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Economie

Un bakchich de 20 à 50 DH pour se soigner!

Par L'Economiste | Edition N°:3627 Le 30/09/2011 | Partager
Trois patients sur dix «payent» dans les hôpitaux
Rabat et Casablanca, villes championnes

Les patients affirment que «les expériences de corruption vécues concernent d’abord les infirmiers (63%), les médecins (16%) et les agents de sécurité (8%)». Les ambulanciers seraient également impliqués. Ils exercent des extorsions sur les accompagnateurs des patients transportés: du carburant pour le trajet par exemple

Voilà une autre étude sur la corruption qui va faire grincer des dents! Elle vise spécialement les hôpitaux et vient d’être réalisée par les consultants de Mazars au profit de l’Instance centrale de prévention contre la corruption (ICPC). Une institution qui depuis le référendum constitutionnel du 1er juillet 2011 a désormais changé de dénomination: l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption. L’étude commanditée par l’ex-ICPC, la première du genre, «a retenu la définition énoncée par Transparency Maroc». Celle-ci considère la corruption comme «l’abus d’un pouvoir reçu en délégation à des fins privées». D’ailleurs l’ONG avait elle-même déjà fait des rapports où justement le secteur de la santé émerge comme étant l’un des milieux les plus corrompus aux côtés de la justice, de la police et de la douane. Ce nouveau diagnostic basé sur une enquête de terrain livre un taux de corruption (voir infos). «Cet indicateur correspond au nombre de personnes ayant déclaré avoir eu recours à la corruption pour bénéficier d’un service, de droit ou en passe-droit, sur le total des personnes interviewées ayant bénéficié du même service…», selon le rapport. Ils étaient 1.197 personnes interrogées dans les villes de Casablanca, Rabat, Tanger, Oujda et Marrakech. Y compris les zones rurales de ces grandes métropoles. Les enquêteurs ont pu dresser ainsi une liste des différents actes de corruption. Il y a par exemple les rétributions indus et les pots-de-vin, le favoritisme, les gratifications… Mais aussi les traitements abusifs. C’est lorsqu’un «patient subit des traitements, prestations et services non nécessaires». Puis l’on retrouve aussi les surtarifications, les facturations frauduleuses basées sur des soins fictifs…
L’un des grands constats est que les «pots-de-vin et les petits pourboires de 20 à 50 DH surtout constituent la forme de corruption la plus observée dans les établissements de soins». Les dispositifs les plus «contaminés» par ces pourboires sont l’accueil, l’information, l’orientation et la délivrance des certificats médicaux.Le numéro vert destiné «à dénoncer et à signaler les tentatives de corruption en milieu hospitalier» n’a pas servi à grand-chose. Il a été pourtant créé par le ministère de la Santé au même titre que les guichets spéciaux destinés à recevoir les plaintes des usagers. Dispositifs parmi d’autres instaurés par son Plan d’action 2008-2012. Comment expliquer le faible engouement des usagers sur ces moyens anti-corruption? Les professionnels de la santé jettent la balle aux citoyens. Ils les considèrent comme «l’élément déclencheur de tout acte de corruption». Ce qui est en partie vrai. Mais une telle déclaration laisse entendre que ces professionnels de la Santé ne sont visiblement pas tenus par leur propre moralité ou leur déontologie.
Culturellement, les gratifications en milieu rural sont une «reconnaissance». Acte qui pour les habitants d’un douar exprime une solidarité vis-à-vis de «la situation pitoyable du personnel et sa disponibilité 24h/24h».
Toujours est-il que dans les établissements de santé publique, «3 personnes sur 10 ont déclaré avoir eu recours à la corruption pour bénéficier de prestations de soins». La corruption est plus répandue dans les établissements publics (hôpitaux et centres de santé publique) que dans les institutions privés (cliniques privées). Sa fréquence passe du simple au double. C’est surtout dans les grandes agglomérations où corrupteurs et corrompus sévissent. «Casablanca et Rabat affichent les taux de corruption les plus importants», relève l’étude. C’est Oujda qui s’avère être la moins touchée.

F. F.

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