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Economie Internationale

Vieillissement de la population
L’OCDE tire la sonnette d’alarme

Par L'Economiste | Edition N°:3533 Le 19/05/2011 | Partager
10% de la population des pays de l’OCDE aura plus de 80 ans en 2025
Dépendance et difficile prise en charge

La prise en charge des personnes dépendantes reste très onéreuse et tout le monde n’a pas les moyens de financer une assurance privée. 70% des personnes dépendantes sont assistées à leur domicile

LA population des pays de l’OCDE vieillit et les dépenses de prise en charge augmentent. C’est ce qu’a révélé un récent rapport de l’institution internationale. Le coût de prise en charge des personnes dépendantes devrait, selon les prévisions, doubler, voire tripler d’ici 2025.
La moitié de ces personnes dépendantes ayant besoin d’aide et de soins sont âgées de plus de 80 ans. Une population qui ne cesse d’augmenter, 10% de la population des pays de l’OCDE devrait avoir plus de 80 ans en 2025, contre seulement 4% aujourd’hui.
Le vieillissement de la population dans ces pays a des conséquences sur l’Economie. Les dépenses de prise en charge se montent actuellement à 1,5% du PIB en moyenne. Ces perspectives mettent donc en évidence les défis que les pays devront relever dans les prochaines années. Les gouvernements devront, dans ce sens, améliorer la viabilité budgétaire de leurs politiques de façon à mieux accompagner les aidants familiaux et les travailleurs du secteur.
En ce qui concerne les aidants familiaux, plusieurs dysfonctionnements apparaissent. Les personnes dépendantes ont moins de chances d’occuper un emploi ou du moins lorsqu’ils y parviennent, c’est souvent à mi-temps. Ce qui les expose aux risques de pauvreté. D’autre part, le rapport de l’OCDE souligne que ces personnes sont plus enclines à développer des problèmes de santé mentale.
Pour les travailleurs du secteur, les emplois de la dépendance n’offrent pas ou peu de perspectives d’avenir, avec une rémunération et des avantages sociaux peu élevés.
A ce jour, certains pays tentent de revaloriser les emplois du secteur de la dépendance par l’amélioration de la rémunération et des conditions du travail. C’est le cas de l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède et la Norvège qui ont récemment pris des mesures visant à encourager les travailleurs à rester dans le secteur. Plus concrètement, en Belgique et en Suède, des conventions collectives prenant en compte les années d’expérience dans les niveaux de salaires se sont révélées efficaces.
Mais le grand défi qui persiste reste celui de la hausse rapide des coûts. Ce qui impose une optimisation des dépenses de prise en charge de la dépendance. Les pays devront donc revoir leurs politiques de façon à stimuler la productivité tout en épaulant les aidants familiaux.
La prise en charge des personnes dépendantes restent très onéreuse. Les gouvernements devront trouver un équilibre entre l’accès à une prise en charge de qualité et une viabilité des dispositifs.
Quelque 70% des personnes dépendantes aujourd’hui sont assistées à leur domicile. Les coûts des services en établissement représentent 62 % des dépenses totales.
Les experts de l’OCDE préconisent la mise en place de soins-relais, l’incitation au travail à temps partiel et le versement de prestations aux aidants familiaux. Ces mesures pourraient être judicieuses du point de vue coût-efficacité car elles permettraient de réduire la demande de soins institutionnalisés onéreux.
Autre solution: l’assurance privée. Un luxe qui pourrait jouer un rôle dans certains pays tout en continuant à représenter une niche de marché seulement. Les États-Unis et la France sont les deux plus grands marchés de l’assurance dépendance de la zone OCDE avec respectivement 5 et 15% des plus de 40 ans qui ont souscrit une police de ce type.
La question du vieillissement de la population et de la prise en charge des personnes dépendantes reste spécifique à chaque pays. Dans certains d’entre eux, la prise en charge directe par les aidants est favorisée. Dans d’autres, l’assistance en maisons de retraite ou centres médicalisés est privilégiée. Chaque pays devra donc opter pour la solution la plus adaptée aux habitudes tout en prenant en compte le facteur «budgétaire». Il demeure que la situation est de plus en plus préoccupante...


Le Maroc ne fait pas exception …


LE vieillissement de la population concerne également le Maroc. Le nombre des personnes âgées de plus de 60 ans serait multiplié par 6 entre 1960 et 2030, passant d’un million à 5,8 millions. Les prévisions du Haut-Commissariat au plan (HCP) notent une croissance accélérée de ce nombre, à partir de 2010. Cette mutation démographique de la population a pour conséquences des transformations économiques et sociales profondes. Ces dernières menaceraient d’affecter la solidarité intergénérationnelle. Si l’OCDE tire la sonnette d’alarme concernant ses pays membres, le Maroc a autant de raisons de s’en inquiéter. La solidarité entre les générations constituait jusque-là un rempart contre la précarité des personnes âgées. Mais pour combien de temps encore…


Houda SIKAOUI

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