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Economie

Grèves: Le gouvernement a manqué de fermeté
Entretien avec Mohamed Saâd El Alami, ministre de la Modernisation des secteurs publics

Par L'Economiste | Edition N°:3543 Le 02/06/2011 | Partager
L’erreur est d’avoir été permissive
La déduction des jours non travaillés revient au gouvernement
Le parti assume ses responsabilités

Mohamed Saâd El Alami, ministre de la Modernisation des secteurs publics : «Si certaines parties ont des agendas particuliers, le gouvernement ne restera pas les bras croisés. Le cas échéant, l’Etat prendra ses responsabilités» (Ph. Bziouat)

L’escalade dans la santé, les grèves dans la justice, les collectivités locales, la conservation foncière… le risque aujourd’hui est une paralysie de l’économie. Face à cette montée des contestations, le gouvernement renvoie une image d’immobilisme. Pour Mohamed Saâd El Alami, ministre de la Modernisation des secteurs publics, « la volonté du gouvernement est de parvenir à une paix sociale»
- L’Economiste : Comptez-vous déduire les jours de grève des salaires des fonctionnaires?
- Mohamed Saâd El Alami: En réalité, c’est oui et non. Chaque secteur a comptabilisé le nombre exact de jours de grève au niveau national ou régional. Dans le cas des tribunaux, nous savions le nombre exact des journées non travaillées. Idem dans l’éducation nationale. Et chaque administration dispose de ses statistiques. Au final, le nombre de jours de grève est élevé.

- A combien s’élève- t-il exactement?
- L’année dernière, on a atteint plus de 90 jours dans les tribunaux. Cela dépasse les limites. Indépendamment du cadre législatif qui n’est pas encore prêt, le droit de grève ne doit pas porter atteinte aux droits des autres. Or, c’est ce qui arrive. Quand les grèves se multiplient dans l’éducation nationale, les élèves sont menacés d’une année blanche. Le pire c’est qu’ils ne reçoivent pas le nombre d’heures d’enseignement nécessaire, ce qui influe sur leur niveau. Quand les grèves se succèdent dans la santé, les malades ne reçoivent pas les soins dans le temps. Ces derniers jours, nous avons constaté que les arrêts de travail affectaient les urgences aussi. Et là c’est un crime, les urgences sont là pour sauver des vies.

- Que fait le gouvernement pendant ce temps?
- La ministre de la Santé a fourni beaucoup d’effort. Elle a mené des discussions avec les 5 syndicats représentatifs et les syndicats indépendants. Les pourparlers se sont déroulés de manière équilibrée avec ces deux parties. Mais à chaque fois qu’elle parvenait à un accord, de nouvelles revendications ressurgissaient.

- Pourtant, il n’est toujours pas question de retenir les jours de grève des salaires...
- C’est une décision gouvernementale. A un moment donné, le gouvernement n’a pas été ferme. Va-t-il changer de position ou attendra-t-il que le problème soit résolu de manière globale via le changement de la Constitution? Durant le dialogue social, le gouvernement a manifesté sa bonne volonté de manière claire, puisque nous sommes parvenus à des solutions au niveau général mais aussi, sur un plan sectoriel. Plusieurs choses ont été accordées dans de nombreux secteurs tels que l’éducation, la justice. Des solutions ont été trouvées alors que certaines parties pensaient que cela n’était pas possible.

- A quoi aura finalement servi le dialogue social? On a l’impression que le gouvernement fait des promesses sans qu’elles ne soient budgétisées.
- Dans le dialogue social, nous avons discuté de certains dossiers et nous avons communiqué les résultats. Par rapport à la retraite par exemple, nous avons annoncé la tenue de la réunion de la commission nationale des retraites. Le premier ministre compte bientôt annoncer une date. Par ailleurs, la décision a été prise de relever le niveau minimum des pensions de retraite de 600 à 1.000 dirhams dans les différents régimes.
La décision court à partir du 1er mai 2011 et les décrets ont été adoptés la semaine dernière en Conseil du gouvernement.
Pour l’augmentation des salaires, il faudrait attendre que les textes d’application soient prêts. Il faut au moins deux mois de travail pour régler les formalités, sachant que la hausse concerne les salaires des civils et des militaires, soit plus de 800.000 personnes. Et ce, tout en tenant compte des statuts particuliers. En tout cas, les 28 arrêtés seront soumis au Conseil de gouvernement durant cette semaine. En principe, l’augmentation interviendra dès juin avec effet rétroactif à partir du premier mai.

- Le pays est au bord de la paralysie avec ces grèves et le gouvernement reste inactif.
- La volonté du gouvernement est de parvenir à une paix sociale. C’est l’objectif poursuivi, et toutes les mesures ont été prises dans ce sens. Si certaines parties ont des agendas particuliers, le gouvernement ne restera pas les bras croisés. Le cas échéant, l’Etat prendra ses responsabilités.

- Qui sont ces parties, quel est cet agenda?
- Vous les connaissez.

- Le gouvernement renvoie une image de fin de mandat…
- Le gouvernement a agi de bonne foi. Pour garantir la paix sociale, il n’a pas été ferme au départ en déduisant les journées de grève des salaires. C’est peut-être une faute puisqu’il ne fallait pas être permissif. Aujourd’hui tout le monde se demande pourquoi après un dialogue social réussi, nous nous retrouvons dans une situation pareille. Ce n’est pas normal.

- Cette situation ne va-t-elle pas avoir un coût électoral pour l’Istiqlal?
-Le parti assume ses responsabilités. Les considérations électorales n’ont jamais guidé nos positions. Nous sommes fiers de nos réalisations et quand il y a des erreurs nous les reconnaissons. Nous travaillons dans un cadre et dans un contexte que tout le monde connaît.

 

Diplômés chômeurs

 


«LES gens ont mal interprété cette notion d’emploi direct des diplômés». Selon Mohamed Saâd El Alami, durant les trois dernières années, le gouvernement a encouragé l’emploi des hauts diplômés pour améliorer l’encadrement au niveau de l’administration. Il a donc veillé à ce que 10% des postes budgétaires soient alloués à cette catégorie.
Cette année, ce pourcentage a augmenté. Sur 18.800 postes budgétaires, 4.300 ont été réservés aux hauts diplômés. «L’orientation du gouvernement est de généraliser le concours, mais pour cette année, nous avons gardé la sélection sur dossier pour l’échelle 11», explique le ministre.
Pour les autres diplômés, il reste 14.500 postes pour lesquels des concours sont ouverts.
Ainsi, les diplômés recrutés sur dossier ont été dispatchés dans les différentes administrations en fonction des types de formation et de compétence.
Le gouvernement a également sollicité les établissements publics. Mais si certains se sont pliés au jeu, d’autres ont refusé; c’est le cas en particulier des chambres de commerce. «Elles affirment que leurs budgets de fonctionnement sont très faibles et qu’elles n’ont pas besoin de ressources humaines mais de ressources financières supplémentaires. Dans tous les cas, elles sont indépendantes. Nous sommes en train de voir où déployer ces personnes», soutient El Alami.
 

 

Propos recueillis par
Khadija MASMOUDI

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