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    Fête du Trône
    Match Maroc/Algérie: Les 4 buts… très politiques

    Par L'Economiste | Edition N°:3584 Le 29/07/2011 | Partager
    C’est si bon de battre symboliquement le voisin!
    Une super-communion patriotique qui change l’agenda des contestations

    Tout neuf, le grand stade de 45.000 places de Marrakech, construit dans l’esprit architectural de la ville, a été inauguré moins de six mois avant le match Maroc-Algérie, ce qui lui a permis de passer au travers des sévères restrictions budgétaires de l’année 2011

    «Le peuple exige… 3-0». Des slogans atypiques inspirés du printemps arabe ont été scandés avant et pendant le match Maroc-Algérie, le samedi 4 juin à Marrakech. Rappelons que c’était la 34e rencontre entre les deux pays. Parmi les supporters, des hordes de jeunes, le «Mouvement du 20 février», des MRE venus spécialement assister au derby maghrébin; des supporters des deux équipes en provenance de tous les coins du Maroc, de l’Algérie et d’ailleurs…
    La rencontre s’est jouée à guichets fermés dans le grand stade flambant neuf de la capitale du tourisme. Cela faisait bien longtemps qu’un match n’avait suscité autant de suspense et de commentaires enflammés.
    Le derby maghrébin était ressenti comme l’un des événements phares de l’Afrique du Nord. Et ce dans un contexte régional très particulier: des révoltes dans le monde arabe, une tension sociale, des manifestations dans les rues, de fortes attentes politiques et une crise de leadership, une quête de nouveaux repères avec, entre autres, des victoires et des symboles... Et par-dessus le marché, une rencontre Maroc-Algérie ne pouvait pas être seulement sportive: les charges émotionnelles sont bien trop fortes. Si bien qu’on a manqué à la courtoisie comme lorsque l’hymne national algérien fut sifflé. Et puis, quelques jours après, la défaite sans appel de l’Algérie a réveillé chez le gouvernement algérien, tout le contentieux du Sahara, de Tindouf, des frontières… jusque et y compris des dossiers qu’on croyait oubliés depuis des lustres comme le pétrole ou encore la carrière personnelle de Bouteflika (sommé démontrer son patriotisme par des actes démagogiques).
    Enterré donc et sans doute pour longtemps, l’espoir d’ouverture des frontières et du passage de Zouj Bghal. Des informations en forme d’espérance avaient circulé avant le match, affirmant que ce serait l’occasion ou jamais... Espérances sèchement écrasées par le Premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia.
    Pour le Maroc, ce 4-0, des Lions de l’Atlas contre les Fennecs, a pris des allures de revanche d’un système politique sur un autre, sans compter la joie d’effacer une terrible humiliation vécue aussi sur un stade de foot quand les Algériens avaient écrasé les Marocains 5 à 1 en 1979. Aujourd’hui, certains Algériens parlent à leur tour «d’humiliation».
    Sur le Net, le match s’est prolongé des jours et des jours: patriotisme joyeux côté marocain: «One, two, three, four! Vive le Maroc… 4, 5, 6: Vive Mohammed VI». Examen de conscience (politique) chez les Algériens: «Nous n’avons pas une équipe nationale, nous avons une mafia qui gère le football en Algérie», ou encore «c’est la honte, la grande humiliation…».
    Personne n’a envie d’écouter les appels à la rationalité: «Ce n’est pas un match de foot qui me fera changer d’avis. L’équipe marocaine était plus soudée et déterminée à gagner. Elle l’a méritée. Mais, n’oublions pas qu’il ne s’agissait que d’un match de foot». Et revoilà les thèmes politiques lourds: «N’oubliez pas que sans le hasard de l’histoire et des frontières, nous serions des compatriotes. Vive le Maroc, Vive l’Algérie», «la fraternité des deux peuples transcende la souveraineté des nations». Certes… mais c’est si bon de battre symboliquement le voisin.

    La place des héros

    La victoire des Lions est venue à point nommé. Le Maroc avait besoin de cette consécration: une défaite de l’équipe de foot aurait été difficile à assumer dans un climat social et politique pénible. L’extrême gauche, Al Aldl Wal Ihsane, les associations des droits de l’Homme… multipliaient les sorties et les critiques de tous genres contre le gouvernement, le Parlement, les institutions, les partis politiques, la Constitution… Une victoire d’autant plus utile, après l’attentat de l’Argana à Marrakech. En quatre buts, les Marocains ont tout oublié. Pour se ressouder autour du drapeau national et pour renouveler leur confiance au Roi. Les scènes de liesse et de ferveur patriotiques étaient les mêmes de Tanger à Lagouira et chez les Marocains du monde qui ont manifesté leur joie à Paris, Rome, Bruxelles, Madrid, etc. La réconciliation entre le peuple et la nation était émouvante. Et surtout a donné la preuve que le Maroc est le pays de l’exception. Une exception que les Lions de l’Atlas, eux encore plus que les autres héros du Maroc, devront assumer et protéger. Le challenge est énorme.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Amin RBOUB

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