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Economie

Assises de la concurrence
Plus de compétition pour doper le PIB

Par L'Economiste | Edition N°:3680 Le 19/12/2011 | Partager
Rentes «invisibles», un boulet pour la croissance!
Grande distribution, un cas d’école français
Bataille d’un régulateur pour le transport low-cost

Venus des 4 coins du monde aux 3es Assises de la concurrence, tenues du 14 au 17 décembre à Tanger, les régulateurs de la concurrence ont à tour de rôle présenté leur expérience. Bruno Lasserre, président de l’Autorité de la concurrence française, est catégorique: «Pas de plaidoyer efficace sans sanction au bout du processus». Mais prêche néanmoins la prudence: l’économie de marché est basée aussi sur l’inégalité. Le régulateur français cite les «négociations asymétriques entre grandes et petites entreprises» à l’image des rapports entre la grande distribution et petit commerce. Et là, c’est la «rente invisible» qui entre en jeu. Plaider la cause des petits commerces est certes défendable. Mais en France, ériger des barrières législatives et réglementaires aux nouvelles franchises, aux nouveaux entrants au marché… a eu un effet pervers. Ces mesures draconiennes ont bénéficié aux acteurs déjà bien installés en propulsant au sommet leur valeur en Bourse.
Autre précédent, celui des collectivités locales françaises. En agissant comme des opérateurs privés, elles doivent êtres soumises au droit de la concurrence. C’est ainsi que la direction des monnaies et médailles relevant du ministère de l’Economie s’est vu infliger une amende de 100.000 euros. Ce département monopolisait la vente de souvenirs dans les monuments historiques.


Actuellement, le Conseil de la concurrence défend le rôle

de plaidoyer ou advocacy du régulateur. Le projet de loi

sera incessamment déposé au Parlement


Les «rentes invisibles» ont une forme plus primaire. L’économiste Kamal Mesbahi évoque le cas des autorisations délivrées par les collectivités locales, acquises ou «achetées» selon le degré de proximité avec les cercles de décision. Pratique qu’il qualifie de «fait de prince».
Lutter contre «n’est pas une exclusivité» du régulateur. Une telle bataille passe «nécessairement par des réformes politiques», estime l’universitaire. Qui, contrairement à l’approche du Conseil de la concurrence, fait valoir une «stratégie progressive»: s’attaquer aux rentes «les moins acceptables socialement (agrément de taxi surtout) et la plus visibles économiquement».
L’absence de concurrence nuit à la productivité, à la croissance, à la compétitivité et à la redistribution des revenus. Une corrélation entre concurrence et PIB est mise ainsi en évidence par Eduardo Perez Motta, président de l’Autorité de la concurrence mexicaine. D’où «une perte d’un point à un point et demi du PIB, fuite des investissements… selon l’OCDE ou la Banque mondiale», indique Motta. Le plaidoyer du régulateur mexicain s’est révélé ainsi efficace pour ouvrir le marché du transport aérien aux compagnies low-cost. Avant 2005, il était impossible qu’elles obtiennent une autorisation et sur n’importe quelle ligne. La mise à mort des positions monopolistiques a engendré une baisse des prix des billets.

Faiçal FAQUIHI

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