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Economie

Recyclage du papier: 10.000 TPE ambulantes

Par L'Economiste | Edition N°:3547 Le 08/06/2011 | Partager
120.000 tonnes de production sur une consommation de 450.000
Un maillage d’intermédiaires informels

La production du papier et carton à partir du recyclage pourrait doubler. A la condition d’une réglementation du pré-triage des déchets ménagers, rendant obligatoire le traitement des matières recyclables (Ph. Sorepac)

Un potentiel mal exploité. La récupération et le recyclage du vieux papier et carton ne concerne qu’environ 25 à 30% du volume consommé alors que le taux chez les pays de l’Union européenne est en moyenne de 70%. L’Allemagne étant le leader avec 90%. Pourtant, l’activité n’est pas à ses débuts au Maroc. Le pays compte actuellement 6 entreprises opérant dans le domaine de l’enlèvement, du triage et du compactage. Derrière, il y a tout un réseau d’intermédiaires et de collecteurs ambulants. Mieux encore, la Compagnie marocaine des cartons et des papiers (CMCP) assure aujourd’hui 90% de sa production grâce à la récupération de vieux papiers et cartons et autres déchets de l’imprimerie. Le reste provient de la pâte à papier, dérivée de la fibre naturelle du bois. «L’opération du recyclage peut être répétée à l’infini», estime Saïd El Anba, PDG de Sorepac et de Macarpa. Deux unités, l’une sise à Salé, l’autre à Casablanca, qui s’adjugent 60% du volume collecté et livré à l’industrie.
Au total, la production du papier et carton à partir des déchets atteint 120.000 tonnes par an pour une consommation estimée à 450.000 tonnes dont 380.000 d’importation. Ration qui pourrait être portée à 50% de la consommation si l’activité s’organise en amont moyennant la réglementation du pré-triage des déchets ménagers et la reconnaissance du statut du collecteur ambulant notamment par les communes. «Ailleurs, le tri est obligatoire à la source et le rejet des matières recyclable est interdit», rappelle El Anba. Dans les pays de l’UE, tout industriel ayant mis sur le marché un produit emballé doit régler une écotaxe qui assure le recyclage de l’emballage. Le produit de cette taxe est versé aux communes selon leurs efforts de recyclage. Une telle politique, si elle est déployée au Maroc, pourrait avoir des retombées considérables. A commencer par la gestion des déchets. Rien que la récupération du vieux papier pourrait se traduire par une baisse de 40% du volume de la poubelle et de 20% de son poids, estiment les professionnels. L’économie en devises n’est pas en reste. Surtout par ces temps marqués par la flambée des matières premières.
Selon les professionnels, la facture à l’import qui atteint 3,7 milliards de DH en 2010 sera réduite de moitié, voire plus si on considère la revalorisation de la tonne importée. Sur les 4 premiers mois de l’année, elle est passée à 10.215 DH contre 8.670 à la même période de 2010. Ceci, sans oublier l’impact sur la création d’emplois non qualifiés.
La collecte du papier au Maroc s’organise au plus bas niveau. Il y a d’abord les récupérateurs ambulants. Ces derniers procèdent à la collecte auprès des papeteries, des centrales d’achat, des vendeurs de pièces détachées et de l’administration. Ils vont même jusqu’à visiter les poubelles. «A Casablanca, ils seraient 2.000 et 10.000 à l’échelon national», estime El Anba. Car, ils opèrent aussi dans les autres grandes villes comme Rabat, Fès, Tanger, Oujda et Agadir. A la fin de chaque journée, chacun d’entre eux achemine entre 100 à 150 kg chez son intermédiaire habituel, qui constitue, ensuite, le second niveau. Installés dans les quartiers populaires, ces intermédiaires seraient au nombre de 150.

A. G.

                                                                                                                                                 

 

Comment fonctionne le réseau

Une fois la collecte triée, deux choix se présentent à l’intermédiaire. S’il dispose des moyens, il procèdera lui-même au compactage sous forme de balles et les acheminera directement aux industriels. Sinon, il s’adressera à l’intermédiaire outillé. Sorepac et Macarpa font parties de ces intermédiaires spécialistes du compactage. Ainsi présentée, la chaîne du recyclage fait l’objet d’une hiérarchisation des gains. Ceux placés au bas de l’échelle récoltent environ 50% du prix final de livraison à l’industrie.
De fait, les ramasseurs ambulants reçoivent 0,50 DH/kg, les intermédiaires du premier niveau, entre 0,65 et 0,75 DH/kg, et les spécialistes du compactage,
1 DH. Ces derniers, qui assurent aussi l’enlèvement des marchandises, supportent bien entendu le prix du transport. Lequel pourrait atteindre jusqu’à 0,25 DH/kg pour les lots en provenance de villes lointaines. Quoi qu’il en soit, le revenu des récupérateurs ambulants dépasse de loin le niveau du Smig, assure El Anba. Sauf que la besogne, épandage d’ordures oblige, fait l’objet du discrédit des autorités locales, voire même de la population. Il faut dire aussi que le manque de tri occasionne d’importantes pertes du papier et comporte un risque sanitaire pour les ramasseurs.       
 

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