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Politique Internationale

Dans la Tunisie de l’après-Ben Ali, des islamistes de plus en plus véhéments

Par L'Economiste | Edition N°:3670 Le 05/12/2011 | Partager
Ils exigent l’ouverture de mosquées et la séparation des genres dans tous les établissements
Et veulent contrôler les facultés

Les tensions ont été exacerbées depuis lundi dernier par des extrémistes religieux qui ont investi l’administration de la faculté des lettres de la Manouba pour exiger l’inscription d’une étudiante portant le niqab, l’ouverture d’une mosquée au sein même de la fac, la séparation des étudiants et enseignants hommes de leurs camarades femmes

Bombes lacrymogènes pour disperser la foule sur la place publique samedi dernier. La place Bardo à Tunis est devenue le théâtre d’affrontements entre les pro-islamistes du parti non reconnu des Salafistes et des enseignants, femmes ou encore chômeurs venus défendre leurs droits et revendiquer le traitement des urgences nationales, devant l’Assemblée constituante. Une situation sociale explosive, une économie en berne, des extrémistes qui tentent de pousser leurs pions, et toujours pas de gouvernement: un mois et demi après les élections du 23 octobre, l’atmosphère est délétère en Tunisie. Et les tensions ont été exacerbées depuis lundi dernier par des extrémistes religieux qui ont investi l’administration de la faculté des lettres de la Manouba pour exiger l’inscription d’une étudiante portant le niqab, l’ouverture d’une mosquée au sein même de la fac, la séparation des étudiants et enseignants hommes de leurs camarades femmes. Comme le recteur, l’ensemble des enseignants et la majorité écrasante des étudiants ont refusé ces demandes, de même qu’ils ont refusé de faire recours à la police, les extrémistes, dont la plupart n’ont aucune relation avec la faculté, ont entrepris de faire un sit-in qui continue jusqu’à ce jour. Contrairement à la plupart des formations politiques, de la société civile, des syndicats (ayant fait grève générale jeudi) qui ont tous condamné cet acte, les trois partis victorieux des dernières élections formant la troïka qui va diriger le pays se sont abstenus de prendre une position claire à ce sujet. Si le CPR, parti du prochain chef de l’Etat et Ettakattol, parti du président élu de la constituante ont quand même fait des déclarations mitigées, Ennahda, premier parti, d’obédience religieuse, a refusé de prendre n’importe quelle position. Certains de ses dirigeants, questionnés par la presse, sont allés jusqu’à dire qu’il s’agit d’un acte isolé. Isolé? Non, puisqu’on a vu des actes semblables dans les facs de Sousse et Kairaouan mais aussi dans des lycées, des collèges et même dans des écoles primaires où des élèves parfois aidés par leurs «tuteurs» ont agressé des enseignantes, soit parce qu’elles ne sont pas voilées soit qu’elles leur apprenaient à faire des photos!
Au courant de la même semaine, les deux commissions issues de la nouvelle constituante pour définir les prérogatives de chacun des trois chefs, de l’Etat, de la Constituante et du gouvernement, et d’autre part l’organisation des pouvoirs publics ont buté sur des positions diamétralement opposées. Dans son projet, Ennahda concentrait l’essentiel des pouvoirs, exécutifs et législatifs, entre les mains du chef du gouvernement qui n’est autre que son secrétaire général, Hamadi Jbali. Surpris, les députés CPR et Ettakattol ne trouvèrent d’autre solution que celle de s’aligner sur le point de vue de l’opposition et du coup, le projet tombait par 13 voix contre 9. Du pareil au même dans la deuxième commission où Ennahda a dû faire marche arrière et reconnaître à ses partenaires des droits en bonne et due forme.
On reproche aux dirigeants d’Ennahda d’être avides de pouvoir et de mettre à profit leur forte présence pour créer des situations capables de prolonger leur occupation du pouvoir. Répondant aux questions de la presse à ce sujet, un responsable d’Ennahda explique qu’ils sont «parvenus à adopter, avec l’accord des trois partis formant la coalition, de nouvelles formules, plus en symbiose avec les choix de ces mêmes partis», ajoutant qu’ils ont pris l’engagement de répartir les pouvoirs d’une manière qui empêche la reproduction de la dictature et l’accaparement des pouvoirs par une seule personne». «L’essentiel, nous dit-on, est que les prérogatives des trois présidences soient équilibrées et que le président de la République et le chef du gouvernement travaillent dans un esprit de consensus et de partenariat». Les journaux du samedi ont publié les projets adoptés en commissions, certainement pour offrir l’occasion à l’opinion publique d’effectuer un meilleur examen, et à moins d’une surprise, l’on s’attend à ce que la plénière du mardi entérine les deux projets.

Recul

Mais c’est un recul qui est loin de satisfaire l’ensemble de la société. Alertés, la société civile, les syndicats, l’opposition, les jeunes ont vite fait de réagir et ont commencé un sit-in devant le siège de l’Assemblée nationale qui abrite la constituante pour revendiquer de nombreux principes.
A commencer par un règlement interne de la constituante conforme aux normes démocratiques, une organisation provisoire des pouvoirs publics devant garantir l’indépendance et la neutralité des institutions étatiques et rompant avec toutes les pratiques dictatoriales, une retransmission en direct des travaux de la constituante, l’obligation de passer par le référendum, la satisfaction immédiate des revendications sociales urgentes, et enfin la riposte à toute atteinte aux acquis des Tunisiens et à leurs libertés.

De notre correspondant à Tunis, Mohamed Laroussi Ben Salah

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