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Culture

Festival des musiques sacrées
Des spectacles annulés pour cause de pluie

Par L'Economiste | Edition N°:3547 Le 08/06/2011 | Partager
Françoise Atlan a fait salle comble
Démarrage des soirées de la médina

Les chants des traditions juive, séfarade et palestinienne ont fait salle comble. Le trio composé de Françoise Atlan (voix), Moneim Adwan (voix et oud), et Bijan Chemirani (zarb et daf) a enchanté les festivaliers

(Ph. YSA)

LA vedette du 4e jour du Festival de Fès des musiques sacrées a perturbé toute l’organisation. Elle a fait parler d’elle tout le monde (festivaliers, journalistes, organisateurs, techniciens…). Pourtant, elle n’est pas une «star» comme les autres. Elle est encore inattendue et inhabituelle surtout en ce mois de juin. La pluie qui s’est abattue sur Fès en ce 6 juin a fait que les quatre scènes du festival ont subi les effets de dame nature et les festivaliers ne savaient pas est-ce que les spectacles allaient être maintenus ou pas.
Ainsi, le concert de Françoise Atlan, prévu initialement au musée Batha a finalement eu lieu au siège de l’ex-préfecture de Fès-Médina. Ici, les chants des traditions juive, séfarade et palestinienne ont fait salle comble. Le trio composé de Françoise Atlan (voix), Moneim Adwan (voix et oud), et Bijan Chemirani (zarb et daf) a enchanté les festivaliers. Au croisement des trois traditions monothéistes de l’Espagne médiévale et d’une tradition musicale évoquant l’exil, la patrie perdue, l’amour sublimé, Françoise Atlan et Moneim Adwan ont scellé une rencontre à la lumière de l’histoire musicale du Maghreb et du Proche-Orient. Dans ce spectacle, dans un esprit de compositions, d’improvisations savantes, d’airs traditionnels et populaires, dans une alternance de textes liturgiques et de vers poétiques, tarab et duende, deux formes d’émotions liées à l’Andalousie, entrent en résonance. La nostalgie du chant juif séfarade et des romances judéo-espagnoles de François Atlan rejoint alors le déchirement d’une enfance vécue à Gaza, celle du chanteur et oudiste, Moneim Adwan. La composition a emporté le public marqué surtout par une forte présence d’étrangers.
Supportant la pluie, les festivaliers ont déambulé dans la médina en quête des spectacles de la soirée. Ainsi, la première nuit de la médina a été maintenue offrant aux visiteurs un voyage musical et initiatique au cœur des riads de Fès. «Et le luth et le rebab évidemment, plaisir et geste emplissent notre site, puis la nuit étend sa longue chevelure, la diffuse emplit l’atmosphère et l’azur, le crépuscule désarmé rend ses armes, la nuit telle une sultane déverse ses charmes.». C’est ainsi qu’on a présenté cette nuit avec les propos de Mohamed Benslimane El Fassi, poète du XVIIIe siècle, originaire de Fès. «Ce voyage nocturne, à la fois musical et initiatique, nous a entraînés au cœur de la médina de Fès dans ce grand patrimoine architectural, ferment de la culture arabo-andalouse», estime Faouzi Skali, directeur du festival.
A Dar Tazi, l’on avait rendez-vous avec Salar Aghili, venu d’Iran. Ce dernier a chanté dans le salon au lieu de l’esplanade. Sa technique vocale, entretenue et virulente, peut-être encore davantage que celle de ses maîtres plus âgés tels Mohamed Reza Shajarian ou Shahram Nazeri accueilli lors de l’édition 2010, a porté une sorte de détermination, un certain héroïsme chevaleresque, spécifiques au chant persan. L’ambiance intimiste a profité à une centaine de personnes. Juste après sa prestation, il a cessé de pleuvoir et c’est là où la partie est repartie de plus belle avec Sheikh Taha et son «inshad soufi» d’Egypte.
A Dar Mokri, Jesús Corbacho (Andalousie) a brillé avec son chant de louange. Dans sa saeta, le poète, chanteur de flamenco, a ainsi fait montre de son art de l’improvisation poétique et du sacré, au cœur même d’une Europe méditerranéenne.
A Dar Adyel, c’est Alèmu Aga d’Ethiopie qui était au programme. Dans Bab Boujloud et Bab Makina, il n’y a pas eu de spectacle. De fait, beaucoup pensent qu’il serait judicieux de la part des organisateurs de prévoir des plans «B» en ces circonstances d’autant plus que le temps est de plus en plus changeant.

 

Histoire des sites du festival

- Dar Adiyel
D’abord résidence du gouverneur de Fès à l’époque de Moulay Abdallah, cette bâtisse du XVIIIe siècle devînt propriété de l’État et abrita la trésorerie à partir du XIXe siècle. Elle fut ensuite transformée en musée d’artisanat marocain pour finalement accueillir récemment le Conservatoire de musique classique andalouse.

- Musée Batha
La fondation de Dar Batha de style hispano-mauresque fut ordonnée par le sultan Hassan Ier à la fin du XIXe siècle et fut achevée par son successeur Moulay Abdelaziz. Depuis 1916, elle abrite le Musée d’art ethnographique, qui présente notamment les fameuses céramiques de la plus pure tradition fassie à la couleur «bleue de Fès», des astrolabes qui remontent au XIIe siècle, des monnaies de différentes dynasties, des tapis ou encore des bijoux du Moyen Atlas.

- Dar Tazi
Ce palais construit au début du XXe siècle fut la résidence de hautes personnalités du makhzen et du protectorat et accueille désormais le siège de la Fondation Esprit de Fès.

- Dar Mokri
Situé dans le quartier Oued Sawwafin, ce palais a été construit au début du XXe siècle par Driss Moqri, Mohtassib de Fès et frère du grand vizir Lhaj Mohammed. Les nombreux pavillons qui le composent s’organisent autour d’un patio découvert. Depuis quelques années, le palais héberge l’Institut des métiers traditionnels du bâtiment, destiné à la la formation d’ouvriers dans la réhabilitation du patrimoine architectural.

 


Coulisses:

• Sandwichs
Des marchands proposant des sandwichs à 10 et 15 DH se sont installés tout au long des ruelles menant vers les différents riads accueillant la première nuit du programme prévu dans la médina.

• Sécurité
La brigade touristique renforcée à l’occasion du festival a veillé au bon déroulement de la nuit de la médina. Il faut dire que les services de sécurité sont très visibles lors de cette édition. La prévention a jusque-là donné ses fruits : zéro incident.

• Programme
Le Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde se poursuivra jusqu’au au 12 juin sous le thème «Sagesses du monde». Le programme de ce mercredi 8 juin 2011 comprend, dans la partie forum (de 9 à 12h au musée Batha), une conférence sur «heurs et malheurs de la démocratie».

• Au musée Batha
16h : Urbain Philéas- La Réunion-France
- Nuit de la médina 2
- Bab Makina
20h30: Abd Al Malik France

• Dar Tazi
23h00 : Soirée soufie en hommage à Haj Tazi Massano

• Riad Shéhérazade
23h00 : Soundwalk USA

Youness SAAD ALAMI

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