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Affaires

“Le monopole ne profite jamais au client”
Entretien avec Miguel Menchén, directeur général de Médi Telecom

Par L'Economiste | Edition N°:1747 Le 14/04/2004 | Partager

. Première sortie médiatique pour le nouveau directeur général de Médi Telecom qui vient, depuis le 1er avril, de succéder à Ramon Enciso. S'il compte assurer une politique de continuité, il n'exclut pas pour autant le lancement de nouveautés et l'investissement dans de nouveaux créneaux comme la messagerie ou Internet. Parmi ses priorités, le développement de nouveaux services et la seconde licence fixe. Ainsi que les règles d'une concurrence saine, qu'il juge indispensables.- L'Economiste: Vous avez, tout au long de votre carrière professionnelle, occupé divers postes de responsabilité essentiellement dans le domaine des NTI. Aujourd'hui, votre position est avant tout stratégique, comment envisagez-vous cette nouvelle mission?- Miguel Menchén: Il est vrai que j'ai une expérience assez longue dans le domaine des nouvelles technologies de l'information. Mais je voudrais préciser que durant ces dix dernières années, mon travail a toujours été tourné vers le développement des services en vue de la satisfaction du client et vers l'amélioration du service à la clientèle. Cette approche est déjà présente à Médi Telecom. Nous avons toujours été les pionniers dans le lancement de nouveaux services, ce qui a permis d'élargir le marché et de favoriser l'accessibilité au mobile et aux différents services liés comme le plafonnement des factures, les produits Neo ou le roaming pour Medijahiz... Ma mission consiste à développer davantage le marché marocain en mettant à profit mon expérience puisée dans différents marchés à économie comparable comme le Brésil ou le Pérou. - Allez-vous assurer une politique de continuité ou mettre en place une nouvelle stratégie? Prévoyez-vous par ailleurs un nouvel organigramme?- On ne change ni une stratégie ni une équipe gagnantes. J'ai trouvé en Médi Telecom une entreprise en excellente santé, qui a fait ses preuves, avec un portefeuille clientèle étoffé et une certification ISO 9001. Je tiens à préciser que la part de marché de 40% qui est la nôtre n'est pas le fruit du hasard. La même stratégie sera maintenue tout en concentrant les efforts sur la qualité et la diversité de notre offre ainsi que sur l'extension et l'amélioration de notre couverture réseau, notamment à l'intérieur des bâtiments. Cela devrait nous permettre de fidéliser nos clients actuels et de drainer un potentiel intéressé par de nouveaux services à valeur ajoutée comme Internet, les SMS...Dans l'organigramme, il n'y aura pas de changements fondamentaux. Sauf peut-être certains ajustements.- Considérez-vous que ces créneaux soient porteurs dans un pays où le pouvoir d'achat reste limité?- Tout à fait. Il suffit de constater l'essor de ces services dans d'autres pays au niveau similaire ou à économie comparable. Une frange de la clientèle est intéressée par ces produits. C'est le cas des professions libérales ou des entreprises dont les besoins sont croissants. Je citerais comme exemple le Brésil qui peut être comparé au Maroc où ces services connaissent un succès fulgurant. - Le mobile constitue-t-il votre seule priorité ou comptez-vous également vous intéresser au fixe?- Première priorité, les services mobiles de données. Nous sommes déjà présents dans la publiphonie mobile. Ce segment a permis de créer des milliers d'emplois et de démocratiser le mobile. Nous avons par ailleurs contribué à excentrer les populations rurales qui ne sont pas encore suffisamment servies. En ce qui concerne le fixe, nous avons toujours été intéressés par la seconde licence. Elle représente une opportunité particulièrement pour le service Internet. Nous attendons cependant de connaître le contenu de l'appel d'offres ainsi que le calendrier y afférent. Notre décision sera déterminée par les conditions de compétition et d'interconnexion avec l'opérateur historique mais également par les conditions de l'appel d'offres. J'espère que l'on saura tirer les bons enseignements des expériences précédentes et de ce qui se passe ailleurs pour que le futur appel d'offres puisse être une réussite. - Quelle est votre appréciation du marché marocain des télécommunications?- Le marché a montré son dynamisme ces dernières années. Il a été au-delà des prévisions établies avant le démarrage de notre activité. Preuve en est qu'il est passé de quelques centaines de milliers d'abonnés à notre arrivée à plusieurs millions actuellement. Le potentiel est très important. Nous sommes persuadés que l'utilisation du mobile sera encore plus importante si l'on introduit de nouveaux services aussi bien au niveau des prépayés, que des professions libérales ou des entreprises. Je considère que la mission de démocratisation du GSM a été une véritable réussite pour Médi Telecom. - Qu'en est-il du différend avec Maroc Telecom à propos de l'acheminement des appels à l'international?- L'acheminement du trafic à l'international de nos clients nous est autorisé par notre cahier des charges depuis le 1er janvier 2002. Nous avions consulté plusieurs transporteurs dont Maroc Telecom. Son offre était moins compétitive que celle des autres. L'ANRT a été informée de notre démarche. Suite à cela, Maroc Telecom a essayé de nous imposer sa proposition. L'ANRT a déclaré devant les juridictions compétentes sa mise hors cause car le sujet est d'ordre commercial. Notre concurrent a décidé de faire appel. J'espère que l'ANRT va maintenir sa position. De toutes les façons, le monopole ne profite jamais au client. Il faut laisser jouer la concurrence dans un cadre sain et équitable.


Objectif: 50% du marché

Le deuxième opérateur de téléphonie mobile envisage de détenir, dans les prochaines années, 50% du marché. Il compte ainsi augmenter sa part de 10%. Les estimations tablent sur un potentiel de consommateurs de 10 à 12 millions dans les cinq prochaines années, soit environ le double des effectifs actuels. Les clients prépayés représentent plus de 90% du total. Mais les “10% de clients postpayés sont très importants sur le plan qualitatif”, estime le nouveau directeur général. De nouvelles offres, destinées notamment aux entreprises et professions libérales, devraient venir étoffer la gamme déjà offerte. La concurrence devrait, selon lui, stimuler davantage la consommation. A condition qu'elle s'exerce dans un climat de transparence et de sérénité. Miguel Menchén n'exclut toutefois pas la réalisation de performances plus grandes puisque “le marché peut réserver des surprises, à l'instar de ce qui s'est passé depuis l'arrivée de Médi Telecom”. Propos recueillis par Amale DAOUD

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