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    Economie

    Trop d’argent sale dans le monde

    Par L'Economiste | Edition N°:3646 Le 27/10/2011 | Partager
    1.600 milliards de dollars de blanchiment, soit 2,7% du PIB mondial
    70% des trafics auraient été blanchis à travers le système financier
    Le monde des affaires doit s’attaquer à la corruption dans ses propres rangs

    1,6 billion de dollars ont été blanchis en 2009. Soit 2,7% du PIB mondial. Ce sont les résultats du nouveau rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Cette estimation est en phase avec les rapports du Fonds monétaire international qui estiment l’ampleur du blanchiment d’argent dans une fourchette de 2 à 5% du PIB. Ces premiers résultats ont été présentés en marge de la Conférence des États parties à la Convention des Nations unies contre la corruption à Marrakech. C’est que la corruption facilite le transfert illicite au sein des flux financiers légitimes. Les paradis fiscaux en premier ont permis aux flux financiers sales de se mettre à l’abri. Par ailleurs, et d’après le rapport, 70% des trafics auraient été blanchis à travers le système financier. Une fois l’argent introduit dans les marchés mondiaux et financiers, il devient évidemment difficile de retracer ses origines et le cycle peut se perpétuer éternellement, reconnaît Yury Fedotov, directeur exécutif de l’ONUDC qui a lancé un appel aux Etats parties de la Convention. «Le défi est de travailler au sein du système des Nations unies avec la collaboration des Etats membres pour prévenir le blanchiment d’argent et empêcher que ces fonds ne soient à l’origine d’autres souffrances». La conférence onusienne qui poursuit ses travaux jusqu’au 28 octobre se fixe pour principal objectif d’intensifier les efforts à déployer dans le monde contre la corruption. Le secteur privé a un rôle à jouer dans cette lutte. Le monde des affaires est invité à s’attaquer à la corruption dans ses propres rangs en adoptant des politiques conformes à la convention et en mettant lui aussi en place un mécanisme crédible qui permet de veiller à l’efficacité des mesures anticorruption. Cela passe par l’adoption de politiques anticorruption, avec un investissement dans le développement des infrastructures des pays en développement afin de créer un environnement propice qui permet aussi de signaler les fautes internes. Ainsi en marge de la conférence s’est tenue une réunion des patrons pour activer le 10e principe du pacte mondial des Nations unies, consacré à la corruption. L’idée est de pousser les entreprises à apporter leur pierre à la construction d’une culture de l’intégrité. «Au lieu de garder les yeux fermés sur la corruption, il faut désormais les yeux vigilants de la justice et de l’équité», soulignent les experts. 100 dirigeants du secteur privé ont déjà pris des initiatives de ce genre, il s’agit de convaincre les autres.
    Entrée en vigueur en décembre 2005, la Convention des Nations unies contre la corruption a été ratifiée par 154 Etats. Elle tient sa 4e session à Marrakech avec la participation de 150 pays. C’est jusqu’à maintenant le seul instrument juridiquement contraignant qui oblige les Etats à prévenir et incriminer la corruption. Sa mission est de promouvoir la coopération internationale et l’amélioration de l’assistance technique. Ainsi, la convention présente une série de normes, de mesures et de lois à mettre en œuvre afin de renforcer les cadres juridiques et réglementaires. Bien que l’ayant ratifié, certains pays étaient au départ réticents à la forme contraignante désormais prônée par la Convention. Le printemps arabe et les fraudes découvertes à travers les flux financiers illicites ont balayé ces réticences. L’expérience marocaine aussi a redonné confiance aux réticents. Le Maroc n’a pas hésité à afficher ses comptes, ses pratiques et ses dispositifs malgré ses lacunes.

     

    Un suivi difficile


    A peine 1% des flux financiers illicites mondiaux sont actuellement saisis et gelés, selon le rapport de l’ONUDC. Ils résultent en grande partie des trafics de drogues et d’autres crimes transnationaux organisés. Le suivi des flux des fonds illicites générés par ces crimes reste une lourde tâche qui demande une très grande attention.


    B. B.

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