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    Economie Internationale

    Bidonvilles: Triste record en Afrique

    Par L'Economiste | Edition N°:3608 Le 05/09/2011 | Partager
    60% de la population africaine vivant dans les zones urbaines habite dans un bidonville
    16% des habitants de la planète concernés en 2010

    En 2010, 16% des habitants de la planète vivaient dans des bidonvilles. Mais pour certains pays africains, ce chiffre atteint des proportions inquiétantes, selon le Pnue. La carte montre clairement que le phénomène des bidonvilles se prolifère aussi au Maroc et en Egypte

    Les bidonvilles sont aujourd’hui une réalité avec laquelle il faut compter. Près de 40% du milliard d’habitants peuplant le continent africain vivent dans les zones urbaines, 60% d’entre eux dans les bidonvilles, où l’assainissement et l’approvisionnement en eau laisse franchement à désirer(1). C’est ce qu’indiquent les dernières estimations du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue).
    L’urbanisation rapide de ces cinq dernières années change l’évolution du paysage africain. Dans son rapport, le Pnue étudie le cas de certaines villes où le taux d’urbanisation est très élevé et où les services de distribution et les infrastructures adéquates d’assainissement ne sont pas disponibles. Les populations urbaines d’Afrique qui n’ont pas accès à l’eau potable sont passées de près de 30 millions d’individus en 1990, à plus de 55 millions en 2008. Sur la même période, le nombre de personnes n’ayant accès à aucun service d’assainissement a doublé pour atteindre les 175 millions d’individus, constate un rapport de l’ONU.
    En 2010, 16% des habitants de la planète vivaient dans des bidonvilles. Mais pour certains pays africains, ce chiffre atteint des proportions inquiétantes. En République centrafricaine (4,5 millions d’habitants), en Sierra Leone (6,3 millions d’habitants), au Soudan (32 millions d’habitants) et au Tchad (11 millions d’habitants), plus de 90% de la population urbaine vit dans des bidonvilles. Au Maroc et en Egypte le phénomène inquiète aussi. Dans le Royaume, si le programme villes sans bidonvilles n’a pas atteint les objectifs escomptés, c’est parce que de nombreuses agglomérations abritent des poches de résistance. La situation dans les régions du Grand Casablanca et de Rabat en témoigne. A elle seule, la métropole représente 30% des habitants dans les bidonvilles au Maroc (voir aussi Villes sans bidonvilles: Les nombreux freins qui retardent les opérations de recasement, édition N° 3581 du 2011/07/26).
    Durant les 50 dernières années, Addis Abeba, la capitale éthiopienne, a vu sa population passer de 100.000 à 3,5 millions d’habitants. Selon le rapport, seulement 5% des déchets qui y sont collectés sont recyclés.
    Le reste est souvent entraîné vers les rivières et pollue ainsi l’eau. Ce qui provoque bien souvent des intoxications alimentaires, car 60% de l’agriculture urbaine utilise ces eaux usées.
    Grahamstown, en Afrique du Sud, est l’objet d’une autre étude de cas présentée dans le rapport. Située dans une région sèche du pays subissant fréquemment des sécheresses, la ville a vu sa population doubler, atteignant les 76.000 habitants en 2004.
    Des initiatives inspirées en matière d’eau, telles que le système «Blue Drop» qui est un outil de régulation utilisé par le ministère sud-africain des Affaires de l’eau pour surveiller la qualité de l’eau potable et des eaux de pluie, a aidé la ville à fournir des services d’approvisionnement en eau adéquats à sa population grandissante. Cependant, la ville prévoit de futures crises à cause du changement climatique qui risque d’entraîner encore davantage de sécheresses et de pénuries d’eau.

    F. Z. T.

    (1) Le blog Urban Demographics a publié récemment la carte des villes africaines abritant le plus grand nombre de bidonvilles, réalisée par Riccardo Pravettoni, du Pnue/Grid-Arendal, l’un des centres du Pnue pour la gestion des données et de l’information, située en Norvège.

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