×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Retrait du Vioxx du marché
Les défaillances d’une communication

Par L'Economiste | Edition N°:1870 Le 07/10/2004 | Partager

. Aucun communiqué officiel pour alerter la population. Ce produit représente 15% du chiffre d’affaires de la filiale de MerckLa nouvelle est tombée le 30 septembre dernier. Les laboratoires Merck Sharp & Dohme-Chobret retiraient du marché mondial une de leur spécialité-phare, le Vioxx. Cet anti-inflammatoire, qui a très rapidement acquis une notoriété internationale, entraînerait une augmentation significative des risques d’événements cardiovasculaires chez certains patients. Souvent prescrit pour le traitement d’affections rhumatismales, ce produit avait la particularité de diminuer les risques gastro-intestinaux dus à l’absorption de principes actifs contenus dans les anti-inflammatoires classiques. Au Maroc, le ministère de la Santé n’a pas publié de communiqué pour alerter la population, ni à la télévision ni à la radio. Il s’est contenté de reprendre, le lendemain, sur son site Web, un article du journal Le Monde. Heureusement, les télévisions du monde entier avaient déjà annoncé la nouvelle.Les ventes locales ont pour leur part cessé dès l’annonce de la maison mère. A la filiale marocaine des laboratoires américains, MSD, on affirme que “l’ensemble des démarches nécessaires auprès des administrations concernées  ont été entreprises”. Au ministère de la Santé, on affirme qu’une circulaire a été envoyée à ce propos aux grossistes et pharmaciens pour cesser toute commercialisation du Vioxx. A l’instar de l’ensemble des 80 pays dans le monde où est commercialisé le produit, le Maroc est sommé de retirer les unités de l’anti-inflammatoire.De nombreux pharmaciens et médecins avaient anticipé et arrêté de le prescrire aux patients avant même d’avoir réceptionné la note du ministère. Mais plusieurs responsables d’officine déclarent n’avoir reçu aucune circulaire. Le retrait était juste mentionné dans les bons de livraison des grossistes auprès desquels s’approvisionnent les officines. Le Rofixx, générique du Vioxx, produit au Maroc par les laboratoires Cooper, a également fait l’objet d’un arrêt de commercialisation.Cette décision fait suite aux conclusions d’une étude réalisée auprès de 3.000 utilisateurs du produit à travers le monde. Un communiqué de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé stipule que “cette décision intervient à la suite d’une analyse des résultats intermédiaires d’un essai clinique ayant mis en évidence un doublement du risque relatif d’événements cardiovasculaires (infarctus du myocarde et accidents cardiovasculaires cérébraux par rapport au placebo”. L’agence, qui se base sur les conclusions de cette étude, apporte toutefois quelques nuances quant aux risques engendrés par la consommation du produit. Le patient n’est en effet sujet à risque que sous certaines conditions. Il devra avoir consommé de manière continue la dose de 25 mg/jour, prescrite pour une indication en développement (relative à l’existence de polypose colique) durant une période de 18 mois en traitement continu. Les consommateurs du Vioxx n’auraient donc à s’inquiéter que dans ces derniers cas. La précision est de taille et les responsables de la firme soulignent son importance. A MSD, c’est surtout autour de la philosophie marketing de l’entreprise que tourne la communication. “Le retrait du Vioxx est un acte volontaire et non imposé par des incidents cliniques”, prétend Yasmine Benjelloun, la pharmacienne qui y chapeaute la production. “La maison mère aurait pu continuer à commercialiser le produit car aucun cas mortel n’a été observé à ce jour. L’initiative est prise à titre de précaution pour éviter tout risque aux consommateurs”, ajoute-t-elle. L’étude réalisée par les laboratoires ne laisse pourtant aucune place à équivoque puisqu’elle conclut que le risque de maladie cardiovasculaire est deux fois supérieur au placebo. Le placebo est un médicament qui ne contient aucun principe actif. Il est utilisé en guise de leurre au patient pour influer sur son psychisme (le consommateur de placebo pense qu’il est guéri alors que la gélule qui lui est administrée ne contient aucun médicament).


Déjà des poursuites... au Canada

Le Vioxx, dont les ventes mondiales s’élèvent à 2,4 milliards de dollars annuellement, est un “anti-inflammatoire non stéroïdien de la famille des coxibs utilisé essentiellement dans le traitement symptomatique d’affections rhumatismales (arthrose et polyarthrite rhumatoïde)”. Au Maroc, il représente près de 15% du chiffre d’affaires global de la filiale locale et ses ventes ont représenté, en 2003, un peu plus de 18 millions de DH. Si la décision de retrait définitif est récente, le Vioxx avait fait l’objet de plusieurs “mises en garde”, notamment à cause de son principe actif qui fait partie de la famille des coxibs. L’Agence française de sécurité sanitaire rappelle que “l’hypothèse d’une élévation du risque cardiovasculaire avec les coxibs et plus particulièrement avec le réfoxib a été évoquée à plusieurs reprises et la prudence recommandée chez les patients ayant des antécédents coronariens. Pour la première fois, une étude apporte des éléments complémentaires sur le sur-risque à long terme”. Parallèlement au retrait, les essais cliniques sont également suspendus. MSD, qui dispose d’une unité de production en association avec les laboratoires Sothema, commercialise le Vioxx au Maroc depuis septembre 1999. Dès l’annonce par la maison mère de la décision de le retirer des ventes, la filiale a entrepris l’ensemble des démarches administratives nécessaires. Au Canada, les consommateurs sont passés à l’étape supérieure. Des utilisateurs du médicament ont entrepris une poursuite en recours collectif en Cour suprême de Colombie Britannique contre le fabricant.Pour l’heure, les patients ayant consommé du Vioxx doivent arrêter le traitement et consulter leur médecin. Des produits de substitution sont disponibles sur le marché notamment le Celebrex, produit du laboratoire Pfizer, principal concurrent à qui devrait profiter ce retrait.Amale DAOUD

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]e.com
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc