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    Focus

    Les tops et les flops du gouvernement El Fassi

    Par L'Economiste | Edition N°:3606 Le 30/08/2011 | Partager

    Le gros de l’enjeu du gouvernement se situe au niveau de la rationalisation des dépenses publiques. Il en va ainsi de la batterie de réformes prévues, notamment dans la fonction publique pour ramener la masse salariale à 10% du PIB, ainsi que dans les subventions aux produits pétroliers. On jugera de la volonté «politique» du ministre des Finances de ramener le déficit à 3% du PIB, contre les 5.7% actuels, et l’endettement du Trésor à 50%, avec les engagements d’austérité nécessaires. Mais, en cette période pré-électorale, il préfère assurément prendre des mesures politiquement efficaces que des mesures économiquement réfléchies.
    En attendant la nouvelle «révolution» du budget, annoncée en exclusivité dans notre édition du 29 août, la rédaction s’est prêtée au jeu de profil-bilan des ministres de ce gouvernement sortant… Globalement, ils peuvent mieux faire.

     

     Les lancers ratés de Mezouar
    Si l’opinion lui reproche peut-être de trop s’investir dans sa carrière politique, l’ancien basketteur aura tout de même eu le mérite de faire avancer plusieurs chantiers institutionnels, notamment les textes concernant la réforme des marchés financiers (CDVM, assurances, titrisation), l’arrivée des plans épargne, le lancement de la plateforme financière de Casablanca, ou encore plus récemment le projet de loi organique des Finances. Il pourra également compter à son actif le rajeunissement et la féminisation de son ministère.
    Des lancers ratés, Mezouar en a eu aussi. Il a par exemple été incapable de mener les réformes à hauts risques. A commencer par la compensation qui donne aujourd’hui des frayeurs au FMI. Il aura été particulièrement frileux sur les privatisations tout comme il a beaucoup tergiversé sur le dossier RAM en dépit de plusieurs alertes. Il a enfin été pratiquement invisible sur le dossier retraites. Une grosse patate chaude qui pourrait plomber les marges de manoeuvre du prochain gouvernement. Il est vrai que son département était au front-office pour accompagner les réformes sociales du gouvernement El Fassi (hausses du Smig, revalorisations des salaires des fonctionnaires). Réformes qu’il devait accompagner avec habileté, mais qui ont fait aussi qu’il y ait un prix fort à payer, celui qui fera de Mezouar le ministre du déficit.
    M. A. B./M. B.

     

    Benkhadra convertie au vert
    Les politiques érigées en stratégies sectorielles semblent se révéler plus simples à piloter. Comme le tourisme, l’agriculture, l’industrie…voire les métiers mondiaux du Maroc, l’énergie est devenue l’affaire de tous. Et, surtout, elle bénéficie du haut intérêt royal. Amina Benkhadra en a bien conscience. L’issue des premières assises du secteur, en mars 2009, consacrant les énergies propres comme vecteur essentiel de développement durable, l’a fait changer de fusil d’épaule. La ministre ne jure plus que par les énergies vertes. Pour celle pour qui la politique énergétique se limitait à la seule recherche pétrolière, ça n’a pas été facile de «switcher». Pendant longtemps, elle ne voulait pas entendre parler de solaire, estimant son déploiement très onéreux.
    A s’y méprendre, la pensionnaire du maroquin de l’Energie, des mines et de l’environnement veut tout pour elle. Toujours callée au fond des starting- blocks et prête à faire feu de tout bois, quitte à ressasser le même discours sur la stratégie énergétique et tirer la couverture à elle, réduisant parfois ses collaborateurs au simple rang de figurants. Si elle n’était pas du RNI, on la verrait bien à la tête d’un parti de centre, accaparant tous les pouvoirs tout en ayant cette connaissance, certes scientifique, qui lui permettra toujours de faire semblant de gérer l’énergie (dans sa globalité), les mines et l’environnement (le parent pauvre de sa politique).
    Ce qui fera le bilan de celle qui, depuis près de trois décennies, baigne dans les énergies (elle est arrivée au secteur en 1982, comme chef de service des études minières), ce sont les résultats de l’ambitieux programme des énergies vertes.
    En attendant les promesses (42% de la capacité installée d’ici 2020 sera issue des énergies propres), le plan de renforcement de l’offre électrique pour assurer l’équilibre avec la demande et la mise en place des mesures d’efficacité énergétique ont placé son administration sous les feux des projecteurs. Mais le véritable bilan de Benkhadra est attendu fin 2015 avec l’installation d’une puissance nouvelle de 3.640 MW. Voire au terme du programme d’investissement de 73 milliards de DH, en 2020.
    B. T.

