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Le PJD écarte toute idée de dévaluation

Par L'Economiste | Edition N°:3677 Le 14/12/2011 | Partager
Son coût est élevé, selon Lahcen Daoudi
L’Asmex la juge peu efficiente, les textiliens y sont favorables

La flexibilité de la politique du taux de change pour booster les exportations ne fait pas l’unanimité. Si l’association marocaine du textile habillement (Amith) y est favorable, d’autres opérateurs sont beaucoup moins tranchés. Même le PJD au pouvoir n’y est guère favorable.
Lahcen Daoudi, membre du bureau politique du PJD et économiste du parti, a relevé que «le coût d’une dévaluation serait plus élevé que les gains qu’elle pourrait générer». L’Amith met en avant les pertes de parts de marché en Espagne et en France au profit de la Turquie qui a dévalué sa monnaie à deux reprises cette année. Ce qui se solderait par une éventuelle baisse des exportations d’ici la fin de l’année, souligne Abderrahmane Atfi, président pôle développement à l’international de l’Amith. En revanche, l’Association marocaine des exportateurs (Asmex) écarte cette idée. Abdellatif Belmadani, président de la l’Asmex, juge qu’elle n’est pas efficiente à long terme. Quant à la banque centrale, souvent interpellée sur ce dossier, elle parle de «question cyclique qui émerge à chaque ralentissement de la croissance mondiale et de la détérioration de la balance commerciale». Karim El Aynaoui, directeur des études et des relations internationales à Bank Al-Maghrib explique que «la nature du régime de change reste une compétence partagée avec le ministère des Finances»(1).
Pour cet expert, le pilotage macro-économique reste conjoncturel et se complique dans une situation internationale difficile. «Dans ce contexte de grand risque et de croissance faible à l’international, il n’y a pas de découplage durable et soutenable de la croissance marocaine par rapport au cycle économique mondial et notamment européen. C’est le cas pour plusieurs pays tels que le Brésil où le taux de croissance du dernier trimestre est quasi nul», met en garde El Aynaoui qui appelle à la vigilance et à une meilleure coordination.
A l’export, la capacité des institutions à se coordonner entre elles constitue un élément de compétitivité. Un point sur lequel s’accorde l’ensemble des intervenants. Mais il faut aussi regarder de près l’offre exportable qui reste peu diversifiée. Et ce, même si un effort est fait depuis le lancement du plan Emergence. Ce qui a permis de porter la part des métiers mondiaux du Maroc dans les exportations à 14% contre 9% auparavant. D’où la quasi-unanimité de poursuivre, d’améliorer et de renforcer les différents plans lancés toute en assurant une coordination maximale. Le Maroc a également besoin de cibler ses marchés et d’être plus agressif à l’export. Ainsi, contrairement à l’idée véhiculée jusque-là, les marges dont dispose le pays sont importantes même en Europe. «Notre part dans le marché européen est de 0,7% tous produits confondus», explique, Abdellatif Maâzouz, ministre du Commerce extérieur. Le ministre a également soulevé la faiblesse structurelle et l’étroitesse de l’offre.

Daoudi et la compétitivité

L’intervention «surprise» de Lahcen Daoudi à la rencontre annuelle du CMC n’est pas passée inaperçue. L’économiste du PJD a envoyé pas mal de messages. D’abord par rapport à l’augmentation générale des salaires de 600 dirhams. Celle-ci devait profiter uniquement aux bas salaires car elle permet d’encourager la consommation de produits de base. Dans le cas des hauts salaires, elle stimule la demande pour des produits importés. Or la part des produits de consommation dans les importations est importante et ne porte pas uniquement sur les produits destinés aux classes «aisées».
L’autre message est par rapport à la production locale qu’il faudrait encourager. «Les grandes surfaces doivent être citoyennes et vendre des produits marocains». Idem pour la nécessité de s’adapter aux différents marchés. «La compétitivité au niveau basique, c’est produire vite et moins cher. La qualité doit être fonction du marché», soutient Daoudi qui indique au passage que l’impact d’une baisse de l’IS était à l’étude.

K. M.

(1) Et ce, lors de la rencontre annuelle du Centre marocain de conjoncture organisée en partenariat avec L’Economiste hier mardi 13 décembre à Casablanca sur «Compétitivité et dynamique à l’export: quelle stratégie d’avenir».

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