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Europe

Berlusconi, un genou à terre

Par L'Economiste | Edition N°:3543 Le 02/06/2011 | Partager
Défaite cuisante à son fief milanais
La gauche italienne revient en force

C’est la première fois depuis son retour au pouvoir en 2008 que Silvio Berlusconi subit une défaite aussi cinglante au second tour des élections municipales. Il semble être pris dans une véritable impasse (Ph. AFP)

Milan bascule à gauche et c’est toute la force Berlusconi qui est remise en cause.
A Milan, Giuliano Pisapia (62 ans), ancien magistrat et ancien député de Refondation communiste, devance très nettement, avec 55% des suffrages contre 44%, la maire sortante, Letizia Moratti, du Peuple de la liberté (PDL), le parti de Silvio Berlusconi.
C’est la première fois depuis son retour au pouvoir en 2008 que Silvio Berlusconi subit une défaite aussi cinglante au second tour des élections municipales partielles en Italie. En perdant son fief milanais, Berlusconi serait-il en train de perdre le monopole de la droite? Il a, en tout état de cause, perdu la confiance des Italiens de Milan, Naples, Trieste, Cagliari, Novare. Des villes qui se détachent de «l’emprise Berlusconi» l’une après l’autre.
Dès l’annonce des résultats, le Parti des libertés (parti de Berlusconi) et son allié, la Ligue du Nord ont tenté de minimiser leur défaite et rassurer les Italiens: «Le scrutin ne remettrait pas en cause la détermination du gouvernement à poursuivre sa tâche jusqu'à la fin normale de la législature en 2013». Rien n’en est moins sûr.
Le pouvoir Berlusconi est ébranlé, font remarquer des analystes politiques. Les scandales à répétition auraient indirectement eu raison de lui. Entièrement occupé à régler ses affaires personnelles, son gouvernement semble avoir négligé l’intérêt général et les réformes.
Et c’est là que le bât blesse. Le taux de croissance de l’Italie au premier trimestre 2011 n’a été que de 0,1% et l’agence de notation Standard & Poor’s a revu à la baisse la perspective économique du pays.
Il n'y a rien de plus dangereux pour un gouvernement que des résultats économiques médiocres, d’autant plus qu’ils touchent directement les électeurs qui, dans ces cas là, ne renouvellent pas le contrat de confiance avec le parti de la majorité.
Si Berlusconi avait jusque-là rattrapé ses défaites par des coups médiatiques qu’il maîtrisait par sa mainmise sur les grands groupes italiens (qui pour certains appartiennent à son empire), cette défaite éclatante semble remettre en question son maintien même au pouvoir.
Deux scénarios pourraient alors se produire. Le premier consisterait en la formation d’un front anti-Berlusconi qui le mettrait en minorité à l’Assemblée. Le second, à la fois surprenant et probable, comprendrait une démission de Berlusconi qui déciderait de se retirer avant de perdre tout crédit. Ce départ provoquerait donc des élections anticipées qu’il ferait tout pour remporter de nouveau. Le Parti démocrate, principale formation de l'opposition de centre gauche, a déjà demandé la démission du président du Conseil.
Le patronat italien, qui a fait sa fortune, est sur le point de le lâcher. Les grands entrepreneurs italiens semblent être lassés de devoir expliquer les anomalies italiennes à leurs interlocuteurs internationaux. D’autant plus que le président du Conseil leur a promis une «révolution libérale» qui n’a jamais eu lieu.
L’ex-président de Fiat, et président de Ferrari, Montezemolo rêve de se lancer en politique. Son initiative reste très limitée mais elle traduit bien la déception des grosses têtes du Pays. Cerné de tous les côtés, aussi bien sur le plan politique que dans le milieu des affaires, Berlusconi devrait trouver une issue à cette impasse, qui cette fois-ci semble bien barricadée.

Houda SIKAOUI

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