     

    Emploi: Un goût d’inachevé pour Rhmani
    Son mandat restera marqué par la revalorisation des allocations familiales, l’augmentation du Smig, celle des pensions minimales... En charge du département de l’Emploi, Jamal Rhmani, membre du bureau politique de l’USFP, a été en quelque sorte servi par les pressions provoquées par le mouvement du 20 février. Des pressions qui ont poussé à l’augmentation du Smig et au relèvement des pensions minimales pour la deuxième fois au cours de ces quatre dernières années.
    Connu pour sa recherche du consensus, Rhmani a su gérer les relations avec les partenaires sociaux et éviter le bras de fer sur plusieurs dossiers. C’est le cas par exemple pour la réforme de la mutualité ou encore du projet d’amendement du texte sur les accidents du travail.
    Durant son mandat, Rhmani a beaucoup travaillé sur la sécurité au travail et mené les élections professionnelles de 2009, lesquelles ont enregistré un niveau de participation élevé. Mais sur certains chantiers, il n’y a pas eu beaucoup d’avancées. Le droit de grève et la loi sur les syndicats n’ont toujours pas vu le jour. Annoncés depuis plus de deux ans, des projets de loi sur la grève et les syndicats ont été transmis aux partenaires sociaux, mais les discussions n’ont jamais démarré. Ce qui laissera certainement un goût d’inachevé.
    K. M.

    Zenagui: Et la criseest passée par là
    Le tourisme va mal! Au banc des accusés: Yassir Zenagui. L’ingénieur en chef de la composante financière de la Vision 2020, comme le qualifient les professionnels du secteur, a été rattrapé par le printemps arabe. La première année de son mandat a coïncidé avec une période critique: l’attentat de Marrakech et la conjoncture internationale. Malheureusement, «on est maître de son bateau mais pas du vent!».
    Ayant atterri au tourisme à l’échéance de la Vision 2010, Zenagui a pris en main la mission de développer la stratégie 2020. Corriger d’abord les erreurs de ses prédécesseurs est selon lui la priorité. Son pari étant d’enclencher une véritable dynamique avec un effet d’entraînement des investissements sur l’écosystème touristique. N’ayant aucune couleur politique, il a été transféré au Rassemblement national des indépendants (RNI), à la veille du dernier remaniement.
    Cet inconnu de la scène politique, ayant fait un passage à La City (Londres), a une vision anglophone purement «finance». Il a orienté la stratégie de tourisme vers un esprit de fonds plutôt que de subventions. Ce que l’on reproche à Zenagui, c’est le retard enregistré dans la concrétisation de certains projets, notamment la déclinaison régionale de la Vision 2020 et la refonte du système des classements des hôtels.
    I. B.
     

