×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Reportage

Rabat-Salé: Le difficile apprentissage du tramway

Par L'Economiste | Edition N°:3562 Le 29/06/2011 | Partager
Organisation, mesures de sécurité, confort… les détails
Une affluence moyenne satisfaisante…
Malgré un prix de voyage élevé

Le conducteur est isolé dans son compartiment. Il communique avec les agents et les voyageurs à travers des hauts parleurs. Ici, il annonce le passage au-dessus de la ligne exclusive du Bouregreg

CELA fait un peu plus d’un mois que les premières lignes du tramway Rabat-Salé sont fonctionnelles. Selon toute vraisemblance, ce nouveau bijou se fait, de jour en jour, une place de choix dans le paysage urbain de la capitale. Pour tester la machine, L’Economiste s’est mobilisé sur place en milieu de semaine. Premières impressions: le tramway risque bel et bien de changer le quotidien des Rbatis et, dans un avenir proche, celui des Casablancais. Arrivée à la gare de Rabat-Ville en milieu de matinée, direction la station la plus proche. Une première chose retient de prime abord l’attention des visiteurs: la présence de deux lignes symbolisées par deux couleurs différentes, le rouge et le bleu. Les concepteurs du projet ont veillé à construire les trams sur la base d’un code couleur identique. Ainsi, même les composantes internes des machines, notamment les sièges, respectent la couleur standard de la ligne.
Avec ses 21 stations, la première ligne (couleur rouge) est la plus longue, mais aussi la plus fréquentée. Elle connecte les extrémités des deux villes, qui jusqu’ici s’avéraient pénibles à relier pour les automobilistes. Les deux terminus se situent à Madinat Al Irfane à Rabat et à Hay Karima, Salé. La seconde ligne pour sa part (couleur bleue) passe pour l’instant par 9 stations reliant Bab Chellah (Rabat) à place Hassan II (Salé). A noter le lancement d’un dernier tronçon pour cette ligne, raccordant l’hôpital Moulay Youssef à Bab Challah au plus tard début juillet, portant ainsi le nombre de stations de la ligne bleue à 14.
Pendant que nous comptabilisions le total des stations -31 dont 4 en commun pour les deux lignes- un petit son de cloche nous prévient de l’arrivée silencieuse de l’appareil circulant sur la ligne rouge. L’attente n’a pas duré plus de 10 minutes, soit l’intervalle moyen entre le passage de deux trams par station. Il n’y a pas à dire, le tram est beau et moderne! Pas de précipitations devant les portes coulissantes, il existe suffisamment de portes (6 de chaque côté) pour éviter les débordements. D’un simple clic sur le bouton vert greffé à la porte, celle-ci s’ouvre laissant libre-passage à au moins 3 personnes simultanément. «Attention, il faut acheter son ticket avant de monter dans le tram», nous prévient un voyageur. Les contrôleurs ne rigolent pas, ceux qui omettent d’acheter leurs tickets à la station risquent une amende de 50 DH. Retour rapide aux guichets des stations qui heureusement sont très réactifs. 7 DH le ticket… aie ! Quoi qu’il en soit, nous montons in extremis dans le premier wagon de la ligne rouge.
Il est presque 11h00, pourtant il n’y a pas de place libre. Qui a dit que le prix était dissuasif? Deux agents d’accompagnement valident les tickets en attendant la mise en fonction des valideuses automatiques. «Les valideuses sont fonctionnels, mais sont pour l’heure mises hors service. Si nous sommes ici c’est pour sensibiliser les gens à comment utiliser le tram en attendant que tout soit automatisé en juillet», explique un agent. Ces agents de contrôle et d’orientation ont suivi 8 jours de formation au siège de la société du tramway de Rabat-Salé. Ils sont répartis à raison de deux contrôleurs par wagon et font des tournées aléatoires sur l’ensemble des stations. Leur rôle est de vérifier la validité des titres de transport.
