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    Economie

    Assurances agricoles
    La réforme avant la prochaine campagne

    Par L'Economiste | Edition N°:3600 Le 22/08/2011 | Partager
    Production, exploitation et commercialisation à couvrir
    40 risques dont 22 spécifiques aux filières agricoles à couvrir
    A terme, 12 milliards de DH seront sécurisés

    C’est parti pour la réforme de l’assurance agricole. Les deux premières phases de l’étude stratégique sur «la gestion des risques et la mise en place d’un système d’assurances agricoles» ont été rendues publiques jeudi 19 août en présence de représentants des diverses interprofessions agricoles et agro-industrielles. Ces résultats intermédiaires ont porté sur la hiérarchisation des risques agricoles et l’analyse des attentes des professionnels. Les 2 dernières parties de l’étude, encore en cours d’élaboration, concernent la finalisation des modèles d’assurances à proposer, leur faisabilité technique et commerciale mais aussi les mesures d’accompagnement à mettre en place. C’est donc le travail le plus laborieux qui reste à finaliser. Il n’empêche que le ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, se veut très rassurant. «Un dispositif d’assurances agricoles sera proposé très prochainement”, annonce le ministre. Il devrait englober une assurance récolte multi-risque climatique, l’assurance para-métrique et une couverture dédiée au bétail. D’autres produits complémentaires seront par la suite développés. «Mais pour le moment, il faut parer au plus urgent en commençant par les filières les plus exposées au risque», précise Moha Marghi, secrétaire général du ministère de l’Agriculture. Histoire de sécuriser les investissement surtout chez les filières les mieux disposées à contracter des primes d’assurances. A cet effet, l’enquête menée par le cabinet en charge de l ’étude a montré que 7 agriculteurs sur 10 estiment que «l’assurance est indispensable pour protéger l’investissement». Mais la répartition des assurés par filières dégage un taux élevé pour les éleveurs laitiers et avicoles. La filière laitière se distingue en effet par un fort taux d’assurés: 23% contre une moyenne toutes activités confondues de 16%. Il s’agit de filières organisées et plus intégrées dans les maillons de transformation avec du matériel high-tech, des systèmes d’élevage intensif et des investissements parfois colossaux. Les producteurs d’agrumes, de plantes sucrières et du maraîchage ont aussi une perception très forte de l’assurance.
    Outre l’intérêt des concernés, il y a aussi l’urgence de réformer le programme «de garantie sécheresse». Cet aléa étant le n°1 puisqu’il concerne 40% du chiffre d’affaires exposé. Mais ce n’est qu’un élément parmi les 8 risques climatiques rencontrés au Maroc. La liste comporte en effets de nombreux aléas tels que sécheresse, vague de froid, gelée, vents forts, inondations, orages… Au total, l’étude dénombre 40 risques dont 22 spécifiques aux filières agricoles et 18 à l’aval générique. Par types de facteurs, l’étude distingue les risques climatiques, sanitaires, phytosanitaires, environnementaux et d’exploitation. C’est donc, de la perte de récolte pour cause d’inondation ou d’incendie à la cherté des prix d’intrants ou la dégradation des marchés que l’assurance peut intervenir.
    En somme, la gestion des risques est perçue comme un levier clé qui pourrait sécuriser plus de 12 milliards de DH dans la mesure où le risque agricole représente actuellement 26% de la production globale. Risque qui reste concentré à raison de 50% dans la filière céréale et 30% pour ce qui est des fruits et légumes. Les viandes, lait, palmier dattier et cultures sucrières interviennent pour le reste.
    A l’horizon 2020, l’encours à sécuriser sera de l’ordre de 23 milliards de DH compte tenu des objectifs du plan Maroc Vert.

    A. G.

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