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Culture

Livre: «La couleur des sentiments»
Une saga de l’Amérique du Klu Klux Klan

Par L'Economiste | Edition N°:3592 Le 10/08/2011 | Partager
Kathryn Stockett fait parler une bourgeoise blanche et deux bonnes noires
Une histoire pleine d’humanité

«La couleur des sentiments » est le premier roman de Kathryn Stockett. La romancière a grandi à Jackson, dans le Mississipi, et a été élevée par une Noire, Demetrie, à qui elle rend hommage à travers ce livre tellement bouleversant

S’IL y a un livre à ne pas rater cette année, c’est certainement «La couleur des sentiments» de Kathryn Stockett, paru aux éditions Jacqueline Chambon. Un livre qui accroche dès les premières lignes et que l’on lit presque d’une traite. C’est une invitation au voyage dans l’Amérique des années 60, alors en pleine ségrégation et où plane l’ombre du Klu Klux Klan.
Kathryn Stockett décrit ainsi deux mondes, celui des Blancs et celui des Noirs, qui s’observent et qui se haïssent. Parfois, les carapaces s’effritent et l’émotion, les sentiments les plus nobles percent les cœurs. Et cela, on le doit à Aibileen et Minny, deux domestiques noires, ainsi qu’à Skeeter, une fille de planteur de coton. Des femmes courageuses et attachantes qui vont œuvrer à dénoncer les injustices. Au fil des pages, elles vont raconter leur quotidien alors que les lois raciales font autorité. Chez les Blancs de la petite ville de Jackson, au fin fond du Mississipi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine et élèvent les enfants. Elles connaissent tous les petits secrets et les travers de leur patronne blanche. Indispensables les unes aux autres, il est pourtant hors de question de tisser des liens autres que des rapports patron-employé. Pourtant, des amitiés se tissent entre ces femmes et les enfants qu’elles élèvent. Ce sera le cas entre Aibileen, Minny et la bourgeoise blanche, Skeeter, qui vont apprendre à se connaître et à s’apprécier. Ensemble, dans le plus grand secret, tenaillées par la peur, elles vont écrire une histoire bouleversante sur les rapports entre bonnes noires et patronnes blanches. Pour changer les choses. « Miss Skeeter est toujours gentille quand elle vient. Ça m’inquiète mais je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’elle voulait dire quand elle m’a demandé si je voulais changer les choses», raconte Aibileen, une femme qui, après 40 ans de service chez les Blancs, a appris à tenir sa langue.
Kathryn Stockett a écrit ce roman en hommage à Demetrie, la bonne noire qui l’a élevée. Celle-ci est morte quand la jeune Katryn a atteint ses 16 ans. «Je suis à peu près certaine de pouvoir dire qu’aucun membre de notre famille n’a jamais demandé à Demetrie ce qu’on ressentait quand on était une Noire travaillant pour une famille de Blancs dans le Mississipi. (…) J’ai regretté de n’avoir pas été aussi attentionnée pour poser cette question à Demetrie. J’ai passé des années à imaginer sa réponse. Et c’est pour cela que j’ai écrit ce livre», explique l’écrivain à la fin du livre dans le chapitre «Trop peu, trop tard».
« La couleur des sentiments », vendu à plus 2 millions d’exemplaires outre-Atlantique, est un bonheur de lecture. Quand on arrive à la dernière page, cela ne peut que nous pousser, nous Marocaines, à réfléchir sur nos rapports avec nos employées de maison, ces bonnes qu’on surnomme bien trop souvent «mauvaises». Mais que disent-elles, elles, de leur patronne?

Fatima EL OUAFI

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