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    Economie

    La crise des armateurs marocains

    Par L'Economiste | Edition N°:3600 Le 22/08/2011 | Partager
    L’activité en baisse, 5.000 emplois menacés
    Les opérateurs réclament des mesures d’accompagnement

    Avec la nouvelle politique du secteur du transport maritime, le coût du fret est resté stable que ce soit par rapport à la facture des échanges extérieurs ou par rapport au PIB

    Libéralisé en 2007, le transport maritime n’a pas atteint les objectifs attendus. Les armateurs marocains sont en train de perdre du terrain face aux opérateurs étrangers. Leur chiffre d’affaires a reculé de 25% entre 2009 et 2010. Il s’est établi à 3,5 milliards de dirhams alors que celui réalisé par les armateurs étrangers est en hausse de 16,4% à plus de 14,66 milliards de dirhams. Selon le Comité central des armateurs marocains (CCAM), l’instance représentative des compagnies de transport maritime, les prévisions pour 2011 sont loin d’être réjouissantes. «Vu la crise économique et financière persistante depuis fin 2008 et l’absence de soutien de la part de l’Etat, le secteur risque la crise cardiaque», souligne l’association professionnelle. Ce qui se traduirait par la perte de près de 5.000 emplois directs. Selon le commandant Mohammed Karia, président du CCAM, «aujourd’hui, notre facture du fret maritime se situe entre 20 et 22 milliards de dirhams annuellement alors que les armateurs nationaux ne réalisent que 4 milliards de dirhams de ce chiffre d’affaires». Et d’ajouter qu’«il est important, pour pouvoir capter davantage de parts de marché, d’améliorer la compétitivité des compagnies maritimes car ce secteur peut être un important pourvoyeur d’emplois et d’investissements à haute valeur ajoutée si une vraie politique maritime est adoptée par notre pays».
    La politique adoptée depuis 2007 visait la baisse des coûts du transport maritime et la mise à niveau du secteur. Le hic est qu’aucune mesure d’accompagnement de cette libéralisation n’a été mise en place. Pourtant elles ont été identifiées dès le départ, précise l’association professionnelle. Pour elle, la libéralisation toute seule ne peut assurer la compétitivité de ce secteur dominé au niveau mondial par de grands majors. «L’existence d’opérateurs nationaux constitue la seule garantie pour produire la concurrence nécessaire à la baisse des taux de fret, mais il faut qu’ils bénéficient des mêmes avantages comparatifs que leurs concurrents étrangers», souligne le Comité.
    Chiffres à l’appui, les armateurs marocains considèrent que les objectifs fixés n’ont pas été atteints. Ainsi, le coût du fret maritime est resté stable que ce soit par rapport à la facture des échanges extérieurs (4,39% en 2007 contre 4,1% en 2010) ou par rapport au PIB (2,7% en 2007 contre 2,33% en 2010). De son côté, le coût du fret par tonne transportée a augmenté, passant de 257,72 dirhams à 285,4 dirhams.
    Pour le Comité centrale, le problème est surtout d’ordre fiscal. En un mot, les opérateurs marocains demandent de bénéficier des mêmes avantages que les armateurs étrangers, qui réalisent l’essentiel du chiffre d’affaires, et qui sont totalement exonérés. «Ces armateurs payent à l’Etat du pavillon une taxe au tonnage uniquement. Ils ne sont soumis ni à l’impôt sur les bénéfices ni à la TVA ni aux autres impôts et taxes. Les marins qu’ils emploient ne sont pas non plus soumis à l’impôt sur le revenu», souligne l’association professionnelle.
    Celle-ci est favorable à la mise en place d’une taxe au tonnage. Autrement dit, les entreprises ne devraient plus être imposées en fonction des bénéfices ou des pertes qu’elles réalisent, mais en fonction du tonnage des navires qu’elles exploitent indépendamment de leur résultat d’exploitation.
    Les opérateurs proposent aussi la suppression de la retenue à la source de 10% sur les redevances versées par les affréteurs marocains aux armateurs étrangers. Ce qui leur permettra de s’aligner sur le transport aérien qui bénéficie de cette exonération au titre de la loi de finances 2011.
    Ils sont également favorables à l’adoption d’un nouveau code de commerce, la création d’un pavillon BIS et la mise en place d’une législation incitative à l’investissement.

    Libéralisation volontariste

    Entre 2007 et 2010, les armateurs privés marocains, principalement les groupes IMTC et Comarit, ont réalisé des investissements de près de 5 milliards de dirhams pour le renouvellement et la modernisation de leur flotte. Les armateurs tablaient sur une meilleure compétitivité du pavillon national. Aujourd’hui, ils doivent composer de plus en plus avec la concurrence des flottes de pavillons de complaisance comme Panama ou Liberia. Ce qui, selon le CCAM, diminue la part de marché des opérateurs nationaux. Rappelons que la libéralisation du transport maritime s’est effectuée de manière volontariste puisque le Maroc n’était contraint par aucun accord. De plus, aucune mesure de réciprocité avec les partenaires étrangers ou régionaux n’est prévue.

    Khadija MASMOUDI

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