×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Entreprises

RAM se recentre sur son cœur de métier

Par L'Economiste | Edition N°:3678 Le 15/12/2011 | Partager
Restructuration, refonte des dessertes, ...
La compagnie devrait investir 9,3 milliards de DH entre 2011 et 2016

«En dix ans, c’est la première fois qu’entre le 1er novembre 2011 et le 31 mars 2012, l’offre d’avions sur le Maroc connaîtra un tassement de 11%», explique Driss Benhima, PDG de Royal Air Maroc

Le PDG de Royal Air Maroc (RAM) a repris son bâton de pèlerin pour présenter la situation de sa compagnie à l’aune des crises qui secouent le transport aérien. Le mardi 13 décembre, Driss Benhima a rencontré le monde des affaires au siège de la Confédération patronale. Un exposé qui a retracé l’historique de la crise que traverse RAM. Tout y est passé. Depuis la signature des accords de l’open-sky jusqu’au contexte politique international (crise économique, printemps arabe…)
Bien évidemment, les problèmes de l’entreprise remontent à l’ouverture du ciel, décidée en 2006. Un accord qui n’a pas tenu compte des intérêts du transporteur national. Pis encore, une semaine après la signature de l’accord, la loi de Finances 2007 introduit la suppression des exonérations fiscales. Or, les concurrents de RAM bénéficient dans leurs pays respectifs d’une fiscalité dédiée. Air Tunisie, par exemple, est considérée comme une entreprise exportatrice.
Les finances de RAM ont été grevées par le redressement fiscal pour la période 2004-2010, déclenché un an après la libéralisation de l’aérien. Le transporteur est contraint de verser 1,4 milliard de DH à l’Etat. Suite à la libéralisation de l’espace, RAM est livrée à une «concurrence déloyale», qui commence à prendre des proportions importantes. En effet, l’offre de vols low-cost sur le Maroc est passée de 550.000 sièges en 2006 à plus de 7 millions en 2010. Une situation qui s’est accompagnée d’une baisse des tarifs de 26% entre 2003 et 2010, alors que les charges n’ont baissé que de 20%.
«En dix ans, c’est la première fois qu’entre le 1er novembre 2011 et le 31 mars 2012, l’offre d’avions sur le Maroc connaîtra un tassement de 11%», explique Benhima. Paradoxalement, ce repli sera assorti, au cours de cet hiver, d’un retour en force des compagnies régulières de l’ordre de 17%. Parmi elles, Air France qui effectuera des dessertes sur Casablanca à partir de certaines villes de province française. Un détail intrigue toutefois le président : la montée fulgurante de l’offre de vols sur Fès. Une destination dont le volume d’activité touristique encore moins les investissements hôteliers n’expliquent pas un tel afflux d’avions. Pour leur part, les compagnies low cost réduisent leur voilure de 19%. Ainsi, Air Arabia a baissé sa capacité de production de l’ordre de 40%, en ramenant sa flotte de 5 avions à 3. RAM n’est pas en reste. Elle baissera son offre de 8%. «Sur une flotte de 54 avions, la compagnie a mis au sol 19 avions et elle n’est pas la seule», signale Benhima. En raison du repli de l’offre de vols sur le Maroc, le président anticipe une baisse de 17% qui pourrait toucher le niveau du handling. Le transport aérien n’est pas près de voir le bout du tunnel. Du moins, pas à court terme.
Autre facteur pénalisant pour la compagnie, la diversification de ses activités qui alourdit ses charges. Des activités telles que la maintenance des avions, le handling, la formation... C’est la raison pour laquelle RAM envisage de se recentrer sur son cœur de métier à la faveur du contrat-programme 2011-2016, signé avec l’Etat. Un projet de restructuration qui devrait bouleverser l’ADN de l’entreprise car il s’articule autour de plusieurs axes dont des coupes budgétaires, la refonte du réseau commercial, un plan social… L’objectif du plan de rationalisation est d’économiser 1 milliard de DH.
Malgré un contexte défavorable, RAM a consenti d’importants investissements. Ainsi, ce sont 8 milliards de DH qui ont été dépensés en 6 ans pour la modernisation de la flotte d’avions sur fonds propres et endettement sans la caution de l’Etat. Un budget qui a permis l’acquisition de 20 avions supplémentaires. Entre 2011 et 2016, la compagnie envisage encore d’investir 9,3 milliards de DH, dont 8,2 milliards de DH pour l’achat de 19 avions. Par ailleurs, le chiffre d’affaires a progressé de 1 milliard de DH par an en moyenne. Pour sa part, le chiffre d’affaires internet a été multiplié par trois pour atteindre 1,2 milliard de DH. Une performance que la compagnie aimerait bien voir progresser, si ce n’était les frais liés au commerce électronique : commissions, frais de plateforme d’interconnexion… Le client doit débourser 3% de plus que le billet d’avion, alors qu’en Europe, ces frais ne sont que de 1%.

Déficit

La période comprise entre 2009 et 2011 aura été la plus difficile de toute l’histoire de la compagnie nationale. Trois ans au cours desquels, le déficit net de RAM est passé de 850 à 930 millions de DH en 2010. Outre la concurrence, l’activité de RAM est également pénalisée par le cours du pétrole. Dans le passé, le prix du carburant baissait en temps de crise. Mais depuis 2008, et malgré le repli de l’activité économique mondiale, il n’a pas cessé de grimper. L’acquisition récente d’un logiciel de gestion des plans de vols devrait permettre au transporteur d’optimiser ses vols.

Hassan EL ARIF

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc