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Evénement

Nouvelle architecture du gouvernement

Par L'Economiste | Edition N°:3677 Le 14/12/2011 | Partager
Regroupement de ministères en grands pôles
Réunions quotidiennes des patrons de la majorité
Ghellab favori pour présider la Chambre des représentants

Abdelilah Benkirane, Abbas Al Fassi, Mohand Laenser et Nabil Benabdallah ont décidé de tenir des réunions quotidiennes pour accélérer le rythme de formation du prochain gouvernement

LA première réunion lundi soir des patrons de la majorité, comme nous l’annoncions dans notre édition d’hier mardi, a permis de faire un tour d’horizon de ce qui les attend. Ainsi, Abdelilah Benkirane, Abbas Al Fassi, Mohand Laenser et Nabil Benabdallah, qui étaient accompagnés chacun d’un collaborateur, à l’exception du chef de gouvernement sortant, se sont mis d’accord pour tenir des réunions quotidiennes. L’objectif est d’accélérer le rythme de formation du gouvernement.
Le principal point de cette première rencontre a porté sur la présidence de la Chambre des représentants, officiellement confiée à l’Istiqlal. Un parti qui n’a pas occupé le perchoir depuis l’avènement de l’Alternance en 1998. Qui en sera président? «La balle est dans le camp de l’Istiqlal, mais il est fort probable que la présidence soit confiée à Karim Ghellab», note un patron d’un parti de la majorité.
D’ailleurs, une autre rencontre de la majorité était prévue mardi soir. Au menu, l’organigramme du prochain gouvernement. En principe, on devra trancher sur le nombre des ministères. «C’est la première fois que nous travaillons comme une majorité, dans une approche participative qui vise à impliquer tout le monde», a souligné l’un des responsables politiques présents. D’ailleurs, la majorité se limitera à une coalition de 4 partis (PJD-Istiqlal-MP-PPS), sachant qu’un veto contre l’UC a été brandi par l’Istiqlal et le PPS.
Avant même que les patrons de la majorité n’attaquent l’architecture du prochain exécutif, la tendance va vers le regroupement des secteurs proches en pôles homogènes. C’est le cas de l’industrie, l’énergie et les mines. Car la variable énergétique est liée à l’industrie, note un membre du secrétariat général du PJD. Le pôle prévoyance et développement social devra inclure également la santé. Le parti de Abdelilah Benkirane est contre le fait que l’hydraulique soit dans le giron de l’environnement. «La construction du savoir-faire marocain en la matière, initiée par feu Abdelaziz Meziane Belfkih, est en train de se perdre. Il faut donc vite rattacher ce secteur aux travaux publics», rappelle la même source. Pour elle, la distinction entre le commerce intérieur et extérieur est superflue.

Un secrétaire d’Etat au Budget en projet

Le PJD considère que l’expérience des hauts commissariats n’a pas été concluante. Ces entités doivent intégrer les ministères. C’est le cas du Haut commissariat aux eaux et forêts qu’il compte rattacher au département de l’Agriculture. Le parti a oublié que ce schéma a été tenté par le passé, mais sans résultats tangibles. Car, les temps écologiques des deux départements sont différents. A la limite, il serait plus logique de l’intégrer au département de l’Environnement et du développement durable. Pour le parti de Benkirane, la formation professionnelle doit être rattachée à l’éducation nationale. Le secteur de la pêche doit être érigé en secrétariat d’Etat.
Si le PJD veut obtenir le ministère des Finances, il prévoit également la nomination d’un secrétaire d’Etat au Budget. «Comme le ministre des Finances sera souvent absent, en déplacement à l’étranger, il faudra bien qu’il ait un remplaçant», note un proche du nouveau chef de gouvernement. Pour les ministères sensibles, un consensus sera nécessaire. Le PJD reconnaît qu’il lui sera difficile d’imposer des noms aux ministères de l’Intérieur, des Affaires étrangères et des Habous et affaires islamiques.


Ministère de la communication, out?

 

Cependant, tel que c’est parti, certains ministères sont appelés à disparaître. C’est le cas du ministère de la Communication. «La France et même la Tunisie ont supprimé ce département qui rappelle au Maroc les mauvais souvenirs de la censure», rappelle-t-il. Certains départements comme le SGG, l’Emploi ou la Modernisation des secteurs publics, peuvent être transformés en directions.
Pour le choix des ministres, ceux qui ont fait deux mandats seront disqualifiés. Si, à l’Istiqlal, le secrétaire général a reconnu avoir reçu pas moins de 150 CV de cadres qui postulent à devenir ministres, au PJD, la pression est moindre. Pour le nouveau chef de gouvernement, aucun membre du secrétariat général n’a présenté de candidature à un poste ministériel. Il faudra attendre le conseil national de dimanche prochain pour arrêter les critères de choix des ministrables. D’ailleurs, le parti a décidé de taxer les prochains ministres: 20% de leur salaire sera versé au parti. Avec la réhabilitation de la politique, l’éventail des responsabilités s’est élargi aux établissements publics.

Mohamed CHAOUI

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