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    Europe

    L'UE va couper l’aide aux pays émergents

    Par L'Economiste | Edition N°:3673 Le 08/12/2011 | Partager
    Objectif : réorienter ses fonds vers les pays les plus pauvres
    L’Inde, la Chine, le Chili, le Mexique, la Malaisie parmi les pays concernés

    «C'est une évolution dans nos relations avec les pays émergents et un ciblage de l'aide sur les pays les plus pauvres», de l’avis du commissaire européen au développement, Andris Piebalgs. Il avait fait part de ses intentions il y a plus d'un mois en présentant à Bruxelles la réforme de l'aide au développement de l'UE

    La nouvelle est tombée comme un couperet. La Commission européenne a décidé, hier mercredi 7 décembre, de couper en 2014 l'aide au développement de plusieurs pays émergents. Objectif: réorienter ses fonds vers les pays les plus pauvres et se concentrer sur la bonne gouvernance et la croissance.
    A partir du nouveau budget pluriannuel européen (2014-2020), les fonds d'aide au développement seront coupés pour les 19 pays à revenu intermédiaire (Argentine, Brésil, Chili, Chine, Colombie, Costa Rica, Équateur, Kazakhstan, Iran, Malaisie, Maldives, Mexique, Panama, Pérou, Thaïlande, Venezuela, Uruguay). S’ajoutent à la liste l'Inde et l'Indonésie, moins riches par habitant que les précédents mais dont le produit intérieur brut dépasse 1% du PIB mondial, un critère retenu par l'UE.
    Si l'UE ne leur versera plus d'aide au développement, elle continuera toutefois de verser des fonds à ces pays dans le cadre de coopérations thématiques ou régionales, par exemple sur le climat, l'égalité hommes-femmes ou les droits de l'Homme.
    La Commission européenne propose plus généralement une augmentation de 17% (en prix courants 2011) des dépenses au titre de l'action extérieure de l'UE. Ces dépenses seraient portées à 96,249 milliards d'euros pour 2014-2020, dont 34,27 milliards au titre du Fonds européen de développement (FED). Il s’agit d’un instrument abondé directement par les Etats européens, mais géré par la Commission européenne, qui ne fait pas partie du budget de l'UE.
    Cette proposition doit encore être confirmée part les gouvernements. Or la bataille sur le budget pluriannuel s'annonce rude. Et pour cause, beaucoup d'Etats veulent limiter au maximum l'évolution des dépenses européennes.
    L'UE est le premier donateur dans le monde et elle veut rester en tête dans la lutte contre la pauvreté. De ce fait, ces propositions permettront au budget européen d'apporter une contribution d'un niveau similaire au précédent par rapport à l'engagement de Bruxelles de consacrer 0,7% de son PNB à l’aide d'ici à 2015. Ceci dit, le FED verrait ses ressources augmenter de 38% par rapport à 2007-2013. Bruxelles propose également de consacrer 18,18 milliards d'euros (+23%) à l'aide aux pays voisins de l'UE. Objectif: aider en particulier les pays du rivage sud de la Méditerranée à accomplir leur transition vers la démocratie dans la foulée du printemps arabe.

    F. Z. T. avec AFP

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