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    Les médicaments «made in Europe» arrivent

    Par L'Economiste | Edition N°:3680 Le 19/12/2011 | Partager
    Objectif: conserver la valeur ajoutée des industries de santé et mieux informer le client
    Mais les retombées de l’affaire médiator freinent la réalisation du projet

    Du nouveau du côté des produits médicaux européens. En effet, depuis plusieurs semaines, de nombreux fabricants et sous-traitants pharmaceutiques, dont le groupe pharmaceutique français Sanofi, ont lancé un projet de grande envergure : pouvoir indiquer sur les médicaments européens leur lieu de production. Un projet qui pourrait bien faire du bruit lors du prochain Conseil stratégique des industries de santé ( CSIS) qui rassemblera entres autres bon nombre de laboratoires ainsi que les pouvoirs publics.
    Selon Fabien Riolet, directeur de Polepharma qui détient près de 55% de la production nationale de médicaments soit 51 milliards d’euros au total en 2010, le programme en question permettra tout d’abord de conserver et de développer l’image et la renommée de l’industrie de la santé européenne. Par ailleurs, d’après Sébastien Aguettant, président du Spis qui est l’un des syndicats des sous-traitants à l’origine du projet, l’indication du lieu permettra une traçabilité du médicament qui valorisera sa valeur ajoutée européenne, environnementale et sociale notamment. De plus, jusqu’à présent, il n’existe aucun moyen de différencier un médicament conçu en Europe d’un médicament importé. Un tel programme pourra donc permettre d’informer le consommateur, qui sera plus apte à acheter le produit s’il est fabriqué localement pour une question de suivi sanitaire. Le projet servira également à faire face à l’important développement de la concurrence qui a eu lieu dans le domaine depuis plusieurs années suite à la diminution des coûts de production. En effet, l’écart des coûts entre pays émergents et développés est passé de 30% à 15% en l’espace de quelques années. Les marges en question ont permis aux pays émergents de produire des médicaments de meilleure qualité mais également de ne plus être dépendants d’un seul pays au niveau de la chaîne de production.
    Le projet pourrait prendre la forme d’un label qui verra le jour d’ici quelques mois. Plus concrètement, il s’agira d’une indication sous forme d’un classement alphabétique qui témoignera de la performance du lieu de production en termes de principe actif (composants des médicaments), de production et d’emballage.
    Cependant, le programme des fabricants européens pourrait être freiné par un climat post-médiator toujours aussi pesant, l’affaire médiator ne remontant qu’à quelques mois et ayant sévèrement décrédibilisé les laboratoires européens. Autre point noir et non des moindres, les multinationales étrangères dans le domaine sont réticentes au projet étant donné qu’elles produisent la majeure partie de leurs médicaments en Amérique centrale.
    Le programme est néanmoins des plus importants pour les fabricants tricolores. En effet, c’est une véritable course à la montre à laquelle se livrent ces derniers depuis plusieurs mois. Les producteurs et sous-traiteurs voient déjà leurs marges s’amoindrir, en particulier au niveau des produits génériques. En fait, la régression se fait sentir bien que le mouvement demeure pour le moment plutôt discret. Ainsi, le géant Pfizer vient de céder au génériqueur américain Mylan une technologie de médicaments à inhaler, laquelle était censée relancer l’une de ses entreprises françaises.

    Karim AGOUMI

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