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    Culture

    «La gratuité tue la culture»

    Par L'Economiste | Edition N°:3585 Le 01/08/2011 | Partager
    Les sponsors pas toujours au rendez-vous
    Hassan El Fad se lâche

    « Je me considère comme un dénonciateur quotidien ! Je déplore la bêtise humaine, du coup, dans mes œuvres, je favorise l’aspect social à la chose politique. Je ne veux pas être un leader mais un artiste », déclare Hassan El Fad (Ph. Stephane Berca)

    Hassan El Fad donne rendez-vous à ses fans les 16, 17 et 18 août à Casablanca. Ces spectacles, produits par One Air Production, sont l’occasion d’apprécier de l’humour bien marocain. Du rire garanti, selon l’humoriste


    - L’Economiste: On considère que votre humour est assez caustique. Quelles sont vos sources d’inspiration?
    - Hassan El Fad: Mon humour ne peut pas être défini facilement. Je m’insère dans la spontanéité, l’action de création artistique est basée sur ce qui est spontané et libre. Il ne faut pas oublier que j’ai une double casquette: artiste/producteur. Sur le plan esthétique, je pense que je suis un touche-à-tout. J’essaie de répondre à un besoin interne des gens et du coup, partager des expressions avec des Marocains avec lesquels j’ai des référentiels en commun. Le public est pluriel, contrairement à ce que l’on pense, les Marocains ne se ressemblent pas. Dans ce sens, j’essaie de produire un humour urbain. Et ce, sachant qu’il est très difficile que je trouve des qualificatifs précis sur mon humour. Techniquement parlant, j’ai plusieurs styles différents. Dans la télé, je suis plus sur la parodie. Mon souhait est de m’attacher à un humour à la fois absurde et réaliste.

    - Comment expliquez-vous vos succès?
    - J’essaie de perpétuer la tradition des vétérans de l’humour marocain. J’apprécie le one-man-show, car il est à mi-chemin entre le stand up et le théâtre. C’est un humour qui n’est pas à 100% de la comédie. Le traitement des personnages se fait par une dramaturgie presque théâtrale, puisqu’on fait subir au personnage plusieurs situations. Moi, j’essaie d’aller vers le stand up, petit à petit. A partir de la moitié des années 90 jusqu’au début des années 2000, d’autres artistes ont rencontré du succès avec le one-man-show. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Le spectacle vivant, à part les festivals et moussems, n’existe plus.

    - Pourquoi, à votre avis?
    - Il n’y a pas de véritables politiques culturelles et la question des moyens est toujours au centre des débats. Aucun humoriste ne peut faire une tournée sans de solides sponsors. Et à long terme, la gratuité tue la culture. Ce n’est pas la bonne stratégie pour séduire le public.

    - Avez-vous envie de créer un concept comme celui du Jamel Comedy Club?
    - Bien sûr! J’aime promouvoir les jeunes talents. Je l’ai toujours fais, mais je ne veux pas institutionnaliser la chose. On trouvera toujours un jeune qui émerge à mes côtés. Je ne suis pas égoïste, les jeunes ont une certaine fraîcheur qui m’enrichit.

    Propos recueillis par
    Badr KIDISS, stagiaire de l’ESJC

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