×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Société

Des gestes simples pour sauver les bébés!

Par L'Economiste | Edition N°:3603 Le 25/08/2011 | Partager
Un mode d’emploi indispensable pour tout accouchement…
Mais qui reste très peu respecté dans les hôpitaux
Il permet de réduire 75% des risques de décès ou de handicap

Meriem Othmani, vice-présidente de l’association Al Hayat, est une figure incontournable de la vie associative marocaine. Elle a décidé de se consacrer depuis longtemps au sujet épineux de la mortalité infantile et s’intéresse aujourd’hui plus particulièrement à la mortalité néonatale. Son objectif est d’informer et de vulgariser au maximum quant aux différentes façons de réduire le risque de mortalité et de handicap des bébés

«LE droit à la vie est le droit premier de tout être humain». Cette garantie stipulée par la loi fondamentale du pays dans son article 20, et érigée comme principe inaliénable par de nombreux traités internationaux, semble pourtant battue en brèche au regard de certaines réalités. «Aujourd’hui encore, 23 bébés sur 1.000 meurent à la naissance et au moins le double sont handicapés à cause de simples négligences hygiéniques et sanitaires», explique Meriem Othmani, vice-présidente de l’association «Chaîne de vie» Al Hayat. En effet, pendant tout le cycle de la vie humaine, c’est à la naissance et dans les 28 jours qui suivent la période néonatale que le risque de mortalité est le plus élevé. 25 à 50% des décès surviennent dans les premières 48 heures de vie et 75% de tous les décès de la période néonatale surviennent dans la première semaine. Les principales causes de mortalité néonatale sont liées à la santé de la mère et aux soins qu’elle reçoit avant, pendant et immédiatement après l’accouchement. Près des ¾ de tous les décès de nouveau-nés pourraient être évités si les femmes bénéficiaient des soins voulus lors de la grossesse, de l’accouchement et de la période postnatale.
Au regard de ces constats, l’association Al Hayat s’est donné comme but de combattre ce fléau, principalement dû au manque de moyens, de formation, de compétence ou simplement d’information du personnel médical et des parents. En veillant à respecter des règles rudimentaires basées sur des gestes simples, «75% du taux de risque de mortalité et de handicap de nos bébés peuvent être réduits», assure Othmani. L’association œuvre à vulgariser ces réflexes et à les rendre accessibles au plus grand nombre, «il s’agit de gestes extrêmement simples qui peuvent être appris par tout un chacun et qui peuvent sauver des vies humaines». Dans une optique de simplification, l’association a mis en place un prospectus (voir info) sous forme de quatre «chaînes de vie» complémentaires. Une sorte de mode d’emploi que tout personnel de santé, parent où proche de parents qui attendent un bébé doivent connaître sur le bout des doigts.
1er maillon de la chaîne de vie, la chaleur: un bébé est naturellement né avec une température de 37 degrés et demi. Il est scientifiquement attesté que s’il est laissé humide dans une atmosphère froide, il perdra en moyenne un demi degré de température par minute. Un compte à rebours de 3 à 7 minutes est donc suffisant pour atteindre le point de non-retour fixé entre 36 et 34 degrés. Dans ces cas, le nouveau-né mourra ou restera handicapé à vie. En l’absence de salles d’accouchement à température modulable, une alternative aussi simple que vitale doit être connue de tous: «Il suffit de bien sécher le nouveau-né et de le mettre sur le corps de sa maman peau contre peau. C’est ce qu’on appelle communément la méthode Kangourou». Un geste simple et pourtant tellement méconnu…
Cette position permet en outre de faciliter l’allaitement maternel pendant les premières minutes de vie des bébés. En effet, le réflexe de succion du bébé est à son apogée durant la première demi-heure de sa vie. Le mettre sur le ventre de sa maman lui permettra de téter son sein et augmentera ses chances de survie grâce à la stimulation de la première goutte de lait, qui n’est autre que le colostrum, riche en anticorps et vital pour l’immunité du bébé. De surcroît, cette action est tout autant bénéfique pour la maman puisqu’elle permet la sécrétion d’une hormone importante: l’ocytocine. Elle permet à l’utérus de se contracter et d’éviter l’hémorragie de délivrance, souvent mortelle.
Par ailleurs, nombreux sont les bébés qui meurent à la naissance ou restent handicapés à vie à cause des problèmes respiratoires. Si le cerveau du bébé reste sans oxygène, le processus de destruction des neurones se déclenche et au fur et à mesure le risque de handicap augmente. Que faut-il faire pour y remédier? Simplement aspirer sa bouche puis son nez, souvent encombrés par des sécrétions, à l’aide d’une petite poire expressément conçue pour l’opération. Le cas échéant, utiliser son doigt enroulé dans une compresse et tapoter la plante des pieds du bébé ou le caresser dans le dos pour initier sa respiration.
Autre grand danger: l’hygiène. Ici, les sages-femmes sont les principales concernées. «Elles doivent impérativement se laver les mains et les avant-bras jusqu’aux coudes avec de l’eau et du savon et nettoyer la zone génitale avant de procéder à l’accouchement». L’expérience a montré que très souvent les bébés meurent ou se retrouvent avec des handicaps majeurs à cause du manque d’hygiène.

A. N.

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc