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    Entreprises

    Carrosserie industrielle
    La profession sera bientôt réglementée

    Par L'Economiste | Edition N°:3608 Le 05/09/2011 | Partager
    Le code de la route prévoit de nouvelles dispositions en matière d’homologation
    Les opérateurs devront se conformer à la loi d’ici le 1er janvier 2013

    Le chiffre d’affaires du secteur de la carrosserie industrielle s’élève à environ 15 milliards de DH et emploie quelque 2.000 personnes

    ON ne badine plus avec la sécurité routière. L’industrie de la carrosserie devra se mettre à niveau ou disparaître. Les opérateurs ont jusqu’au 1er janvier 2013 pour se conformer aux nouvelles dispositions du code de la route qui s’appliquent aux véhicules montés localement. Un délai accordé par le ministère de l’Equipement et du Transport pour moderniser ses structures sur les plans financier, technique et organisationnel. En effet, après plusieurs décennies d’anarchie, la profession sera désormais réglementée. Par conséquent, tout opérateur devra détenir une accréditation pour pouvoir exercer. Une autorisation conditionnée par un certain nombre de conditions telles que la possession d’une assise financière, qui reste toutefois à déterminer. Il s’agit également du recrutement d’un personnel spécialisé, consistant en poste d’ingénieurs, de techniciens spécialisés, d’ouvriers qualifiés… Les patrons devront également respecter les conditions prévues par le code du travail telles que la sécurité, la couverture sociale et médicale, les heures de travail et de repos…
    Les dispositions du code de la route s’appliqueront aux industriels locaux qui ne sont pas encore aux normes. Les petites structures incapables de se mettre à niveau d’ici le 1er janvier 2013 pourront toujours exercer mais avec le statut de sous-traitants, sous la responsabilité d’un opérateur accrédité par la tutelle.
    Les textes d’application prévoyant l’obligation de se mettre à niveau ont déjà été publiés au Bulletin officiel. Ils clarifient les spécificités techniques de toutes les composantes d’un véhicule : système de freinage, ancrage des sièges, aménagement intérieur des véhicules, pneumatiques, remorques, bennes…
    Selon la corporation, aucun fonds de mise à niveau n’est prévu par la tutelle. De plus, «la plupart des opérateurs sont organisés en personne physique», explique Abderrahim Chennaoui, responsable des relations publiques de l’Association marocaine de la carrosserie industrielle (AMCI), membre de la Confédération patronale. Ce qui va les priver des programmes d’accompagnement mis en place par le gouvernement, notamment l’Agence nationale pour la promotion des PME (Anpme).
    Par ailleurs, dans la plupart des cas, les opérateurs n’ont suivi aucune formation académique ni technique. De plus, il n’existe pas d’institut spécialisé dans le métier. Certains constructeurs de carrosserie étaient à l’origine de simples forgerons. N’étant pas réglementée, la profession était accessible à tout le monde. Mais, abstraction faite des grands opérateurs, elle était parfois beaucoup plus assimilée à une activité plus artisanale qu’industrielle. Par conséquent, «il n’y avait pas d’uniformité dans la construction, par exemple, des bennes ou encore des remorques, sans oublier les fréquents défauts de fabrication», signale le professionnel. Ce qui n’était pas sans présenter de graves dangers pour les usagers de la route. La tutelle prévoit un délai pour que les opérateurs locaux de la carrosserie industrielle se mettent à niveau, à défaut de quoi leurs véhicules se verront refuser le précieux certificat d’homologation. Un document obligatoire pour l’immatriculation. Mieux encore, le nouveau code de la route prévoit même des amendes et des peines de prison pour les constructeurs qui proposeront à la vente des véhicules non homologués, et non-conformes aux modèles homologués ou font une fausse déclaration. Les amendes peuvent atteindre 100.000 DH par véhicule pour les personnes morales, assorties d’une peine d’emprisonnement d’un an, selon les cas.
    Le Centre national d’études et d’homologation (CNEH) tient régulièrement des réunions avec les professionnels. «Ces réunions ont pour objectif d’aboutir avec les opérateurs de la carrosserie industrielle à l’élaboration d’un référentiel, d’un échéancier et des outils nécessaires à la mise à niveau de la profession», explique une source interne au CNEH.

    Le poids de la filière

    LE Maroc a développé un savoir-faire dans le domaine de la carrosserie industrielle. L’on se souvient d’ailleurs du groupe Rahali, qui était un opérateur de renommée. Actuellement, le secteur s’est beaucoup développé. Les opérateurs ont pour noms Mecomar, Irizar Maghreb, Mastere Benne, Benne Marel, Soriac, Remorque Engineering… Des industriels organisés en deux associations distinctes : Groupement du poids lourd et de la carrosserie (GPLC) et Association marocaine de la carrosserie industrielle (AMIC). Le secteur produit des remorques, des semi-remorques, des bennes (céréales, frigos, tasseuses), citernes… L’activité ne dispose pas de statistiques officielles, mais selon l’AMIC, le secteur emploie environ 2.000 personnes et réalise un chiffre d’affaires annuel estimé à environ 15 milliards de DH.

     

    Hassan EL ARIF

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