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    Politique Internationale

    Reprise du procès des proches de Ben Ali

    Par L'Economiste | Edition N°:3587 Le 03/08/2011 | Partager
    Le chef de la sécurité Ali Seriati sur la sellette
    Le Conseil national tunisien veut inculper les autres complices

    En marge des procès de Ben Ali, son épouse, et leurs familles, une question se pose : où sont les complices de ces auteurs de détournement de biens et de malversations?

    Débuté il y a une semaine, le procès de 23 membres du clan du président déchu Ben Ali a repris mardi devant un tribunal de Tunis. Ils sont poursuivis pour divers chefs allant de la tentative de fuite à la possession illégale de devises. Parmi les accusés, on trouve plusieurs sœurs et neveux de Leïla Trabelsi, épouse de Ben Ali, dont le fameux Imed d’ores et déjà condamné à 2 ans de prison ferme pour consommation de stupéfiants. Ils avaient été arrêtés à l’aéroport de Tunis Carthage le 14 janvier, jour de la fuite du président tunisien qui avait d’abord tenté d’atterrir en France avant de se diriger vers l’Arabie saoudite où il se trouve actuellement. La famille Trabelsi, devenue le symbole de l’absolutisme et du despotisme, était en possession de fortes sommes d’argent et de bijoux.
    Autre temps fort de la journée, le procès du général Ali Seriati, ancien chef de la sécurité présidentielle, un des corps de police les plus redoutés par les Tunisiens. Seriati, personnage ambigu qui aurait joué un rôle dans la fuite de Ben Ali, est poursuivi quant à lui pour complicité et falsification de passeport. Il avait été arrêté le même jour que le clan Trabelsi, pendant la débandade générale à l’aéroport militaire de l’Aouina, juste après le départ de l’avion de Ben Ali. Certains le soupçonnent d’avoir poussé le président à partir, dans l’espoir de prendre le contrôle du pays.
    Prenant la parole, le général Seriati a expliqué devant le tribunal sa version des faits. Selon lui, Ben Ali n’avait pas au départ l’intention de partir avec sa famille et souhaitait rester en Tunisie, mais il aurait changé d’avis au dernier moment, cédant aux supplications de ses enfants. Ali Seriati fait par ailleurs l’objet de poursuites pour des chefs d’inculpation beaucoup plus graves tels que complot contre la sécurité intérieure de l’Etat, incitation à commettre des crimes et provocation au désordre, qui devraient faire l’objet d’un procès ultérieur. Les avocats du clan Trabelsi ont crié à la manipulation, et ont demandé un report de l’audience mais le président du tribunal s’y est opposé. Les accusés risquent de six mois à cinq ans de prison et encourent de très fortes amendes. Mais en marge du procès retentissant, une question se pose : où sont les complices de ces affaires de détournement de biens et de malversations ? Biens fonciers, contrats juteux, appropriations multiples… C’est pourquoi plusieurs membres du Conseil national tunisien des avocats jettent le feu aux poudres et demandent à étendre les procès aux fonctionnaires d’Etat qui ont facilité et profité, aussi, des transactions occultes du pouvoir. C’est aussi le cas pour les banques, où des prêts de plusieurs millions de dinars ont été accordés sans garanties. Ceux qui ont accordé ces prêts n’ont toujours pas été inquiétés.

    Karim SERRAJ

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