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Casablanca
Des transports en commun réservés aux femmes?

Par L'Economiste | Edition N°:3678 Le 15/12/2011 | Partager
Les problèmes de sécurité routière et personnelle contraignent leur mobilité
La Banque mondiale veut institutionnaliser l’approche genre

L’étude de la Banque mondiale montre que «les femmes sont victimes d’insécurité souvent plus que les hommes et de comportements incivils, de harcèlement ou de mauvaise conduite, à bord des transports collectifs»

DES taxis, bus ou des rames de tramway réservés exclusivement aux femmes à Casablanca? C’est l’une des propositions de la Banque mondiale qui a récemment organisé un atelier visioconférence à Rabat, avec le site de Washington DC, sur le genre et le transport urbain dans la région Mena. Des responsables et spécialistes en transport, circulation, environnement et développement social ont participé à l’analyse des résultats et recommandations émanant d’une grande enquête de la Banque mondiale. Une présentation des principaux résultats de l’étude a permis d’avoir une idée plus globale des comportements des hommes et des femmes vis-à-vis des services de transport urbain.
L’enquête réalisée par la Banque mondiale pour le compte de la commune urbaine de Casablanca montre qu’il existe «des différences significatives entre les hommes et les femmes en termes de besoins et d’attentes. Des différences qui résident principalement dans le fait que les femmes sont davantage tributaires des transports en commun, comparés aux hommes qui disposent souvent de motocyclettes ou de véhicules personnels». L’autre point qui est aussi très important, c’est que «les femmes sont victimes d’insécurité souvent plus que les hommes et de comportements incivils (de harcèlement ou de mauvaise conduite) à bord des transports collectifs» (voir aussi L’Economiste édition n° 3637 du 14/10/2011). Ces résultats ne sont pas trop différents de ceux obtenus dans d’autres villes de la région Mena. Selon trois autres études menées dans les campagnes du Yémen (à Sanaa), dans le nord de la Cisjordanie et en Palestine, «les hommes et les femmes se plaignent de services insatisfaisants et incertains des transports en commun». Autre point, «les facteurs sociaux, politiques et culturels limitent la mobilité des femmes surtout au Maroc, Yémen et en Cisjordanie». L’étude note aussi d’autres problèmes liés à la sécurité routière et personnelle qui contraignent leur mobilité. Il s’agit du manque de trottoirs et de passages piétons, de l’éclairage défaillant des artères, du manque d’entretien des véhicules, du comportement incertain des conducteurs en plus de l’harcèlement verbal et physique.
Pour appliquer ces résultats aux politiques de transport à Casablanca, les responsables de la Banque mondiale ont proposé l’institutionnalisation de l’approche genre. «Les questions qui touchent les femmes ainsi que leurs réponses devraient être diffusées, en institutionnalisant la consultation et la participation. Nous proposons au ministère du Transport de mettre en place une unité ou une division qui serait responsable des questions se rapportant à l’approche genre», indique Jean-Charles Crochet, économiste senior des transports à la Banque mondiale. «Il est, en effet, crucial de compléter les politiques, les stratégies et les réglementations qui régissent les transports par des analyses sociales et de promotion d’égalité entre les sexes et par une planification participative intégrant les bénéficiaires masculins et féminins», note l’étude. «Ces analyses pourront aider à déterminer les capacités de paiement et l’accès aux transports pour les différents segments de la population».

Sécurité

PARMI les recommandations de la Banque mondiale, les responsables et les autorités doivent garantir la sécurité des passagers. Les risques de harcèlement sexuel, la violence sexiste et la criminalité sont des contraintes majeures à la mobilité des femmes en milieu urbain, à l’éducation et aux opportunités économiques, en particulier dans la périphérie urbaine. Les mesures pour contrer ces risques peuvent inclure l’emploi d’agents de sécurité dans les terminaux, les arrêts de bus, les autobus et les trains, avec un renforcement du service aux heures où les femmes font la plupart de leurs déplacements. La Banque mondiale recommande aussi l’embauche d’agents de sécurité féminins et masculins dans la mesure du possible, un éclairage adéquat sur les trottoirs, aux arrêts de bus, sur les plateformes, et dans les terminaux et l’introduction du concept de voitures, d’autobus, de rames et de taxis dédiés exclusivement aux femmes.

Bouchra SABIB

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