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Economie

“Derrière le prolongement de l'arrêt biologique, il y a des lobbies”Lahcen Bijdiguen, président de la Chambre maritime d'Agadir

Par L'Economiste | Edition N°:1140 Le 09/11/2001 | Partager

Dans un entretien exclusif accordé à L'Economiste, Lahcen Bijdiguen, président de la Chambre maritime d'Agadir, explique son désaccord avec le ministre sur la prolongation de l'arrêt biologique- L'Economiste: L'arrêt biologique a été prolongé d'un mois. Cette décision est-elle selon vous justifiée? - Lahcen Bijdiguen: Cette décision met à mal réellement le secteur et toutes les filières qui y sont liées. Tout est bloqué, la flotte à l'arrêt s'use et les marins sont au chômage. C'est normal que nous réagissions. Nous avions pourtant sensibilisé les représentants du ministère aux conséquences d'une telle décision qui, nous le savons, a été prise déjà au mois d'août dernier. Pour preuve, la lettre que nous avons adressée au ministre en date du 24 août lorsque que nous avions appris que certains opérateurs de la pêche poulpière de la zone de Dakhla réclamaient l'instauration d'une période de repos biologique durant les mois de novembre et décembre. Ce qui suppose que derrière le prolongement actuel, il y a la pression de lobbies. - Qui sont-ils réellement? - Je n'ai pas besoin de les citer par leur nom, tout le monde les connaît d'ailleurs sur la place. Ce que je soulignerais par contre, c'est que ce ne sont pas des armateurs, mais des gestionnaires de grands groupes du secteur, qui n'ont personnellement aucun sou dans la pêche. Ces entreprises de la pêche hauturière réalisent des chiffres d'affaires faramineux et veulent la disparition des autres unités de la filière pour constituer un oligopole sur le marché du céphalopode. Je ne comprends pas pourquoi le ministère joue le jeu de ces personnes-là. - Pour le ministère, la décision s'explique par l'état de la ressource...- Grâce aux captures réalisées, nous savons que la ressource reprend. Donc, nous affirmons également que ce n'est pas l'état de la ressource qui a motivé cet arrêt qui n'a de biologique que le nom. Mais bien sûr pour faire passer la pilule aux opérateurs, le Ministère de tutelle avance comme toujours les données scientifiques de l'INRH (Institut national de recherche halieutique). Cet établissement avec tout le respect que nous portons pour ses ressources humaines n'est pas indépendant. C'était le cas en 1995 quand le ministre de l'époque a voulu attribuer des affrètements. Pour justifier cette mesure, les pouvoirs publics ont avancé, sur la base des chiffres de l'INRH, que 4 millions de tonnes de poissons mouraient de leur belle mort sans être pêchés. Une année après, ce chiffre a été revu à la baisse à 800.000 tonnes sans explications. - Qu'en est-il de la fixation du prix du poulpe à l'exportation?- En tant que Chambre maritime, nous n'avons jamais été associés à cette décision. Celle-ci a été prise à la suite d'une proposition d'une commission de concertation qui n'est pas représentative. Certes, je reconnais que les prix planchers dans les halles ont porté leurs fruits contrairement à la détermination des prix à l'exportation, qui a paralysé la filière et a créé un véritable malaise. D'ailleurs, bien que l'on avance que plus de 65% du poulpe pêché durant les derniers mois ont été exportés, rien ne prouve que les armateurs vont rentrer dans leurs frais. Car la marchandise n'a pas encore été payée.


Fuite de capitaux

“Si le ministre a des preuves sur la fuite des capitaux, il est de son devoir de faire le ménage”, indique Bijdiguen. Pour lui, il s'agit d'une accusation qui porte préjudice à la profession. Sur le volet des amendes, Bijdiguen émet des réserves quant au travail de la commission chargée de cet aspect.Les armateurs contestent sa composition, car elle ne regroupe, selon lui, que les représentants de la délégation des affaires maritimes.Propos recueillis par Malika ALAMI, notre correspondante à Agadir

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