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Focus

Climat des affaires
Ces boulets qui ont la peau dure

Par L'Economiste | Edition N°:3676 Le 13/12/2011 | Partager

Le développement économique et social ainsi que l’attractivité des investissements requièrent un climat des affaires sain. Même si le Maroc s’est engagé sur des réformes pour améliorer l’environnement économique, l’impact sur le terrain est encore insuffisant.
Dans la pratique, le monde des affaires aspire à accentuer davantage la concurrence, s’ouvrir sur de nouveaux horizons et évoluer dans la transparence, notamment dans la passation des marchés avec des conditions de financement plus attractives. En attendant, le constat reste sans appel: une situation de monopole et de manque de transparence dans la justice, une défaillance du système éducatif à l’origine d’un déficit de qualification, une disparité régionale de développement ou encore un système financier qui pénalise la PME…


Informel
L’une des faiblesses structurelles du climat des affaires au Maroc réside dans le degré important d’activités opérant dans l’informel. Le phénomène a non seulement des incidences sur le tissu industriel, mais aussi sur la population concernée (précarité, faibles revenus, insécurité de l’emploi…). L’impact de ce secteur parallèle se chiffre chaque année à plusieurs millions de DH. Un manque à gagner qui va crescendo pour le fisc compte tenu de l’absence de prélèvements. En revanche, l’informel reste la seule source de revenus pour de nombreux Marocains. D’où la nécessité de la prise en compte de cette réalité à travers des plans de réformes et d’une transition graduelle vers l’économie formelle.
Compétitivité territoriale
Fort de grands pôles de production, le Maroc connaît encore des disparités dans la répartition du développement économique à l’échelle territoriale. Les experts dénoncent la forte concentration d’entreprises dans quelques centres urbains, le manque de stratégie et de moyens suffisants pour promouvoir le tissu économique des régions, une coordination insuffisante entre les institutions centrales et régionales... Du coup, les performances et ressources humaines sont inégalement réparties sur les régions. Les CRI ont un rôle décisif sur l’attractivité de leur territoire, sauf que leur champ d’action reste concentré sur la création d’entreprises et n’inclut pas l’accompagnement et le suivi. Selon l’étude, les CRI ne remplissent pas pleinement leurs fonctions de guichet unique intégré. Plus encore, les entreprises et investisseurs ne recourent pas de manière systématique à leurs services.
 Monopole/Concurrence:
L’OCDE dénonce la subsistance de situations de monopole. Si le monde des affaires a l’ambition d’accentuer la concurrence, sur le terrain, certains secteurs sont encore en situation de monopole, voire d’oligopole. Des investisseurs et entrepreneurs étrangers se plaignent de barrières de fait au fonctionnement du marché. Ils font surtout allusion au maintien du monopole dans les marchés liés au ferroviaire, à la gestion des aéroports et des autoroutes…
Selon le rapport OCDE, il existe encore des situations de monopole de fait, même si la législation y permet la concurrence. «Les télécoms relèvent d’un secteur qui présente encore une structure oligopolistique et des tarifs élevés pour les consommateurs», dénonce-t-on. Dans le secteur bancaire, les bases de la concurrence sont bien établies dans les textes. Mais dans la pratique, les conditions de concurrence sont appelées à s’améliorer, car «trois banques contrôlent plus de 50% des actifs».
Justice
La lenteur et le manque de transparence de la justice sont des facteurs qui pèsent lourdement sur le développement des entreprises. Selon l’OCDE, «la justice au Maroc est lente (délai de procédures, report des audiences, manque de qualification des magistrats…), incertaine (conflits de juridictions, difficulté à obtenir l’exécution des décisions …), peu prévisible (corruption au niveau des experts judiciaires) ou peu transparente (manque de diffusion de la jurisprudence). De plus, la justice fonctionne parfois de manière éloignée des administrés.
Le tout sur fond d’un manque de pratique dans le domaine de la concurrence, que ce soit au niveau des économistes, contrôleurs et avocats spécialisés, ou au niveau des juges. Plus encore, en matière de passation des marchés publics, il manque une réflexion globale et approfondie pour assurer une meilleure efficacité et transparence.
 Système financier
Le Maroc souffre d’un problème de capacité de crédit bancaire. Celui-ci étant davantage capté par les grands projets, plutôt qu’au service de l’entrepreneuriat. De plus, les garanties exigées par les banques pour l’octroi de crédits restent souvent trop élevées. Les exigences des banques constituent un obstacle majeur à l’accès au financement des PME. Côté capital-investissement, la taille du secteur (1% du PIB) demeure en deçà des standards des économies de l’OCDE (2,5 à 3% du PIB). De plus, ce mode de financement ne concerne que très peu les PME et les entreprises nouvellement créées. Plus encore, la culture financière fait défaut. En dépit d’un certain nombre d’initiatives, le Maroc n’a pas de stratégie nationale en matière d’éducation financière, ni en matière de formation entrepreneuriale.
Accès au foncier
Le système de propriété foncière est marqué par un manque d’information sur les titres de propriété. Ce qui s’explique notamment par l’absence d’enregistrement systématique et centralisé des droits de propriété.
De plus, les investisseurs notent la complexité des procédures d’accès à la propriété, le manque de terrains industriels, leurs coûts élevés et la spéculation foncière. Outre les problèmes de terrains, il est difficile d’obtenir de l’information sur les tierces parties, les titulaires de droits, le périmètre, l’emplacement… en raison des lacunes dans l’immatriculation.
PME
Plusieurs politiques ont été mises en place au Maroc pour la modernisation et la promotion des PME. Cependant, ce créneau souffre encore du manque de compétitivité, de la sous-capitalisation, l’accès au financement, la faible productivité et les compétences de gestion limitées.
Autre entrave, les start-up ont des difficultés à sortir des incubateurs, notamment en raison du manque de capital-risque et des difficultés à accéder aux terrains industriels.

A. R. et I. B.

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