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Focus

L’ANRT au Club de L’Economiste
Les tarifs ont-ils assez baissé?

Par L'Economiste | Edition N°:3543 Le 02/06/2011 | Partager
Selon le régulateur, de 30% entre 2010 et début 2011
La facture mensuelle d’un abonné mobile s’élève à 45 DH
Pour le téléphone fixe, elle est de 139 DH

L’étude de l’ANRT sur les prix de consommation se base sur un revenu moyen (ARPM) calculé en divisant le trafic sortant (appels sortants) par le chiffre d’affaires facturé par les opérateurs. Ce revenu moyen est exprimé en hors taxes, autrement dit, il ne témoigne pas du prix facial directement supporté par le consommateur. «Il permet toutefois d’exprimer un prix uniforme et objectif dans un secteur où les promotions et autres forfaits fusent de partout et concernent tous les opérateurs», explique Mountassir Billah
(Source ANRT)

POUR sa deuxième sortie au Club de L’Economiste, Al Mountassir Billah, directeur général de l’ANRT, a longuement développé le sujet épineux des tarifs. Et pour cause, le régulateur est attendu pour son rôle de gendarme de la concurrence dans le secteur. Le gouvernement a relevé dès 2008 dans la note d’orientation sectorielle des télécoms que même si les prix ont baissé, ils ne l’ont pas été suffisamment. En réaction, l’ANRT a mis en place un certain nombre de leviers pour stimuler la compétition: l’octroi d’une troisième licence, les baisses asymétriques des tarifs d’interconnexion de 70% sur trois ans et l’interdiction des différenciations tarifaires sur le prépayé entre les communications à l’intérieur du réseau d’un opérateur et les communications vers les réseaux concurrents. Selon Al Mountassir Billah, grâce à ces leviers, «le secteur serait arrivé à une baisse de 20% du prix moyen des télécommunications entre 2009 et 2010 dont près de 30% sur le mobile entre 2010 et début 2011».
Mais pas sûr que le consommateur ressente une telle baisse sur sa facture mensuelle. Les chiffres présentés par l’ANRT sont pourtant sans équivoque. L’agence a établi une étude basée sur une méthode de calcul particulière pour pouvoir approcher les tarifs réels adoptés par les opérateurs. «Vu la prédominance des offres promotionnelles en prépayé et des forfaits en postpayé, le meilleur moyen d’approcher les tarifs réels est le revenu moyen par minute (ARPM)». Celui-ci correspond au trafic sortant (appels sortants) en minutes divisé par le chiffre d’affaires facturé par les opérateurs, le tout en hors taxe. «Le résultat est un prix moyen réel puisqu’il se base sur des données objectives et réelles», affirme le DG.
Pour le prépayé, on est passé de 1,60 DH (HT) par minute de communication en 2009 à 0,89 DH au premier trimestre 2011. Ce qui correspond à une baisse de 44% des prix de communication. Du côté du mobile postpayé, pour un parc de 33,4 millions d’abonnés avec un taux de pénétration qui frôle les 105%, le prix moyen par minute est passé de 0,90 DH à 0,76 DH, soit une baisse de 16%. Au total, pour le mobile (post et prépayé), nous serions passés d’un prix moyen de 1,29 DH à 0,85 DH, l’équivalent de 34% de baisse.
Pour les SMS, malgré un prix facial de 0,80 DH HT soit 1 DH par SMS toutes taxes comprises, le prix moyen serait en recul de 44% entre 2006 et 2011. Il serait ainsi passé de 0,44 DH en 2009 à 0,35 DH au premier trimestre 2011. Résultat: le trafic mobile sortant a explosé en cette période. Il est passé d’environ 6 milliards de minutes en 2006 à 14 milliards en 2010 soit une hausse de 138%. Malgré tout, la facture mensuelle était toujours salée. Sur la période allant de 2007 à 2010, la baisse des prix n’aurait pas dépassé en tout et pour tout 22%. La facture moyenne mensuelle d’un abonné mobile aurait baissée de 4 DH seulement en un an: elle s’établissait à 49 DH (HT) par mois en 2009 et s’est maintenue à 45 DH en 2010.
En ce qui concerne le fixe, le parc d’abonnés a atteint au premier trimestre 2011, 3,6 millions d’abonnés. Cet engouement s’est accompagné d’une baisse des prix de l’ordre de 38% sur la période allant de 2007 à 2010. En somme, la facture moyenne du consommateur s’est établie selon l’ANRT à 139 DH par mois en 2010 alors qu’elle correspondait à 156 DH par mois en 2009.
Concernant l’Internet (ADSL & 3G), le parc s’établit à 2,2 millions d’abonnés. La facture mensuelle du haut débit aurait atteint 157 DH en 2009. Elle a légèrement baissé à 134 DH en 2010. La facture 3G s’est établie en 2010 à 46 DH HT contre 56 DH en 2009. Le directeur général de l’ANRT relativise aussitôt, «bien évidemment les prix moyens avancés par cette étude sont à ramener au prix facial qui est proposé directement au consommateur», ce prix demeure en effet sensiblement plus important que ce qui est présenté par l’étude de l’ANRT.
Néanmoins, à travers ces chiffres, l’Agence compte couper court aux multiples interprétations laissant entendre que les prix des communications seraient maintenus à des tarifs élevés, qu’il y aurait entente sur les prix entre les opérateurs et que les communications au Maroc seraient les plus chères dans le monde et dans la région Mena.

