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    Evénement

    Marchands ambulants
    Les commerçants prêts à l’incivisme!

    Par L'Economiste | Edition N°:3595 Le 15/08/2011 | Partager
    Grèves et manifestations devant le Parlement prévues après Ramadan
    Objectif: trouver une solution au phénomène des «farracha»
    A qui profitent les rentes?

    Tout le monde veut profiter de l’anarchie actuelle pour s’enrichir. Ainsi, les propriétaires de camions se convertissent en commerçants et s’installent en pleine voie publique

    Effet secondaire du printemps arabe? Les marchands ambulants ont pris d’assaut la rue. Aucune région, aucun quartier n’est épargné. Ils essaiment par centaines à travers les principaux axes de la ville. Des pans entiers d’activités informelles, de non-droit et d’absence de contrôle ont vu le jour à l’échelle nationale. A Casablanca, des quartiers entiers ont été transformés en souks tels que Derb El Fokara, Derb Soltane, Derb Omar, Sidi Maârouf, Ben M’Sick… Aucune voiture ne peut plus accéder à ces secteurs. En cas d’incendie, l’on se demande comment les sapeurs-pompiers pourraient y circuler.
    Au niveau du boulevard Mohammed VI, qui constitue l’un des plus importants axes de Casablanca, quatre rangées d’étals ont été disposées tout le long du boulevard, sous l’œil bienveillant des forces de l’ordre. C’est l’ordre dans le désordre.
    Le célèbre marché pilote Al Khalil, au niveau d’Aïn Chock, a été déserté par les commerçants, qui y possèdent pourtant leur propre local, pour aller ériger un second point de vente en plein domaine public. La situation est identique à Khouribga. «Les trois marchés pilotes ont tous été désertés par les commerçants qui ont préféré s’installer dans les axes stratégiques de la ville», explique Mohamed Amghar, secrétaire régional du SNCP.
    Il en va de même pour l’autre non moins mythique quartier de Bab Marrakech. En cause, la volonté d’améliorer ses revenus, pour certains, la diminution de leurs activités et les difficultés d’accès générées par les vendeurs ambulants, pour d’autres.
    Un blocus qui pose problème aussi bien pour les habitants que pour les commerçants. «Les grossistes qui achètent et vendent d’importantes quantités de marchandises ne peuvent plus charger ni décharger leurs camions car les voies d’accès sont bloquées», explique Ali Boutakka, trésorier du Syndicat national des commerçants et des professionnels (SNCP).
    Les galeries commerciales (kissariat) ne sont pas en reste. A cause de l’embargo exercé par les marchands ambulants, «certains commerçants ont vu leurs activités dégringoler. Plus grave encore, de nombreux commerçants se font souvent attaquer», dénonce Amghar. En effet, depuis le déclenchement des troubles sociaux, les forces de l’ordre ont fort à faire avec les manifestants. Ce qui laisse libre court à l’insécurité au sein de la ville.
    «Nous avons écrit à toutes les autorités compétentes telles que le gouverneur, le ministère de l’Intérieur, le Conseil de la ville… Nous avons même demandé une audience au Premier ministre, mais en vain», déclare Hassan Salam, secrétaire régional du SNCP/Salé. Manifestement, les agents d’autorité ont reçu des instructions de ne pas intervenir. «Nous avons saisi à plusieurs reprises les autorités compétentes et à chaque fois, elles nous répondaient qu’il fallait tenir compte du contexte social et attendre la fin du référendum sur la Constitution», explique le trésorier national du SNCP.
    Maintenant que le référendum a eu lieu, les commerçants ne trouvent plus d’excuses au maintien d’une situation qui porte non seulement préjudice à leurs activités, mais également à l’environnement, à la santé des consommateurs, à la sécurité... Une situation qui ramène le pays plusieurs décennies en arrière et à laquelle des commerçants veulent mettre un terme.
    «La plupart des vendeurs ambulants ne sont pas des pauvres. Certains exposent une marchandise dont la valeur dépasse celle des commerçants eux-mêmes. D’autres exercent des activités parallèles et le soir, ils se convertissent en marchands ambulants. Par ailleurs, ceux qui possèdent leurs locaux doivent les regagner», déclare Boutakka. Pour le commerçant, la solution réside dans la multiplicité des marchés pilotes, mais à condition de confier l’attribution des magasins à une commission composée des Chambres de commerce, des associations professionnelles et non plus aux conseils élus. «L’échec des expériences précédentes s’explique par la spéculation et le népotisme qui avaient marqué l’attribution des magasins», rappelle un commerçant.
    En fait, si le phénomène des ferrachas est très visible depuis que Bouazizi, cet ancien marchand ambulant tunisien, s’est immolé par le feu, il n’est pas pour autant nouveau. Il constitue une des expressions de la politique sociale low cost des pouvoirs publics. Des marchands ambulants se voyaient délivrer des «agréments» pour s’implanter au niveau de certains axes de la ville.
    Une sorte de contrat entre le marchand ambulant et l’arrondissement qui précisent le nom du bénéficiaire, la nature de la marchandise vendue, le lieu, le nom de la rue… Mais ce système n’était pas dépourvu de dérapages. Certaines personnes possèdent plusieurs «agréments» de ce type, qu’elles louent à des marchands ambulants moyennant une redevance qui peut atteindre 300 DH par semaine. L’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) a elle aussi favorisé l’arrivée massive de nouveaux marchands ambulants. Certains bénéficiaires se sont vus remettre des triporteurs dotés de caisson frigorifique destinés à la vente de poisson. Ce qui les a conduits à s’installer massivement n’importe où, laissant derrière eux, à chaque fin de journée, des émanations pestilentielles.En réaction au phénomène des vendeurs ambulants, des concertations sont en cours au sein du SNCP pour trouver un accord sur les prochaines démarches. «Le Syndicat examine la possibilité de mener une grève des commerçants soit à l’échelle régionale, soit au niveau national.
    Nous envisageons également d’observer un sit-in devant le Parlement car c’est la seule manière de se faire entendre», annonce Salam.
    Les ministères du Commerce et de l’Industrie et celui de l’Intérieur ainsi que le Haut-commissariat au Plan (HCP) avaient lancé une étude pour déterminer l’ampleur du phénomène des marchands ambulants. Ces derniers avaient été estimés à 238.000 individus, faisant vivre 1,3 million de personnes. 91% d’entre eux sont des hommes et ont une moyenne d’âge de 41 ans. Depuis le printemps arabe, le nombre de vendeurs ambulants a certainement été multiplié par 10.

    Permissivité

    La prolifération des vendeurs ambulants repose encore une fois la problématique du non-respect du domaine public. Un concept devenu orphelin. De nombreux commerces et cafés occupent illégalement le trottoir en construisant de véritables annexes à leurs locaux. Un phénomène encouragé par la permissivité des autorités locales. D’autres louent pratiquement des parcelles de trottoir à des marchands ambulants, pour qui l’occupation du domaine public devient un acquis.

    Hassan EL ARIF

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