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    “C'est le caractère spécial qu'on donne au Sahara qui est à l'origine des problèmes”

    Par L'Economiste | Edition N°:1167 Le 19/12/2001 | Partager

    Le secrétaire général du parti de l'OADP, Mohammed Ben Saïd Aït Ider, a été leader de l'armée de l'Indépendance qui a combattu dans le Sahara. Il livre ici son analyse des derniers développements qu'a connus la région. - L'Economiste: Comment interprétez-vous les derniers événements qu'a connus le Sahara depuis la libération des détenus sahraouis et la manifestation de Mohamed Dadech jusqu'aux incidents de Smara et Goulmim?- Mohamed Ben Saïd Aït Ider: Ces événements sont la suite d'incidents précédents. Ils sont la conséquence des méthodes de l'administration. Cette dernière privilégie l'approche sécuritaire même pour le traitement de problèmes sociaux. L'erreur des autorités est qu'elle donne toujours un caractère spécial au Sahara. Certes, nous sommes en lutte pour défendre notre intégrité territoriale. Mais cela ne signifie pas que l'on doit taire toute revendication sociale.Les autorités de Smara ont mal géré le dossier des manifestants. Elles ont fait des promesses qu'elles n'ont pas honorées. La distribution des cartes de la Promotion Nationale peut être assimilée à une corruption pour acheter le silence des manifestants. Cette situation a créé une tension. Bien sûr, il y a des gens qui servent les intérêts du Polisario et attendent des occasions pareilles pour les exploiter. - Le représentant de l'OADP à Smara a été poursuivi dans un premier temps pour “collaboration avec des parties étrangères”...- Nous considérons ceci comme des représailles à l'encontre d'un camarade ayant une activité politique et journalistique et qui est très proche des problèmes des citoyens sahraouis comme celui des disparus, dont le nombre s'élève à 54 personnes. Les autorités locales n'appréciaient pas le travail de Nourredine Darif et lui reprochaient ses contacts avec les Sahraouis. Alors que c'est ce contact avec les citoyens qui finira par installer la confiance entre eux et permettra d'écarter ceux qui exploitent ces tensions au profit des ennemis de notre intégrité territoriale. Dans tous les cas, en tant que journaliste, Darif a le droit de contacter toute personne susceptible de l'aider dans son travail. On l'accuse aussi d'avoir participé à la manifestation alors qu'au moment de son déclenchement, il n'avait pas encore quitté son travail. Des méthodes policières ont été utilisées pour lui soutirer des aveux. Actuellement, il souffre de douleurs intenses au du dos. Nous avons demandé une expertise médicale. Nous n'avons encore reçu aucune réponse.- Ces incidents ont eu lieu juste après la libération des détenus sahraouis...- On a mal exploité l'initiative royale. Au lieu d'écouter les citoyens, nous nous sommes trouvés face à des événements semblables à ceux de Laâyoune en 1999. Le problème des détenus a eu une grande incidence sur la psychologie des gens ici. Il ne faut pas oublier qu'il y a des cellules secrètes pro-polisario qui s'activent dans les rangs des étudiants aussi bien au Sahara qu'au Nord. Elles ne font que guetter des occasions pour pousser l'administration à l'utilisation de la force et à commettre l'erreur.Les autorités avaient permis à Dadech (NDLR: le plus ancien détenu sahraoui libéré dans le cadre de la dernière initiative royale) de faire une déclaration publique où il a tenu des propos plus graves que ceux des manifestants de Smara.- Personne n'imaginait que des voix pro-polisario s'élèveraient un jour?- C'est la conséquence des erreurs de l'administration qui privilégie l'approche sécuritaire. Les problèmes sociaux doivent être réglés de manière normale. Ce sont des revendications qui se limitent à l'habitat et l'emploi.- Ne remarquez-vous pas qu'il y a un manque d'encadrement des citoyens de la part des partis et des associations?- C'est exact. Ce vide existe. L'administration a toujours voulu isoler la région. Ce que nous reprochons à l'Etat, c'est qu'elle ait voulu traiter le dossier du Sahara en dehors des acteurs politiques...- C'est une responsabilité donc partagée entre administration et partis?- Oui, les partis sont incapables de jouer leur rôle en raison du blocage. Mais eux aussi considèrent ces régions différentes des autres et participent à créer une situation d'exception et une division entre les citoyens du nord et ceux du sud.Pour régler ce dossier, il faut regagner la confiance des citoyens. Lors des dernières élections, la falsification a été de mise. Je vous donne un autre exemple, celui des camps Al Wahda: ce sont des gens venus pour une courte durée pour participer au référendum qui les concernait. Ils sont restés ici plus de dix ans. L'Etat leur réserve des aides dont profitent les représentants des autorités locales à travers la mauvaise distribution. Les produits subventionnés sont aussi détournés et revendus dans d'autres régions. Il y a des gens qui ne viennent au Sahara que pour faire fortune à travers l'administration. Il faut aujourd'hui abandonner l'approche de l'aumône et donner de vraies occasions de travail à ces gens. Je me rappelle de l'opération des “lionceaux de Hassan II”. Ce sont des milliers de jeunes à qui l'administration paie un salaire sans qu'ils travaillent. C'est du pur chantage.- L'institution de la tribu est encore dominante au Sahara. Contrairement au nord, l'intégration est très lente, pourquoi?- Au début, l'armée de l'Indépendance avait réussi à intégrer des éléments de différentes tribus dans les mêmes corps de combat et mettre fin au chauvinisme tribal. Aujourd'hui, malheureusement, les modes d'élection consacrent une situation contraire. Si la réussite dans les élections d'une personne dépendait plus des électeurs et non pas des autorités, la situation serait sensiblement différente. Aujourd'hui, chaque tribu à droit au Parlement et aux Conseils. Le comportement de l'administration est adopté par les partis eux-mêmes. Ni l'Etat ni les partis ne font un effort pour l'intégration intertribale et l'acceptation entre gens du sud et gens du nord.- La structure économique du Sahara est fragile et dominée par le fonctionnariat...- C'est la conséquence d'une politique économique entamée en l'absence d'une vision globale. La région a de grandes potentialités telles que la pêche et le tourisme qu'il faut mettre en valeur.- Que pensez-vous de la troisième voie?- Nous proposons l'élargissement de l'expérience à toutes les régions du Maroc. Nous considérons que tout changement doit toucher tout le pays. Ceci permettra à l'Etat d'assurer un traitement équitable entre les régions. Le Sahara doit être comme toute autre région avec plus de libertés et des institutions “clean”. Propos recueillis par Aniss MAGHRI

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