    Education: La quantité d’abord!
    Unique représentant de l’opposition dans le gouvernement, Akhchichine laissera perplexes les politologues. Ayant intégré le gouvernement sous les couleurs du RNI, Akhchichine s’est vite rallié au parti de Fouad Ali El Himma, le PAM. La démission attendue au lendemain du changement de camps n’est jamais venue. Certains le qualifient de Lula marocain, d’autres lui reprochent la succession de grèves qui ont paralysé l’Education nationale cette année.
    Ahmed Akhchichine, ministre de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur, de la formation des cadres et de la recherche scientifique s’est vu accorder, en octobre 2007, l’un des plus lourds portefeuilles du gouvernement. Après un programme d’urgence lancé en fanfare, le système éducatif reste gangréné par les même maux: abandon scolaire, faiblesse des infrastructures, éloignement des écoles…
    Pour le ministre, l’objectif a toujours été «d’assurer le Smig de la scolarité partout». Bonjour la quantité! Quid de la qualité? Toutefois, les indicateurs semblent être au vert pour le plan d’urgence. Akhchichine aura acquis l’intégration des managers au système éducatif, l’école n’ayant pas uniquement besoin d’enseignants mais aussi de managers.
    Le programme le plus prometteur a été Tayssir qui consiste à apporter un soutien financier aux parents pour maintenir leurs enfants à l’école.
    Ce programme a enregistré des résultats importants malgré la faiblesse de l’enveloppe réservée aux parents: 160.000 familles (300.000 enfants) ont en bénéficié, selon les derniers chiffres. Le plan d’urgence a également porté sur la mise à niveau des établissements, salles informatiques, matériel dernier cri, laboratoires…
    IL.B.

     

    Ghellab: Une valeur sûre
    Il est sans aucun doute l’un des jokers gagnants. Karim Ghellab reste l’un des ministres plébiscités régulièrement. Si son nom revient dans la plupart des sondages, c’est que l’Istiqlalien multiplie les prouesses. Des chantiers d’infrastructures, des autoroutes réalisées généralement dans les délais, des réformes inédites même si cela se fait parfois dans la douleur comme pour le transport, la logistique ou encore le code de la route. Tout le mérite de ce poulain de l’écurie de feu Meziane Belfkih, est d’avoir instauré une méthodologie, des normes qui permettent à l’Equipement et Transport d’être l’un des rares départements irréprochables. Le gouvernement El Fassi ne fera que surfer sur cette tendance. Ce statut chouchou de l’opinion, Ghellab doit le défendre constamment car il suscite bien des jalousies. Et justement, dans les arcanes du gouvernement, il se raconte que ses performances lui auront valu quelques inimitiés y compris au sein de son propre parti et que ses rapports avec d’autres «jeunes» de l’équipe El Fassi n’étaient pas toujours au beau fixe.
    Seule fausse note au tableau: son bilan a été chahuté par l’affaire ONDA, établissement dont il préside le conseil d’administration, même s’il s’est défendu sur les colonnes de L’Economiste, arguant qu’il avait avisé des anomalies constatées à l’ère Benallou, mais que celles-ci sont restées sans suite. Ce pontiste est un spécialiste des chantiers et il le prouve régulièrement, il ne cherche pas la gloire médiatique mais préfère agir efficacement. Sur le plan politique, ses ambitions demeurent en revanche la grande inconnue. Lorsqu’on interroge sur ses projets, la réponse classique c’est que les réalisations de son département sont une manière de donner du sens politique.
    M. B.

     

    Hejira: Fin de mandat mitigée
    De tous les mandats des ministres du gouvernement El Fassi, celui de l’Istiqlalien Ahmed Taoufik Hejira aura été l’un des plus exposés aux salves de critiques des médias, des partis de l’opposition et même ceux de la majorité. Retards dans le programme Villes sans bidonvilles, retards des plans d’aménagement des villes, délit d’initié de hauts cadres, scandale à Al Omrane, tergiversations sur la lutte contre l’habitat insalubre… Tellement de critiques et de reproches que le ministre a préféré s’éclipser des mois durant et travailler loin des feux de la rampe. L’entourage du ministre parle plutôt de confusion et de séries de malentendus auprès de l’opinion publique au sujet du bilan Hejira et surtout le programme de recasement de bidonvillois. C’est la résultante d’un manque de coordination et de convergence ainsi que de divergences d’approche entre quatre principaux intervenants: les autorités locales (wilayas, préfectures, communes…), les élus locaux, la population bénéficiaire et le département de l’Habitat. Généralement, les motivations et les enjeux ne sont pas perçus de la même manière. Hormis ces dossiers lourds et complexes, le bilan Hejira compte aussi de nombreuses réalisations et avancées qui plaident en sa faveur.
    Le ministre a été le chef d’orchestre de tout un dispositif qui a permis de sauver le logement social. Un secteur qui enregistre un engouement sans précédent auprès des promoteurs relayé par une dynamique commerciale et d’investissements qui a relancé ce segment sensible de l’immobilier urbain.
    A. R.