Transparence tarifaire?


Parmi les nombreuses critiques adressées aux opérateurs marocains et par ricochet au régulateur des télécommunications, on retrouve en premier lieu le manque de transparence tarifaire. L’ANRT a également décidé d’ouvrir un audit des systèmes de tarification qui a concerné les trois opérateurs Maroc Telecom, Méditel et Wana. La conclusion principale est que les pratiques des opérateurs marocains en matière de transparence tarifaire et d’exactitude des données de facturation se situent tout à fait dans les pratiques et les benchmarks internationaux. «A la suite de cet audit, les opérateurs auront l’obligation de publier une brochure tarifaire unique, exhaustive, compréhensible et accessible à tous, conjuguée à un encadrement des règles de communication sur les débits Internet dans la description commerciale des offres», annonce Al Mountassir Billah.


Ayoub NAÏM

 

                                                                                                                                                                              

 

Dans la moyenne des pays arabes


LE régulateur a eu recours aux travaux du cabinet Arab Advisor Group (AAG) pour le benchmark des prix entre le Maroc et les autres pays arabes. Pour Al Mountassir Billah, les conclusions de l’étude sont claires: «Le Maroc n’est pas le pays le plus cher».  Selon les résultats de l’étude, le revenu moyen (ARPM) au premier trimestre 2011 place le Maroc nettement au dessous de la moyenne des autres pays: la moyenne dans les pays arabes étant de 1,16 DH par minute, le Maroc se place en dessous avec 0,85 DH par minute au 1er trimestre 2011 après avoir atteint 1,27 DH par minute en 2010. Du côté du mobile post-payé «L’ARPM au premier trimestre 2011 place le Maroc nettement au-dessous de la moyenne arabe (0,83 DH/minute) avec 0,76 DH», annonce Al Mountassir Billah. Bien évidemment, ces chiffres ne renseignent pas sur le prix facial proposé au consommateur. Par contre pour les SMS, le tarif retenu par le cabinet AAG est le prix affiché dans le catalogue des opérateurs (prix facial). Ledit tarif ne prend pas en compte les offres promotionnelles (prépayé & postpayé), les gratuités et bonus offerts par les opérateurs. En partant de ce constat, l’ARPM 2010 place le Maroc au-dessous de la moyenne. Avec un prix facial de 0,96 DH, l’ARPM 2010 s’établissait à 0,43 DH par SMS.

                                       

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