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    Législatives 2011
    Taux participation : Gros cafouillages

    Par L'Economiste | Edition N°:3665 Le 28/11/2011 | Partager
    Des bugs au niveau de l’inscription des électeurs
    La programmation du jour de vote un vendredi

    Les bureaux de vote n’étant pas informatisés, la vérification de l’inscription des électeurs a été difficile

    L’un des grands enjeux des législatives du 25 novembre était assurément le taux de participation. Selon les derniers chiffres fournis par le ministère de l’Intérieur, il a été de 45%. Ce qui correspond à une petite amélioration par rapport aux élections de 2007 (37%). En raison du Printemps arabe, l’on s’attendait à un regain d’intérêt pour la chose politique. Il n’en fut rien. Nous sommes loin du record enregistré par le taux de participation qui a atteint 90% en Tunisie. Comment s’explique-t-on le faible taux de participation aux élections ? L’abstentionnisme et les appels au boycott ne sont pas les seuls motifs. Beaucoup de citoyens ne sont pas inscrits sur les listes ayant cru qu’il suffisait de présenter sa carte nationale pour voter. En fait, la carte d’identité peut juste remplacer la carte d’électeur.
    Sans compter les cafouillages le jour du vote. Des électeurs qui en principe étaient inscrits et qui ont reçu un avis d’inscription n’ont pas été retrouvés sur les listes dans leur circonscription. «Plusieurs personnes ont reçu cet avis, mais en se déplaçant à leur bureau de vote, ils ont été surprises d’apprendre que leurs noms ne figuraient pas sur les listes de vote», explique Mohamed Darif, politologue. De plus, certaines familles ont été sidérées de recevoir des avis au nom de proches décédés depuis de nombreuses années. Une preuve que les listes électorales n’ont pas totalement été apurées et qu’elles comportent encore des anomalies.
    Pour permettre aux électeurs de s’inscrire sur les listes électorales, la tutelle avait fixé un délai de deux semaines, samedi et dimanche compris. D’aucuns pourraient penser qu’il est insuffisant. De l’avis de Darif, le problème ne réside pas là. «De toute façon, même si le délai avait été plus long, certaines personnes auraient quand même reporté indéfiniment l’échéance», explique-t-il.
    D’autres électeurs ont bien accompli les formalités d’inscription sur les listes électorales, mais n’ont pas reçu l’avis prévu par la nouvelle procédure. Alors, ils ne sont pas déplacés.
    Autre anomalie enregistrée lors du scrutin, l’absence d’une mise à jour des inscriptions en cas de déménagement quand bien même la personne aurait procédé aux démarches de transfert nécessaires. La vérification via les moyens électroniques, lancés à l’occasion des élections, n’a pas été d’un grand secours. Ceux qui voulaient voter pouvaient envoyer un SMS au 2727 pour vérifier leur inscription. Dans certains cas, les réponses ne sont arrivées qu’après la clôture du scrutin. Quant au portail des élections (www.elections2011.gov.ma), il s’est bloqué à plusieurs reprises. Bien qu’inscrits, les internautes recevaient un message disant que «les informations saisies ne correspondent à aucune donnée enregistrée».
    Autre facteur expliquant le faible engouement pour les élections, la programmation du jour de vote un vendredi. Conscients du fait qu’un jour de semaine ne convient pas à des élections, bon nombre de partis politiques ont suggéré l’organisation des votes le dimanche au lieu de vendredi. Une mesure qui aurait pu booster le taux de participation.
    Les observateurs internationaux, venus des quatre coins du monde, n’ont pas encore remis leur rapport définitif, mais d’ores et déjà, certains estiment qu’il y a des améliorations à faire pour que la pratique des élections au Maroc soit conforme aux standards occidentaux. Il s’agit de faciliter la participation aux scrutins et de rapprocher les bureaux de vote des électeurs.

    Plus de 21 millions d’électeurs

    Selon les statistiques officielles, le Maroc compte plus de 21,1 millions d’habitants en âge de voter. Or, seulement 13,5 millions de personnes sont inscrites sur les listes électorales. Ce qui représente un écart de plus de 7 millions. «Le vote et encore moins l’inscription sur les listes électorales ne sont pas obligatoires au Maroc. C’est ce qui explique cet écart. Ajoutez à cela le désintérêt des électeurs pour l’action politique», ajoute Mohamed Darif, politologue. Au Maroc, l’âge du vote a été fixé à 18 ans.

    Hassan EL ARIF

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