    Baddou: Tolérance zéro
    Mandat sous haute tension pour Yasmina Baddou. Après la levée des boucliers concernant les femmes médecins, qu’elle s’était entêtée à muter, la ministre affronte encore aujourd’hui une nouvelle fronde avec les nominations des directeurs régionaux à la veille des élections. Ne transigeant pas avec la réforme des hôpitaux, Baddou décide également de fermer les cliniques privées. Zéro tolérance sur deux volets: les normes de sécurité des patients et l’utilisation des ressources humaines de la santé publique par les cliniques privées.
    De grève en grève, la ministre a également eu à gérer la fureur des médecins internes et résidents, dont les nombreux débrayages avaient fortement perturbé les hôpitaux. D’ailleurs, une commission a été créée pour examiner la problématique de l’équivalence du doctorat en médecine. Une autre commission discute du système des examens et d’évaluation de la formation des médecins résidents. Les deux autres dossiers épineux: le Ramed qui tarde toujours à voir le jour et le rééquilibrage de l’offre sanitaire qui reste un principal problème à résoudre. Mais le tableau n’est pas si négatif. Yasmina Baddou a donné un coup de pouce à plusieurs dossiers dont les greffes d’organes, le plan d’action pour la santé dans le monde rural ou encore les centres d’oncologie et d’hémodialyse.
    F. Z. T.

     

    Naciri, l’avocat de la réforme
    Le département de la Justice a connu deux ministres. Un socialiste, Abdelwahad Radi, (de 2007 à fin 2009), 76 ans, actuel président de la Chambre des représentants, n’aura pas vraiment marqué le ministère. Il a simplement initié les consultations sur la réforme de la justice, poursuivi le programme de modernisation lancé du temps de son prédécesseur: informatisation, recrutement des juges…. Cinq mois avant le départ de l’Usfpéiste, le discours royal d’août 2009 annonce les six axes de la réforme de la justice. Me Mohamed Taieb Naciri reprend les rênes du ministère le 4 janvier 2010.
    Cet avocat casablancais est sans étiquette politique. Cela lui aurait fort probablement servi pour couper court aux interminables grèves des greffiers, opposés au projet de réforme de leur statut préparé par le ministère. Début août 2011, celle-ci sera adoptée par le Conseil du gouvernent. Me Naciri a patiemment manœuvré pour changer l’organigramme du ministère et faire aboutir plusieurs projets de loi: Fonds d’entraide familiale, blanchiment d’argent, organisation judiciaire, procédures pénales, sociétés commerciales… Le limogeage de deux juges élus du Conseil supérieur de la magistrature demeure un point noir de l’ère Naciri.
    F. F.
     

     Moncef Belkhayat: En état de grâce
    A la tête de la Jeunesse et des sports depuis 2009, le plus jeune des ministres du gouvernement, membre du RNI, a le vent en poupe. Conscient qu’il faut être «à la page» pour s’adresser aux jeunes, Moncef Belkhayat est très présent sur les réseaux sociaux, où il compte plus de 40.000 fans sur Facebook et Twitter. Dès le début de son mandat, il s’investit pleinement avec une politique plus «business» pour faire du sport une filière économique à part entière. Un concept d’apprentissage des sportifs est mis en place et des centres socio-sportifs de proximité (400) sont créés. L’ensemble des fédérations sont priées de suivre la mouvance à coup de mise à niveau des infrastructures, des clubs et des cadres juridiques. Football sport roi, la décision d’opter pour la mise à niveau de 16 clubs forts et la mise en place d’une ligue professionnelle de football ont très vite été adoptées. Dans le monde du ballon rond, le salaire à plusieurs zéros de l’entraîneur de l’équipe national Eric Gerets a fait jaser. D’ailleurs, critiqué de toute part, Belkhayat n’a vu les tensions s’apaiser que face aux résultats probants des Lions de l’Atlas. Après avoir décroché l’organisation de la CAN 2015 et la victoire du Maroc sur l’Algérie, Belkhayat est en état de grâce. 
    Z. S.
     

