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Tribune

Une action collective pour une reprise mondiale!
Par Christine Lagarde

Par L'Economiste | Edition N°:3624 Le 27/09/2011 | Partager

Christine Lagarde est actuellement directrice générale du Fonds monétaire internationale (FMI). Après des études à Sciences Po et à la Holton Arms School de Bethesda, dans le Maryland, elle s’installe à Chicago et rejoint les rangs de Baker and Mc Kenzie, prestigieux cabinet d’avocats d’affaires. De 2005 à 2007, elle occupe le poste de ministre déléguée au Commerce extérieur et de ministre de l’Agriculture et de la Pêche en 2007. Elle est ministre de l’Économie de 2007 à 2011, ce qui fait d’elle la première femme à occuper ce poste dans un pays du G8. Le 5 juillet 2011, elle devient directrice générale du FMI, devenant ainsi la première femme (hors périodes de direction intérimaire) à occuper cette fonction. Selon le magazine Forbes, elle est la 9e femme la plus puissante du monde

L’économie mondiale est entrée dans une nouvelle phase, des plus dangereuses. Le chemin vers une reprise durable existe, mais il est de plus en plus étroit. Pour le parcourir, il faut une volonté politique forte partout dans le monde – du leadership plutôt que la politique de la corde raide, la coopération plutôt que la concurrence et l’action plutôt que la réaction.
L’un des principaux problèmes actuels est l’excès de dette dans le système financier mondial – parmi les Etats, les banques et les ménages, notamment dans les pays avancés. Cela affecte la confiance et freine les dépenses, les investissements et la création d’emplois. Ces pays sont confrontés à un redémarrage faible et chaotique qui s’accompagne d’un niveau de chômage inacceptable. La dette de la zone euro s’est creusée et les tensions financières se font plus importantes. Et parfois l’indécision des dirigeants politiques aggrave encore la situation. Les tensions sociales qui couvent pourraient intensifier la crise de confiance.

 

Quatre axes pour une reprise

 

Dans ce contexte, nous devons engager une action collective en faveur d’une reprise de l’économie mondiale suivant quatre grands axes: réparer, réformer, rééquilibrer et reconstruire.

Tout d’abord réparer. Avant toute chose, nous devons diminuer la pression qui s’exerce sur le bilan des Etats, des ménages et des banques et qui risque de faire obstacle à la reprise. Les pays avancés ont besoin de plans crédibles de stabilisation et de réduction de la dette publique à moyen terme.
Mais consolider trop rapidement risque de freiner la reprise et d’aggraver le chômage. Il y a une solution. Des mesures crédibles et efficaces d’encouragement à l’épargne à moyen terme stimuleront dès maintenant la croissance en favorisant un rythme de consolidation plus lent. Certes les mesures à prendre seront différentes d’un pays à l’autre, car certains sont sous la pression des marchés et n’ont pas d’alternative, tandis que d’autres disposent de davantage de liberté.Il est tout aussi important de diminuer la pression qui s’exerce sur les ménages et les banques. En ce qui concerne les USA, je me réjouis des récentes propositions du président Obama relatives à la croissance et à l’emploi. Des mesures telles qu’un programme plus résolu de réduction du principal de la dette ou d’aide aux propriétaires pour qu’ils bénéficient de taux d’intérêt faibles seraient aussi utiles. En Europe, les Etats doivent résoudre énergiquement leurs problèmes financiers au moyen d’une consolidation budgétaire crédible. Par ailleurs, pour encourager la croissance, les banques doivent disposer d’un volant de capitaux suffisant.
Le deuxième axe consiste à réformer, avec le secteur financier comme priorité majeure. Il y a un large accord sur la nécessité d’introduire progressivement de normes élevées en termes de capitaux et de liquidité. Mais il reste des écarts substantiels qui doivent être corrigés grâce à une coopération internationale, de manière à éviter un arbitrage réglementaire. J’inclue la dimension sociale dans le cadre des réformes, avec notamment la nécessité d’identifier et d’exploiter les sources de croissance susceptibles de générer des emplois en nombre suffisant. C’est particulièrement important pour les jeunes.

Le troisième axe de l’action collective, rééquilibrer, signifie deux choses. Il s’agit tout d’abord de faire en sorte que la demande vienne à nouveau du secteur privé dès qu’il sera assez solide pour cela. Nous n’y sommes pas encore.
Le rééquilibrage suppose aussi un transfert de la demande globale des pays qui connaissent un déficit extérieur vers ceux qui ont un excédent important des comptes courants. Les pays avancés dépensant moins et épargnant davantage, c’est aux principaux pays émergents de relancer le marché en fournissant la demande nécessaire pour alimenter la reprise mondiale. Mais jusqu’à présent ce rééquilibrage n’a pas été suffisant, et si les pays avancés tombent dans la récession, personne n’y échappera.

Venons-en au quatrième axe, reconstruire. De nombreux pays, dont ceux à revenus faibles, doivent rebâtir leurs lignes de défense économique, par exemple en renforçant leur position budgétaire pour se protéger contre les tempêtes futures. Cela encouragera aussi les investissements publics en faveur de la croissance et consolidera les filets de protection sociale.
Dans ce contexte, le Fonds monétaire international, avec ses 187 pays-membres, est en position unique pour susciter une action collective.
Nos avis peuvent aider à éclairer les problèmes urgents du moment, à savoir la croissance, les vulnérabilités fondamentales et l’interdépendance. Nos prêts peuvent aider les pays en difficulté à trouver un second souffle. Et au-delà de l’horizon de la crise, le FMI peut aussi aider à construire un système financier international plus sûr et plus stable.
Ce n’est plus le moment des demi-mesures ou des tergiversations. Si nous saisissons l’occasion qui se présente, nous pouvons réussir une sortie de crise et restaurer une croissance mondiale forte, durable et équilibrée. Mais pour cela, nous devons agir rapidement – et ensemble.

Copyright: Project Syndicate, 2011.
www.project-syndicate.org
Traduit de l’anglais
par Patrice Horovitz

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