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Evénement

Accord agricole Maroc-UE
Contre-offensive des professionnels

Par L'Economiste | Edition N°:3619 Le 20/09/2011 | Partager
Les lobbys anti-marocains ne désarment pas
Objectif: rallier le soutien des opérateurs européens

Au total, les exportations marocaines de tomates sur le marché communautaire ne dépassent pas les 300.000 tonnes face à une consommation qui porte sur 8 millions de tonnes

Après les écologistes, c’est au tour des lobbys anti-Sahara marocain de monter au créneau. Le nouvel accord Maroc-UE sur le volet agricole ne cesse, en effet, d’attiser l’agitation. Mais cette fois-ci en mettant dans la balance le même argumentaire développé que celui utilisé à l’occasion des discussions sur la reconduction de l’accord de pêche. Les appréhensions formulées au sujet des «menaces que font planer les exportations marocaines de fruits et légumes sur la production européenne» ont été vite dissipées. Parfois par une bonne frange des eurodéputés eux-mêmes. Idem pour le respect des normes et des quotas (cf. édition du 12 septembre.www.leconomiste.com). «Ce qui a fait basculer les rapports de force en faveur de la position marocaine», constate Fouad Benabdeljalil, producteur et exportateur de primeurs. Ceci, bien évidemment suite au passage du ministre de l’Agriculture devant la commission du commerce international du Parlement européen, en juillet dernier, et à la campagne de sensibilisation menée parallèlement par des professionnels marocains à Bruxelles. «Mais de nouvelles pressions et attaques injustifiées polluent encore le processus de ratification de l’accord», constate un collectif d’associations professionnelles, pour une fois unies dans l’adversité D’où la sortie médiatique que devaient organiser, hier à Casablanca, les 13 fédérations que compte les secteurs agricole et agro-industriel. «L’objectif est de sensibiliser les médias marocains, mais aussi les opérateurs européens d’intérêt commun tels les céréaliers, les importateurs de fruits et légumes et les fournisseurs d’intrants et machinisme agricole», révèle Benabdeljalil.
Et nombreux parmi eux seront présents aux débats de la commission parlementaire du commerce international prévus jeudi prochain à Bruxelles. «Ce dossier a trop duré», dénonce pour sa part Younès Zrikem, président de l’Association marocaine des exportateurs (Asmex). Négocié depuis 2006, le nouvel accord agricole a été signé en septembre 2009 et ratifié par les Parlements nationaux en décembre 2010. Et le débat, en plénière du Parlement européen, qui était programmé pour octobre prochain, vient d’être différé au mois de janvier 2012. «Cela se traduit déjà par la perte de cinq campagnes d’exportation dans le nouveau cadre de concessions», précise Zrikem. Or, c’est le premier accord international qui est soumis à l’approbation du Parlement. «A cette cadence, les relations futures de la communauté seront pratiquement mises en panne», commente un professionnel.
Pourtant, nombreux sont les officiels européens qui jugent le nouveau protocole assez équilibré. Bien que prévoyant un traitement asymétrique du système des quotas et du démantèlement tarifaire, il n’en demeure pas moins un cadre avantageux tant pour les agriculteurs que les fournisseurs européens d’intrants et matériel agricole. Pour preuve, la balance alimentaire marocaine est largement déficitaire avec l’Europe. Et l’essentiel des produits de traitement, du machinisme agricole, des semences, engrais chimiques et divers services sont importés d’Europe. Par ailleurs, le volume de nos achats ira crescendo au fur et à mesure de l’avancement du plan Maroc Vert. Sans oublier la présence effective au Maroc de nombreux exploitants agricoles européens. Phénomène dont les professionnels se félicitent bien évidemment.
En face, que représentent nos exportations de fruits et légumes sur le marché européen? «Tout au plus 2,5% des importations intra et extra-communautaires», révèlent les statistiques européennes. Car, elles ne se positionnent que sur des niches.
Avec à la clé un écrémage draconien des quantités expédiées en termes de calibrage et de qualité intrinsèque des produits. Pour ce qui est du cas de nos tomates qui font rager les partenaires espagnols, le surplus attendu, 5 ans après l’entrée en vigueur de l’accord, est à 0,5%. Une goutte d’eau dans l’océan dans la mesure où nos expéditions ne dépassent guère les 300.000 tonnes face à un marché dont le potentiel est estimé à 8 millions de tonnes.

Traitement asymétrique

Pour le Maroc, le niveau de libéralisation des importations sera porté (10 ans après l’entrée en vigueur de l’accord) à 67% pour l’offre agricole, 92% pour l’agro-industrie et à 90% pour la pêche. Parallèlement, nos exportations auront un niveau de pénétration de 67% pour l’offre agricole, de 98% pour ce qui est de l’agro-industrie et 100% pour les produits de la mer. Mais, au passage, la libéralisation est déjà effective pour des animaux vivants reproducteurs et destinés à l’engraissement, des semences et autres intrants.

 

A. G.

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