    Taoufik: L’opacité, tare originelle
    Le département des Habous et des affaires islamiques a beaucoup gagné en notoriété. Particulièrement au cours de ces dernières années. Un homme a été derrière ce succès : Ahmed Taoufik. Auteur de nombreuses études et communications sur l’histoire du Maroc, il est depuis 2002 en charge de ce département. A son actif, un nouveau code qui représente le premier document de son genre tant au Maroc que dans le monde arabe. Il réglemente aussi le secteur et instaure les règles de gestion de l’important patrimoine des Habous. Le document en question remplace l’ensemble des textes existants (15 au total). Composé de 185 articles, le document a introduit des nouveautés en matière de contrôle financier du patrimoine des Habous. Le code instaure pour la première fois des mesures fermes pour contrôler les Habous par le biais de contrôleurs régionaux affectés par le ministère. Il s’agit, en effet, de «protéger» les 200.000 hectares de foncier et les 46.000 locaux commerciaux des Habous. C’est que le département de tutelle veut «renforcer son rôle d’acteur socioéconomique en procédant à l’immatriculation de ses biens». Actuellement, les revenus assurés par ces biens ne dépassent guère les 30 millions de DH par an. Autre chantier à l’actif d’Ahmed Taoufik, les «morchidates». Une formule qui a pris. Les habous traînent en revanche une tare originelle: leur opacité. Sur ce point, Ahmed Taoufik n'a pas avancé.
    J. E. H.

     Chami: Le Hi-tech parfois solitaire
    Ahmed Reda Chami a été désigné ministre du Commerce, de l’industrie et des nouvelles technologies sous les couleurs de l’USFP. Parmi ses principales réalisations, la redynamisation du plan Emergence. Une stratégie qui définit les six métiers du monde susceptibles de booster la croissance économique, avec, notamment, le renforcement de la compétitivité des PME. Autre chantier ouvert par Chami, le plan Rawaj, qui a pour ambition de moderniser le commerce à travers, notamment, les chantiers relatifs à la réforme de l’urbanisme commercial, le master plan d’implantation des zones d’activités commerciales…
    Grand amateur de la technologie, Chami a également lancé le plan Maroc Numeric qui vise à faire des TI l’un des piliers de l’économie nationale et de positionner le Maroc en tant que hub technologique régional. Outre les stratégies sectorielles, Ahmed Reda Chami s’est également distingué par la promulgation d’une douzaine de lois touchant divers domaines. Ainsi, c’est Chami qui aura été l’artisan de la transformation de Barid Al Maghrib en SA. Même si, au gouvernement, on lui reproche parfois de travailler en solitaire, Chami fut également actif en matière d’amélioration du climat des affaires.
    L’Usfpéiste a été en revanche incapable d’achever le projet de création de l’Ecole centrale de Casablanca, la P2I de Casablanca ainsi que le plan de restructuration des marchés de gros de la métropole économique.
    J. K.