Une fois nos titres de voyage validés, un petit tour d’horizon du nouveau tram s’est imposé. Les sièges semblent confortables, chose que nous avons pu confirmer une fois quelques places libérées. Ils sont au nombre de 50 par wagon sachant que chaque véhicule en comporte deux. En additionnant ce nombre à l’estimation des places debout, le nombre de personnes pouvant être transportées par voyage atteint facilement les 150 voyageurs. A noter la présence de sièges pour handicapés, vieux, femmes enceintes et personnes à mobilité réduite. «La consigne est claire: priorité est accordée à ce type de voyageurs», affirme un contrôleur.
Le tram de Rabat fait la part belle aux mesures de sécurité: des dispositifs d’alarme sont placés à proximité de chaque porte avec des postes de communication permettant un contact rapide entre les agents de contrôle (et éventuellement les voyageurs) et le conducteur en cas d’alerte ou d’urgence.
Une pancarte placée en face de la porte centrale nous prévient: «Je suis filmé, donc je suis en sécurité»: 8 caméras de surveillance sont disposées dans chaque wagon. Elles sont connectées à un poste de commande centralisé qui peut fournir les images recueillies à la police. En outre, des hauts parleurs arrosent les différents angles de l’engin permettant au conducteur de communiquer avec les voyageurs pour annoncer, entre autres, les prochains arrêts.
Mais tout n’est pas parfait dans le nouveau tram. «Malheureusement, la climatisation est très légère, il fait très chaud et il n’y a pas de poubelles», souligne Hind, une étudiante qui prend le tram pour la première fois. Quelques nuisances sonores liées à l’accélération du tram et à quelques dysfonctionnements des hauts parleurs sont également de la partie, mais rien de bien gênant. En fin de compte, les usagers demeurent satisfaits du service. «J’arrive des Emirats et j’ai été agréablement surpris de voir que ma ville natale s’est dotée d’un tramway au moins aussi performant que celui de mon pays de résidence. Je préfère largement voyager en tram, il est plus rapide, plus sécurisé et plus propre», exprime Badr, un MRE.
«Avant je devais prendre l’autobus à partir de Madinat Al Irfane jusqu’à Rabat-Ville, puis prendre un taxi ou un bus jusqu’à Salé. Cela revenait à 1h30 de voyage et mon budget ne me permettait pas de faire le déplacement chaque jour. Maintenant, je fais le même trajet en 45 minutes sans arrêt et je ne paye que 7 DH», ajoute un étudiant.
Les heures de pointe sont situées entre 7h et 9h du matin, 12h30 et 14h30, 16h30 et 19h. A ces horaires, les sièges assis ne suffisent plus pour tous les voyageurs composés en grande partie de fonctionnaires et d’étudiants. «Il est difficile de justifier les 7 DH du ticket lorsque je dois faire le voyage debout. Il faudrait peut-être revoir le système de tarification», déplore un fonctionnaire. Le contrôleur réagit aussitôt: «dès début juillet il sera possible de faire deux trajets avec le même ticket à condition qu’il soit utilisé dans les 60 minutes après son achat». Toujours est-il que le tram respecte ses horaires même dans le cas de gros bouchons. «Lorsque le pont de Bouregreg est bloqué par les embouteillages, le tramway ne subit aucun retard étant donné qu’il dispose d’un circuit exclusif».
Loin des débats que suscite le tram entre les passagers, à l’extrémité avant, se trouve le conducteur de l’engin. Isolé par des vitres transparentes, il est concentré sur sa tâche. Celui-ci nous a affirmé au terminus que les difficultés auxquelles les chauffeurs étaient confrontés concernaient en premier lieu la circulation au centre-ville. En effet, des accidents mineurs ont lieu fréquemment. «Les usagers et les citoyens n’ont pas encore assimilé les principes liés à la circulation du tram». Pour limiter les dégâts, les conducteurs ont reçu comme ordre de limiter la vitesse à 35 km/h. «Une fois le concept assimilé, nous pourrons accélérer un peu plus». Lorsqu’on sait que la vitesse maximum du véhicule est de 70 km/h, le temps de voyage devrait se voir considérablement réduit.

Ayoub NAÏM

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc