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Focus

Ressources en eau/Souss: Menaces sur la nappe phréatique

Par L'Economiste | Edition N°:3547 Le 08/06/2011 | Partager
17.000 puits dont seulement 2.000 autorisés
La surexploitation a causé un déficit de 260 millions de m3
La réduction des superficies irriguées envisagée

A cause de la surexploitation de la nappe phréatique, la situation dans le Souss est devenue alarmante

(Ph. Archives)

La problématique de l’eau revient à la surface à l’approche de chaque été dans le Souss-Massa. Malgré les précipitations assez importantes enregistrées encore cette année, la question est encore d’actualité.
En effet, dans les plaines de Souss-Massa, le développement anarchique des pompages privés, a conduit à un épuisement inquiétant des ressources en eau souterraine. Le capital naturel est ainsi surexploité comme c’est le cas dans le secteur d’El Guerdane. Il faut préciser que dans cette région, plus de la moitié des puits en activité sont en infraction. Ainsi, sur 17.000 points d’eau, seulement 2.000 sont autorisés. Quelque 76 machines de forage, sondes et compresseurs ont d’ailleurs été saisies par la police des eaux et près de 900 PV d’infraction ont été dressés, et que pour chaque PV, il faut payer au tribunal 20.000 DH d’amende (cf. www.leconomiste.com).
Pour la région Souss-Massa-Draâ, la problématique hydrique est un défi majeur. La surexploitation de la nappe phréatique au-delà de ses capacités de recharge a en effet causé un déficit de 260 millions de m3. L’objectif de cette région est donc d’optimiser ses ressources hydriques, de généraliser le système du goutte-à-goutte (30.000 hectares à l’horizon 2012) et de valoriser l’eau d’irrigation en utilisant des cultures plus rentables et moins exigeantes en eau.
Dans la plaine du Souss, la production agricole occupe une place de choix avec en particulier 42% de la production d’agrumes et 47% des exportations, et 62% de la production maraîchère et 34% des exportations. La demande globale en eau se trouve ainsi en constante augmentation, d’autant plus que l’agriculture en est la première consommatrice.. Selon des chiffres communiqués par l’Agence du bassin hydraulique de Souss-Massa (ABHSM), l’agriculture dans cette région absorbe à elle seule plus de 90% de la demande totale, tous bassins confondus. Dans la région de Tiznit, la demande en eau pour la superficie irriguée à partir des eaux pérennes, soit les puits et les sources, est estimée à 26 millions de m3.
Les ressources hydriques de la province sont assurées par les eaux profondes présentes dans les 271 sources de la zone. Elles ont d’un débit global d’environ 270 l/s et les puits, au nombre de 500, un débit global d’environ 250 l/s. Ces eaux sont utilisées pour l’irrigation de près de 5.300 ha. D’un autre côté, il y a également les eaux des crues, considérées comme ressource hydrique importante au niveau de la plaine de Tiznit et autour des oueds notamment Assaka, Adoudou et Sidi Ifni et leurs affluents. La superficie irriguée par cette ressource oscille entre 20.000 et 25.000 ha.
Vu la raréfaction des ressources en eau dans le Souss-Massa, et vu la demande croissante en eau potable et industrielle liée à l’accroissement démographique, à la promotion du secteur touristique et à l’essor économique que connaît la région, il est impératif de ne prévoir aucune extension, voire même de réduire les superficies irriguées dans le futur. C’est ce que prévoit l’étude de révision du Plan directeur d’aménagement intégré des ressources en eau (PDAIRE). Le gel des superficies emblavées a été pris en considération tel que spécifié dans le contrat de nappe signé par les partenaires, et qui prévoit l’arrêt des extensions des superficies.
La subvention de la reconversion au mode d’irrigation localisée aura aussi un impact positif. En effet, la conversion à l’irrigation localisée permet une économie de l’eau et sa valorisation au mètre cube. Elle permettrait une économie d’eau d’environ 25 % lorsqu’on passe de l’aspersif vers le localisé. C’est le cas du Souss amont et de Massa. Cette économie sera de 40 % lorsqu’on passe du gravitaire vers le localisé. C’est le cas du secteur moderne privé et traditionnel réhabilité.
Concernant ce domaine, la loi sur l’eau repose sur un certain nombre de principes de base qui découlent notamment de l’objectif, visant une plus grande revalorisation agricole grâce à l’amélioration des conditions d’aménagement et d’utilisation des eaux à usage agricole. Les dispositions spécifiques afférentes au secteur agricole sont notifiées au chapitre IX de la loi 10-95 sur l’eau. L’article 80 précise ainsi que l’utilisation des eaux en vue de l’irrigation de terres agricoles sera soumise à une autorisation préalable auprès de l’Agence du bassin.

Surexploitation

LE contrat de nappe stipule, par ailleurs, l’implication des usagers dans la gestion participative des ressources en eau souterraine. Ainsi, pour atteindre cet objectif, l’ABHSM a lancé une étude intitulée «Implication des usagers dans la gestion participative des ressources en eau souterraine» qui vise la protection et la préservation des ressources en eau dans une vision globale d’un développement durable pour la région de Souss-Massa. Cette étude a porté sur la nappe du Souss qui s’étend sur une superficie de 4.150 km² et celle de Chtouka qui couvre 940 km². La situation des eaux souterraines dans ces deux nappes a connu pendant ces dernières années une dégradation alarmante, face à un accroissement important de la demande en eau d’irrigation et à la réduction des apports des eaux naturelles, suite à la succession des années de sécheresse. Cette situation a créé des conditions contraignantes dues à la gestion des ressources en eau souterraine qui est le seul recours pour la satisfaction des besoins pressants. La surexploitation des ressources en eau souterraine dans ces régions a persisté malgré les efforts déployés pour la mobilisation des eaux de surface. Elle s’est ainsi traduite par une baisse continue des niveaux piézométriques engendrant des frais immédiats d’approfondissement des ouvrages de captage et des surcoûts de pompage. Cette situation alarmante a ainsi motivé l’adoption d’une vision commune pour adopter des solutions techniques et réglementaires pour une meilleure gestion de cette ressource et sa protection, afin d’assurer un développement durable de la région.

 

Fatiha NAKHLI

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