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Focus

Horani au Club de L’Economiste
«Ce n’est pas à l’entreprise de régler les problèmes sociaux»

Par L'Economiste | Edition N°:3622 Le 23/09/2011 | Partager
Réformes urgentes: Compensation, retraites et formation
Contre les fraudeurs, il faut multiplier les contrôles

Pour Mohamed Horani, le patron des patrons, trois grands chantiers s’imposent au prochain gouvernement: «La Caisse de compensation, le système des retraites et le chantier de la formation continue, sans parler de la fiscalité»

Invité au Club de L’Economiste, Mohamed Horani, président de la CGEM, à la veille de l’adoption de la loi de Finances 2012 par le conseil de gouvernement, a donné ses appréciations sur plusieurs sujets. A commencer par l’OCP, le patron des patrons déplore l’inaction du gouvernement dans cette affaire. Il s’est ensuite penché sur l’obligation de multiplier les contrôles fiscaux pour lutter contre le phénomène d’entrepreneurs voyous qu’il juge pour autant minoritaires. Horani évoque, enfin, les thèmes que la CGEM veut inscrire dans la liste du prochain gouvernement: compensation, système des retraites… Revue de détails

- L’Economiste: Lorsque la rue exige plus d’équité sociale, en quoi cela interpelle-t-il l’entreprise? Et que pensez-vous des entrepreneurs voyous?
- Mohamed Horani: Il y a des entrepreneurs voyous, mais je serai incapable de vous dire combien sont-ils. J’ose espérer qu’ils sont une minorité sinon l’équilibre de notre société n’aurait pas pu tenir. Mais je dis la même chose au niveau des syndicats. On parle aujourd’hui de la responsabilité sociale de l’entreprise, je pense que nous devons également parler de la responsabilité économique des salariés. On pourrait même la créer.
Lorsqu’on parle d’entrepreneurs voyous, il s’agit principalement de fraude fiscale ou sociale (CNSS). Qui paie les pots cassés, ce sont les entreprises responsables qui supportent le poids de la fiscalité et des charges sociales. Vous comprendrez bien qu’une institution comme la CGEM qui représente les entreprises citoyennes ne peut que condamner ce genre de comportement. Maintenant, le gouvernement a la responsabilité de lutter contre la fraude par une multiplication des contrôles fiscaux notamment. Mais attention, il ne faut pas toujours contrôler les mêmes.
Il faut élargir l’assiette et aller voir ce qui n’existe même pas fiscalement. La solution est la catégorisation tout en relâchant la pression sur les entreprises honnêtes. Cela vaut aussi pour la CNSS.

- Qu’est-ce qui a changé, selon vous, dans l’environnement économique après la crise, notamment?

- Je suis arrivé à la CGEM à un moment assez exceptionnel de l’histoire de l’économie mondiale avec la crise. Ce qui constituait une grosse contrainte mais en même temps, une opportunité.
Aujourd’hui, je peux confirmer que notre pays dispose d’un système de gouvernance développé de son économie, mais qui nécessite des améliorations pour consolider les acquis et être en mesure de relever les défis à venir. Lorsque je parle de bonne gouvernance, j’insinue, en particulier, le partenariat public/privé. D’ailleurs, nous avons tenu dans les dix-huit propositions que nous avons faites pour la nouvelle Constitution, à intégrer une demande pour constitutionnaliser ce partenariat.
Aujourd’hui, le gouvernement a l’obligation de créer une plateforme de débats avec tous les partenaires sociaux, CGEM comprise, pour toutes les grandes décisions qui concernent le pays. Nous pouvons donc dire que la CGEM est une institution de lobbying responsable.
Ceci dit, nous avons traversé durant mon mandat un autre test, le printemps arabe.
Je constate, aujourd’hui, que nous avons mieux traversé cette période et nous avons su la gérer de manière exemplaire. Que peut-on espérer de plus qu’une révision de la Constitution? Maintenant, il s’agit de l’opérationnaliser. Et là aussi, la CGEM a un grand rôle à jouer.

- On a l’impression que l’entreprise est devenue un bouc émissaire (cas de l’OCP) face aux contestations sociales. Quelle est votre analyse?
- En général, on trouve des raccourcis un peu trop faciles pour répondre aux revendications de la rue. Lorsqu’on dit qu’il faut plus d’équité sociale ou qu’il faille lutter contre tel ou tel phénomène, le raccourci est de trouver tout de suite un coupable, lui coller un cliché. Malheureusement, cela se fait par manque de maturité et le plus souvent, par des calculs populistes pour plaire ou garder une certaine image.
A titre d’exemple, je pense que les débats autour de la représentativité des jeunes et des femmes au niveau du Parlement n’ont pas lieu d’être. L’idée qu’il faut des femmes ou des jeunes sous prétexte qu’ils soient les seuls à pouvoir porter leurs propres voix me paraît décalée. Il ne faut pas forcément une femme pour porter la cause féminine ou un jeune pour porter la voix des jeunes.
La personne qui doit porter ces causes, indépendamment de son âge et de son genre doit être, à la fois, capable de communiquer et de convaincre. Je pense que dans les circonstances d’aujourd’hui, il se passe beaucoup trop de choses, c’est difficile à maîtriser. Mais, il faut prendre du recul et essayer de faire la part des choses. Cela ne veut, pour autant, pas dire que je suis contre la discrimination positive, je dis juste qu’il faut avoir des arguments valables. Si on me dit, on veut des jeunes pour qu’ils apprennent à jouer ce rôle dès leur jeune âge, je dirai que le Parlement n’est pas une école. Quelque part le débat est faussé, cela fait que je ne comprends pas ce qui se passe autour de nous aujourd’hui.

- Quelle est votre position sur ce qui s’est passé à Khouribga avec l’OCP? On n’a pas entendu le patronat.
- Pour ce genre de dossiers, la CGEM est très présente. A ce titre, autant j’apprécie la position de l’OCP qui a été responsable, c’est le summum de ce que l’on peut espérer de responsabilité sociale de l’entreprise. Autant, nous regrettons l’absence de tout accompagnement du gouvernement. Il n’y avait que l’OCP sur le devant de la scène. Je crois que le gouvernement doit apprécier son rôle social par rapport au secteur privé d’une nouvelle manière. Le privé ne peut pas, à lui seul, par ses propres moyens, faire face à tous les défis et toutes les contraintes sociales de notre pays. Ce qui permettra peut-être d’alléger la charge sociale en poussant des entreprises à déclarer et élargir l’assiette. Et in fine, intégrer l’informel dans le formel.

- Quelles priorités la CGEM serait-elle prête à inscrire dans la liste du prochain gouvernement, en dehors de la fiscalité?

- Nous avons évoqué dans nos propositions trois grands chantiers: la Caisse de compensation, le système des retraites et le chantier de la formation continue, sans parler de la fiscalité.

- Sur la compensation, comment réformer?
- Nous reprochons au système actuel sa manière de fonctionner qui ne répond pas aux objectifs initiaux, à savoir supporter le pouvoir des pauvres et des démunis.
Le second problème est la non-maîtrise de cette caisse de compensation. Ce n’est quand même pas sérieux que quelques mois après le démarrage d’un exercice, que l’on se rende compte qu’on ait déjà consommé près de 100% du budget. Ce n’est pas sérieux. Il faut donc revoir la manière de dimensionner cette caisse.
A ce titre, nous avons proposé un système de couverture comme nous le pratiquons dans nos entreprises. Il faudrait prendre exemple sur le Brésil ou encore l’Iran, pays dans lequel les pauvres s’auto-déclarent.

Propos recueillis par Moulay Ahmed BELGHITI

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