    Maâzouz: Et le déficit commercial a explosé...
    Si l’on devait retenir une réalisation majeure durant le mandat de l’istiqlalien Abdellatif Maâzouz, ce serait la mise en œuvre de la stratégie Maroc-Export. Cette stratégie (une première pour le commerce extérieur) repose sur une politique de ciblage de nouveaux marchés, d’amélioration des produits locaux et d’accompagnement des entreprises. L’objectif étant de doubler les exportations en 2015 et de les tripler en 2018. Maâzouz aura aussi réussi à pousser les PME marocaines sur les marchés africains où elles affrontent une redoutable concurrence chinoise et turque. La politique de promotion des exportations a par ailleurs gagné en visibilité à travers Maroc Export (marque commerciale de l’ex-CMPE). Mais toutes ces actions ne porteront leurs fruits que si, en face, se développe une offre exportable.
    Pour lutter contre la concurrence déloyale, le ministère du Commerce extérieur a fait adopter une loi sur les mesures de défense commerciale, institué un comité de lutte contre la sous-facturation et l’observatoire du commerce extérieur. Le ministre annonçait aussi il y a quelques mois l’incorporation de 200 nouvelles entreprises exportatrices dans la filière export. Ici aussi, les résultats ne sont pas encore visibles. Voilà en tout cas pour les intentions affichées. Les chiffres de la balance commerciale sont pour leur part beaucoup moins reluisants. À juillet 2011, le solde commercial est déficitaire de 106 milliards de DH contre 87 milliards de DH à fin juillet 2010, soit une aggravation de 21%.
    A. N.

    Skalli: De la volonté, peu de résultats
    Bilan en demi-teinte pour Nouzha Skalli, ministre du Développement social, de la famille et de la solidarité. Depuis le début de son mandat en 2007, et à chaque bilan d’étape, revient le sujet de l’adoption de plusieurs projets de loi relatifs au travail des petites bonnes (déposé devant le SGG en avril 2009), à la violence conjugale (soumis depuis janvier 2010 au SGG), ainsi que le projet de loi sur les personnes en situation de handicap. Des projets, tous fin prêts, mais qui attendent une mise en circuit législatif. Ce serait pourtant juste la consécration de la place des conventions internationales ratifiées dans la législation nationale. Pour plusieurs acteurs de la société civile, ce ministère est toujours dans une approche caritative notamment en ce qui concerne la gestion des problèmes liés à l’handicap.
    En attendant les lois, des conventions sont signées avec des associations spécialisées pour prendre en charge les personnes en situation de précarité. Il reste également des défis à relever en matière de diffusion de la culture de l’égalité et le renforcement de l’alphabétisation juridique des femmes qui méconnaissent l’essentiel de leurs droits. La stratégie de lutte contre la mendicité n’a pas non plus affiché des résultats probants au vu de la prolifération inquiétante des mendiants. On attendait beaucoup plus de Nouzha Skalli, considérée comme une femme très sensible aux questions des droits de l’homme.
    J. K.

    Baraka: La réforme impossible
    Affaires économiques et générales du gouvernement! Un four-tout. Un portefeuille-piège, diront certains. En tout cas, jusqu’au bout, le ministre délégué aux Affaires économiques et générales, Nizar Baraka, n’aura de cesse de jongler avec la conjoncture. Dans la foulée des contestations (mouvement du 20 février), c’est encore via ses services que le gouvernement a décidé d’une rallonge de 15 milliards de dirhams au soutien des prix des produits de large consommation. Ce qui a plus que doublé le budget global de la compensation, le portant à 32 milliards de DH. Il s’accommode, sans pince-rire, à ce genre de situation depuis sa nomination à ce département en 2007. Jamais il n’a évoqué l’éventualité même d’une loi de Finances rectificative. «Il n’y a pas de miracle, ce qui est donné à la compensation doit être pris ailleurs», du budget de fonctionnement et par l’amélioration des recettes fiscales. En tout cas, la hausse du budget de la Caisse de compensation sera financée par des coupes drastiques dans celui du fonctionnement. Il a annoncé pêle-mêle la contribution du train de vie de l’administration, des économies sur la location et l’achat de voitures de service, les frais de téléphone et des réductions dans les dépenses d’hébergement et de restauration. Comme la réforme de la politique de compensation, maintes fois annoncée et maintes fois reportée, les résultats de ces promesses attendront.
    Entre impossibilité technique et risques politiques, cette réforme risque d’attendre. Pour le peu de temps qui lui reste au gouvernement, il devra rogner sur ses dépenses.
    B. T.

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