’incapacité d’échanger et de travailler en équipe, l’absence de curiosité, le désintérêt pour la technologie, le non-respect des règles et d’autrui, la triche, le plagiat… autant de risques auxquels nos jeunes seraient affrontés à l’avenir. Pour arriver à un Maroc souhaitable, Benmokhtar soutient qu’il faut «dénouer cinq nœuds, à savoir l’éducation, l’inclusion, l’économie, la santé et la gouvernance». «Les points noirs liés à la problématique du savoir sont nombreux, mais il faudrait d’abord commencer par inverser complètement le système éducatif national et faire des sciences et de l’ingénierie ses éléments centraux». «Nous n’avons pas suffisamment de personnes formées pour faire face à un développement basé sur la connaissance, la technologie, l’emploi et le monde des affaires», souligne Benmokhtar, ajoutant que le Maroc forme plus de littéraires que de scientifiques. La deuxième faille réside dans l’école elle-même. Il ne faut pas viser les diplômes et leur multiplicité, ce sont le niveau et la qualité de l’enseignement transmis qui doivent être pris en compte. L’objectif est de former des élites qui auront la capacité de s’impliquer dans la vie économique et sociale. Ensuite, il faut détacher le problème des enseignants de la politique. Les valeurs (notion du bien commun, respect…) et la technologie sont les autres armes à porter pour un meilleur avenir.

B. S.

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