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    Economie Internationale

    Climat: Une feuille de route en poche

    Par L'Economiste | Edition N°:3676 Le 13/12/2011 | Partager
    Un accord en 2015 englobant tous les pays
    L’avenir du protocole de Kyoto assuré

    LA montagne a-t-elle accouché d’une souris? Une feuille de route vers un accord en 2015 englobant tous les pays pour lutter contre le réchauffement. C’est le résultat des négociations de Durban sur le climat qui devait se tenir initialement du 29 novembre au 9 décembre. Ce qui a valu un grand soulagement des représentants des quelque 190 pays rassemblés dans cette conférence qui a frôlé la catastrophe à l’issue de 14 journées et deux nuits blanches de négociation.
    Déjà fragilisé par la crise de l’euro, l’UE, présente en force à ce sommet, a dû se contenter d’un texte laissant en suspens cette question crucial concernant le futur pacte climatique. Certes la conférence de Durban sur le climat est un succès garantissant l’avenir du protocole de Kyoto après 2012. Mais, déplorent les experts, elle ne s’accompagne par ailleurs d’aucune révision des promesses des pays pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Ces dernières sont, à ce jour, largement insuffisantes pour contenir le réchauffement sous le seuil de 2 °C, objectif de la communauté internationale.
    Avec cette feuille de route, les Européens ont donné leur accord à la poursuite du protocole de Kyoto après 2012, revendication forte des pays en développement.
    Conclu en décembre 1997, le protocole impose aux pays industrialisés, à l’exception notable des Etats-Unis qui ne l’ont pas ratifié, de réduire leurs émissions de six substances responsables du réchauffement, au premier rang desquels le CO2.
    Autre succès. La mise en place du mécanisme de fonctionnement du Fonds vert, destiné à aider financièrement les pays en développement à faire face au changement climatique, a également été adoptée à Durban. Cependant, la question centrale de l’alimentation de ce fonds reste à ce jour largement sans réponse.
    L’engagement pris à Copenhague, il y a deux ans, est d’aboutir à 100 milliards de dollars par an à compter de 2020.
    L’ONG Oxfam est insatisfaite. Pour elle, les décisions prises dimanche 11 décembre, sont bien en deçà de ce qu’exige l’urgence climatique. De fait, cet accord laisse le monde se diriger comme un somnambule vers un réchauffement de 4 °C. «Les pollueurs ont gagné, les peuples ont perdu», a jugé, plus catégorique, Greenpeace Africa.
    En fin, la conférence de Durban qui s’est achevée avec 36 heures de retard, restera dans l’histoire des négociations climatiques. Le prochain grand rendez-vous aura lieu dans l’Etat pétrolier du Qatar, plus grand émetteur de CO2 par habitant au monde.

    F. Z. T.

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