Economie Internationale

Les prix du café s’envolent

Par L'Economiste | Edition N°:3531 Le 17/05/2011 | Partager
Forte demande mondiale, production limitée, stocks au plus bas 
Premières répercussions sur le consommateur

Face aux effets haussiers du café, les mouvements des marchés accusent une escalade des prix déjà répercutée par les industriels sur les consommateurs

Les cours des matières premières alimentaires ont encore connu des évolutions contrastées cette semaine, le café se maintenant à des niveaux record. Il a été propulsé à son plus haut sommet depuis quatorze ans. Le prix du kilo de café a été revu à la hausse deux fois ces six derniers mois, les cours mondiaux du café ayant augmenté de 51% sur la même période.
Mais après avoir beaucoup progressé, les cours du café se sont un peu détendus hier, en particulier à New York où les opérateurs avaient intégré aux cours les risques d’une récolte en nette baisse en Colombie, après les fortes pluies qui ont touché le pays. L’incertitude a été levée cette semaine, a souligné la revue spécialisée The Public Ledger, avec la confirmation par la Fédération des producteurs colombiens d’une récolte en chute de 19% en avril par rapport à l’année précédente. Pour le même mois, les exportations du premier producteur mondial d’arabica n’ont en revanche baissé que de 2%.
Le marché continue par ailleurs de profiter du dernier rapport mensuel de l’Organisation internationale du café (ICO), selon lequel de grands pays producteurs, comme le Brésil et le Guatemala, ont augmenté le niveau de leurs exportations, «encouragés par les prix relativement élevés».
Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison en juillet valait 2.510 dollars en début de semaine contre 2.576 dollars la semaine précédente. Sur le NYBoT-ICE, la livre d’arabica pour livraison en juillet coûtait 275,50 cents à New York contre 291,30 cents le 6 mai.
Et les répercussions sur les marchés mondiaux ne se font pas attendre. Face à l’augmentation des cours, les industriels du secteur ont réagi. Kraft, Sara Lee ou Nestlé ont augmenté les prix des paquets de café et des capsules vendus en grande distribution. Cette hausse fait suite à celle qui avait été relevée il y a quelques mois sur les marchés mondiaux. Le Maroc n’avait pas suivi la hausse internationale, à la demande officielle du gouvernement qui avait encouragé une stabilité des prix.
Forte demande mondiale, production limitée, stocks au plus bas: déjà en 2010 la production colombienne avait été mauvaise. Les opérateurs avaient subi de plein fouet les inondations et les tempêtes causées par le phénomène climatique La Nina. Pour 2011, les observateurs des marchés du café craignent qu’une masse d’air froid provenant du pôle Sud s’installe au-dessus du Brésil. Si le gel endommage les caféiers brésiliens, le cours des grains pourrait encore bondir de 40% et atteindre 4,20 dollars la livre, selon une étude du cabinet Bloomberg.

Karim SERRAJ

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