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Régions

Rabat/Ordures
Une crise à la «napolitaine»?

Par L'Economiste | Edition N°:3543 Le 02/06/2011 | Partager
La commune non satisfaite de la qualité des prestations
Près de 10 millions de DH de pénalités non prélevées

Le problème des déchets revient de nouveau à Rabat. Certains quartiers ont été submergés par les déchets durant plusieurs jours (Ph. Bziouat)

Ces derniers temps, des quartiers de la capitale sont devenus sales. Ils restent submergés durant plusieurs jours par les déchets ménagers. Comme c’était le cas la semaine dernière suite à la grève du personnel de la société Tecmed. Cette dernière est adjudicataire du contrat de la collecte des déchets au niveau de Hay Ryad, Agdal, Youssoufia et Souissi à Rabat et la zone Lamrissa à Salé. Une autre grève de 72 heures à partir de lundi dernier a été évitée après l’intervention des autorités.
Toutefois, il est difficile de connaître les vraies causes de cette situation, car chaque partie rejette la responsabilité sur l’autre. Un contrôle efficace via les pénalités constitue un élément fondamental pour assurer le respect des clauses du contrat par les opérateurs. C’est la conviction d’Abdelmounim Madani, vice-président du Conseil de la ville qui s’occupe du secteur. Il rappelle que depuis son arrivée en janvier dernier, «il a essayé de mettre en place un système de contrôle très exhaustif en impliquant l’ensemble des équipes des 5 arrondissements».
Le montant des pénalités durant cette période a grimpé pour atteindre près de 6 millions de DH sur un total de près de 10 millions de DH cumulé depuis le début des contrats en 2008, selon Madani. Mais pour ce dernier, ce travail ne donnera pas ses fruits, si les services de la wilaya ne procèdent pas à la déduction des pénalités des factures des opérateurs. On apprend aussi de la wilaya que la procédure est lancée pour l’application de ces pénalités qui concernent les trois opérateurs: Tecmed, Veolia propreté et Sita-El Beida. Pour le premier, Madani reconnaît qu’il déploie des efforts pour améliorer ses prestations, mais on lui reproche son incapacité à gérer ses relations avec son personnel devenues tendues ces derniers temps. Conséquence: des grèves qui perturbent la marche du service et donc la collecte des déchets. «Outre l’amélioration de notre situation matérielle, on réclame aussi un environnement de travail qui répond aux normes de sécurité et d’hygiène requises», avance Khaldi Youssef, SG du bureau syndical de Rabat affilié à la CDT. Pour la direction de Tecmed, ces grèves ne sont pas justifiées. Car «un protocole d’accord, qui devrait en principe assurer la paix sociale au sein de l’entreprise, a été signé avec le bureau syndical de la CDT en 2008 et prendra fin en décembre prochain», rappelle Azelmad Khalid, directeur régional de Tecmed.
Concernant Veolia, «depuis le début de cette année, on a constaté un relâchement de la part de cette société», selon le vice-président du Conseil de la ville. Comme arguments, il avance un laisser-aller au niveau de l’entretien et du nettoyage du matériel ainsi que le non-renouvellement des conteneurs. «Notre société est déficitaire car la masse du travail réalisé dépasse de loin ce qui est prévu dans le contrat qui prévoit un service de 8 heures alors que nos équipes sont mobilisées 24 heures sur 24», répond Omar Regraga, chargé de mission auprès du DG de Veolia propreté. Pour lui, le système du forfait est pénalisant, donc il faut réfléchir à l’application d’une révision des prix.
Regraga tient également à soulever le retard dans le paiement des factures et la disparition des bacs de l’entreprise. Pour lui, la sensibilisation et l’implication des habitants sont indispensables pour contribuer à dépasser le problème des déchets. Quant à la société Sita-El Beida, Madani rappelle que, selon le cahier des charges, cette dernière doit réaliser deux prestations: la collecte des déchets verts et le ramassage des gravats avec leur valorisation. Pour Madani, l’opération de valorisation n’a jamais été réalisée par la société, alors que la prestation lui a été réglée dans le cadre du contrat en forfait. D’après la société, l’opération de valorisation a été entamée en 2008 pour un volume de 7.500 tonnes. «Ce premier essai a montré que les gravats sont de mauvaise qualité, car près de 80% ne sont pas valorisables», indique Forgacs Thomas, DG de la société. Selon ce dernier, un moyen de compensation a été proposé à la ville qui consiste en la réhabilitation d’une carrière située dans la vallée d’Akrach.
Après le transport urbain, la gestion déléguée des déchets est confrontée à des difficultés dont on doit tenir compte lors de la préparation des futurs contrats.

 

Requête


Très mécontent de la gestion des déchets, El Joumani Sidi Brahim, président de la commune de Youssoufia vient d’adresser une requête au wali et au président du Conseil de la ville leur demandant de résilier les contrats avec les opérateurs chargés de sa commune, à savoir Tecmed et Sita-El Beida. En outre, un sit-in a été organisé, hier, devant le siège de la commune par les élus et les habitants de Youssoufia en guise de protestation contre la dégradation du secteur.

Noureddine EL AISSI

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