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Le régime de change au banc des accusés

Par L'Economiste | Edition N°:3677 Le 14/12/2011 | Partager
«C’est un débat cyclique», estime Karim El Aynaoui
La compétitivité dépend de beaucoup de choses

Karim El Aynaoui, directeur des Etudes et Relations internationales à Bank Al-Maghrib

Pour Karim El Aynaoui, directeur des Etudes et Relations internationales à Bank Al-Maghrib, «l’invitation du CMC est quelque part un piège». Un piège, dira-t-il, que son institution a appris à se défaire plus aisément avec le temps. Il y a quelques années, «c’était impensable de voir Bank Al-Maghrib assister à ce genre de rencontre». La 21e du genre organisée hier, 13 décembre, à Casablanca sur le thème: «Compétitivité et dynamique à l’export: quelle stratégie d’avenir?» Il ironisera: «j’ai l’impression d’être un accusé au tribunal, même si ce tribunal est sympathique».

- L’Economiste: Faut-il dévaluer le dirham comme le souhaitent nombre d’exportateurs?

- Karim El Aynaoui: La préoccupation de Bank Al-Maghrib, c’est aussi l’analyse de la situation économique en temps réel. Car une banque centrale est dans le pilotage macroéconomique de court terme, non pas dans la résolution de problèmes de long terme qui relèvent de la croissance. La question de baisse du taux de change est cyclique au Maroc. Elle revient sur le devant de la scène à des moments particuliers qui sont toujours les mêmes, à savoir en période de ralentissement de la croissance mondiale, la détérioration de la balance des paiements. C’est quoi le contre-courant de la balance des paiements au Maroc? C’est 20% de balance commerciale déficitaire et 16% des revenus des transferts des MRE et du tourisme. Ce qui se traduit par un déficit structurel de 4%, qui est globalement financé par le flux d’aides officielles mobilisées par le Trésor et un peu par les IDE. Car sur longue période les IDE, hors privatisation, c’est moins de 1% du PIB.

- Quel impact économique en cas de changement de ce taux?
- Les impacts, en cas de changement de taux, sont multiples et difficiles à mesurer. Mais, il ne semble pas que baisser le taux de change soit la solution aux problèmes des exportations. La compétitivité est plutôt un attribut qui dépend de beaucoup de choses, notamment d’une longue chaîne de production. Aujourd’hui, exporter devient très complexe. Il faut mettre en place tout une armada d’institutions appropriées, des mécanismes de fonctionnement, d’ordonnancement, pouvoir exporter plus facilement et rapidement, l’ensemble des coûts des facteurs indirects,… tout cela joue un rôle fondamental. Impossible d’exporter, si on n’a pas tous ces maillons en ligne. On a de beaux exemples de réussite notamment dans les services, mais vous avez vu l’énergie qu’il a fallu par exemple pour le déploiement des parcs comme Casanearshore ou le projet Renault de Melloussa.

- La parité actuelle gêne-t-elle les exportations?
- La demande que les pays étrangers nous adressent, c’est le prix. Et le taux de change est le prix. Mais ce qu’on sait des exportations au Maroc, c’est qu’elles sont plutôt déterminées par la demande. C’est-à-dire que l’élasticité des exportations par rapport à la demande de nos partenaires étrangers est plus importante vu sous l’angle de leur croissance. En même temps, l’élasticité prix est moins importante. Donc l’essentiel de nos exportations sont essentiellement tirées par les évolutions de la conjoncture internationale et la demande. Ce qui signifie que le taux de change au Maroc est à un niveau approprié.

Propos recueillis par Bachir THIAM

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