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Economie

Thon en conserves
Tromperie sur marchandise

Par L'Economiste | Edition N°:3533 Le 19/05/2011 | Partager
Mélange d’espèces et faux étiquetage prédominent
C’est la seule thonidé qui échappe à l’industrie de transformation

Le thon rouge demeure l’espèce la plus prisée: Une pièce de 300 kg est négociée au Japon pour le prix d’une voiture moyenne cylindrée

Que contient une boîte de conserves étiquetée «thon»? Toute espèce de thonidés, sauf le thon rouge, répond un conserveur qui a délaissé l’activité depuis que la pêche de ce poisson a été soumise à des mesures de protection. Si les industries de la congélation et des conserves règlent l’exploitation de la plupart des thonidés, le thon rouge fait en effet l’exception. C’est la seule espèce qui reste vivante après la pêche. Elle se distingue aussi par sa haute valeur marchande. D’ailleurs, une étude de Greenpeace publiée en 2010, révèle «que près d’un tiers de boîtes de thon vendues, sont mal étiquetées ou contiennent un mélange d’espèces: bonite à ventre rayée, thon obèse et thon blanc». L’organisation écologique va jusqu’à dénoncer la présence des juvéniles d’espèces en voie d’extinction dans le même contenant. Pratique bien évidemment interdite dans l’Union Européenne.
Qu’en est-il au Maroc ? La loi 28-07 sur la sécurité sanitaire des produits alimentaires, érige l’information du consommateur en obligation pour tout aliment mis sur le marché via l’étiquetage. Et, l’article 17 de ce texte, est on ne peut plus clair à cet égard: «l’étiquetage d’un produit primaire, d’un produit alimentaire ou d’un aliment pour animaux mis sur le marché national ou exporté, doit être réalisé de manière à permettre à son utilisateur, y compris le consommateur final, de prendre connaissance de ses caractéristiques». Seulement, cette disposition sera réglée par voie règlementaire. Il faut donc attendre la publication des décrets d’application prévue pour septembre prochain. En attendant, c’est le traitement dual entre l’export et le marché domestique qui prévaut. D’un côté, les produits exportés doivent répondre aux normes et exigences les plus draconiennes des marchés extérieurs, de l’autre, un débouché local où la traçabilité ne semble pas inquiéter outre mesure. De sorte que les produits refoulés à l’export pour divers motifs se retrouvent sur nos étals. Certes, la législation en vigueur sévit pour tout ce qui touche à la santé du consommateur, mais l’absence de normes obligatoires fait que les produits écoulés chez nous sont souvent d’un rapport qualité/prix fort déséquilibré.
Et l’exemple des conserves du thon est éloquent à cet égard. Le Maroc compte en effet, une dizaine d’unités qui opèrent dans la production de conserves de thon. Cette production était, il y a quelques années, orientée à raison de 90% vers l’export. «Aujourd’hui la situation est inversée. Et, les deux à trois marques qui existent encore, ne sont commercialisées que sur le marché local et dans une moindre mesure sur des débouchés peu rémunérateurs d’Afrique», indique un conserveur qui a requis l’anonymat.
Comment est-on arrivé là ? La rareté de plus en plus prononcée des thonidés de manière générale, répond notre interlocuteur. Prétendre que le thon rouge fait l’objet de la conservation, cela relève de la simple fraude. Pour preuve, le quota réservé en 2011 aux pêcheurs de l’Atlantique Est et de la Méditerranée est de 12.900 tonnes. Sur ce volume, le Maroc est autorisé à prélever 850 tonnes avec une rallonge de 327 tonnes, pour compenser les sous captures des années précédentes. Or, à l’instar des 48 pays concernés, l’essentiel des prises sera destiné à l’état frais au pays du soleil levant, qui absorbe 90% de la production mondiale.


Des espèces surexploitées


La famille des thonidés compte une douzaine d’espèces. Ces mangeurs voraces qui consomment jusqu’à 30% de leur poids par jour, évoluent dans toutes les mers. Chaque espèce forme un stock halieutique indépendant mais tous sont surexploités, le plus souvent durant leur période de reproduction à tel point, que la famille est menacée d’extinction.
Par ordre décroissant des quantités pêchées, la bonite à ventre rayée, thonidé tropical est l’espèce la plus exploitée. Les estimations font état de plus de 2,8 millions de tonnes par an (60% de la pêche). Le thon jaune ou albacore, également un thon tropical, évolue au large des Seychelles et représente 24% des pêches. Le thon obèse ou patudo, vient en troisième position avec 10% des pêches. Le thon blanc ou germon est plus petit que le thon rouge, il est surtout pêché en surface. Les 3 espèces de thon rouge se trouvent, quant à elles, dans l’Atlantique, la Méditerranée et le Pacifique. Celle de l’Atlantique peut atteindre jusqu’à une tonne. Elle se caractérise par la couleur rouge de sa chair. D’où, des tentatives frauduleuses visant la coloration artificielle de certaines thonidés. Car, le thon rouge demeure l’espèce la plus prisée: une pièce de 300 kg est négociée au Japon pour le prix d’une voiture moyenne cylindrée.


A.G .

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