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Economie Internationale

Cnuced: L’économie mondiale piétine

Par L'Economiste | Edition N°:3610 Le 07/09/2011 | Partager
La croissance du PIB est passée de 4% en 2010 à près de 3% en 2011
Le durcissement de la politique budgétaire met en péril la reprise
Un nouveau rapport propose un flottement régulé des taux de change

Le commerce international des biens et services a rebondi en 2010, après avoir enregistré sa plus forte chute depuis la Seconde Guerre mondiale, selon le rapport de la Cnuced. En 2011, le volume du commerce devrait enregistrer une croissance à un chiffre, contre 14 % en 2010, en particulier dans les pays développés

Après une rapide sortie de crise, l’économie mondiale rechute. La croissance du PIB passant de 4% en 2010 à environ 3% en 2011. C’est le constat plutôt sombre dressé par la Cnuced dans son rapport sur le commerce et le développement de 2011 intitulé «l’économie mondiale face aux défis d’après-crise»(1) et publié hier mardi 6 septembre à Genève.
Ses auteurs passent en revue les tendances et configurations par pays. Ainsi, les pays en développement ont retrouvé leurs niveaux de croissance d’avant la crise et progressent à plus de 6% cette année. En revanche, dans les pays développés, elle s’établira entre 1,5% et 2% en 2011. Les pays en transition, eux, continuent de se remettre de la forte baisse enregistrée en 2009, avec des taux de croissance d’environ 4%. Ceci dit aucun pays n’est à l’abri! La reprise économique pourrait marquer le pas dans les pays développés: «Car la demande intérieure privée reste faible et les politiques macroéconomiques de soutien sont remplacées par des mesures d’austérité, tentatives des gouvernements pour regagner la confiance des marchés financiers», expliquent les auteurs du rapport. A l’inverse, les pays en développement ont conservé une croissance vigoureuse alimentée par la demande intérieure. Ils sont toutefois confrontés à l’instabilité financière et aux mouvements de capitaux spéculatifs originaires des pays développés et ne seraient pas épargnés par une nouvelle récession au Nord. Une autre partie du rapport présente une ventilation des données par régions.
Deux pays sont dans la tourmente: Les USA et le Japon. Selon la Cnuced, la reprise marque le pas aux USA car la demande intérieure reste faible en raison de la stagnation des salaires et de l’emploi. Avec des taux d’intérêt qui resteront à des niveaux historiquement bas à court terme et la disparition progressive des incitations budgétaires, un retour rapide à une trajectoire de croissance satisfaisante est fortement improbable. Au Japon, la reprise a été retardée par les répercussions de dysfonctionnements sans précédent des chaînes de production et des filières énergétiques, dus au séisme et au tsunami survenus en mars.
Comment réagit l’Union européenne? Selon la Cnued, les revenus salariaux restent très faibles, tout comme la demande intérieure. La crise de l’euro, la résurgence de graves tensions autour de la dette publique au deuxième trimestre de 2011 et la perspective de mesures d’austérité budgétaire se propageant dans toute l’Europe font qu’il est très probable que la zone euro continuera de freiner considérablement la croissance mondiale.
La conclusion du rapport de la Cnuced (Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement) est sans équivoque: «L’application de mesures budgétaires et monétaires plus rigoureuses risque fort de déboucher sur une période prolongée de croissance médiocre, voire de véritables contractions dans certains pays». De ce fait, les récentes très fortes baisses des marchés boursiers témoignent assez largement d’une détérioration des perspectives de croissance.
A elle seule la demande privée n’est pas suffisamment forte pour maintenir la dynamique de la reprise, car le chômage reste élevé et les salaires stagnent. En outre, les ménages restent très endettés et les banques hésitent à accorder de nouveaux financements. Printemps arabe oblige, l’expansion est restée forte dans toutes les régions en développement à l’exception de l’Afrique du Nord.


Restriction budgétaire

Sur un autre registre, la Cnuced met en garde contre les conséquences des politiques de restriction budgétaire. Une politique budgétaire qui soutient la croissance a plus de chances de réduire le déficit budgétaire et d’endiguer le niveau d’endettement public qu’une politique d’austérité budgétaire, de l’avis des auteurs du rapport. Ils proposent aussi l’adoption d’un flottement régulé des taux de change pour endiguer une spéculation monétaire excessive. Un tel régime pourrait reposer sur l’ajustement des taux de change nominaux en fonction soit des différentiels d’inflation, soit des différentiels de taux d’intérêt. Dans le premier cas, on s’attache plus directement à éviter des déséquilibres des flux commerciaux, tandis que dans le second, il s’agit davantage de limiter la spéculation financière de type «carry trade», qui entraîne généralement des désalignements des monnaies.

 

Fatim-Zahra TOHRY

(1) Le lancement du rapport a été organisé également, hier mardi 6 septembre à Rabat, par le Centre d’information des Nations unies.

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