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    Politique Internationale

    Turquie: Erdogan tente de dompter l’armée

    Par L'Economiste | Edition N°:3586 Le 02/08/2011 | Partager
    Démissions poussées de plusieurs membres de l’état-majeur
    Certains généraux soupçonnés de complots contre le régime en place

    RIEN ne va plus sur la scène politique en Turquie…Le conflit permanent, qui oppose le gouvernement Erdogan (de tradition musulmane et conservatrice) et l’armée laïque, connaît un nouveau rebondissement suite à la démission vendredi 29 juillet de quatre importants chefs militaires. Le chef de l’état-major, ainsi que les commandants des armées de terre, de l’air et de la mer ont renoncé à l’exercice de leur tâche suite à un désaccord profond avec le gouvernement, sur la situation de certains militaires incarcérés, soupçonnés de conspiration antigouvernementale.
    Sur fond de tension avec ses éternels «frères ennemis», le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a, à cet effet, présidé hier lundi la réunion annuelle du Conseil militaire suprême (YAS), en l’absence du chef de l’état-major des armées, le général Isik Kosaner, et des autres généraux démissionnaires (une première dans l’histoire du pays). C’est l’ex-chef de la gendarmerie, le général Necdet Özel, nommé dans l’urgence vendredi soir commandant de l’armée de terre puis chef d’état-major en exercice, qui co-préside cette réunion de quatre jours. Il ya en effet 42 généraux (soit plus d’un sur dix) qui sont actuellement incarcérés dans le cadre de complots présumés contre le gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP). Les divergences entre les deux camps concernent le refus d’Ankara de permettre la promotion de ces hauts gradés, en l’attente de leur procès.
    L’armée a perdu sa crédibilité en 2007 lorsqu’elle a tenté, en vain, d’interdire par un veto l’accession d’Erdogan et de l’actuel président Abdallah Gül (également de l’AKP) à la tête du pays. Cette garante de la laïcité de la république a donc depuis toujours été une épine dans le pied des partis politiques, surtout des partis conservateurs. Depuis 1960, l’armée turque a renversé quatre gouvernements, dont celui de Najm-Eddine Erbakan en 1997, fondateur de plusieurs partis politiques de mouvance islamique et mentor de l’actuel Premier ministre. Ainsi, quelques mois après sa première élection en 2003 en tant que Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan a fait adopter par le parlement des réformes visant à réduire le rôle politique joué par les forces armées en Turquie. Ankara connaît peut-être là un nouveau tournant dans son histoire. C’est en effet un signe fort de la victoire de l’AKP sur l’armée. Les accusations de complotisme qui ont pesé sur certains hauts gradés, autrefois intouchables, ont peut être sellé définitivement la force politique des militaires. Et ces démissions pourraient être le moyen pour Ankara de façonner un nouvel état-major, excluant les plus féroces détracteurs du pouvoir en place.
    Amine EL HASSOUNI

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