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    Economie

    Réforme portuaire
    Ghallab met la pression

    Par L'Economiste | Edition N°:1907 Le 01/12/2004 | Partager

    . Il s’attend à de la résistance au port de Casablanca. Il ne fera pas de concessionEn rencontrant la presse autour d’un dîner informel, le ministre de l’Equipement était prêt à aborder tous ses dossiers. Autoroutes, sécurité routière, transport de voyageurs, libéralisation du ciel… De tous ces sujets d’actualité, c’est la réforme portuaire qui a focalisé l’attention des journalistes. Visiblement, Karim Ghallab est déterminé à faire aboutir ce chantier. Il veut lancer aujourd’hui la réforme de ce secteur qui fonctionne à moitié. «L’ambition du Maroc est de se projeter dans l’avenir, profiter des accords de libre-échange signés avec l’Union européenne, les Etats-Unis et les pays arabes», dit-il. Cette volonté s’est accrue avec l’arrivée programmée du complexe portuaire Tanger Méditerranée, prévue pour juin 2007. Cette nouvelle donne va chambouler toute l’architecture du secteur. C’est pour cela qu’il est impératif d’agir vite et d’anticiper sur des scénarios catastrophes qui peuvent se produire dans moins de trois ans. Ainsi, le ministre veut éviter d’avoir deux secteurs portuaires déséquilibrés: l’un moderne et disposant de tous les moyens et standards internationaux en vigueur de par le monde, et l’autre, traditionnel avec toutes les pesanteurs et les habitudes sociales. Si rien n’est fait d’ici là, le risque de voir l’activité du port de Casablanca chuter au profit d’un report du trafic vers Tanger Méditerranée est certain. Les défaillances de la logistique sont criantes. Ce secteur est sous-développé et peu compétitif. Un conteneur en provenance de Chine vers l’Europe a le même coût que celui partant du Maroc. Dans ces cas d’espèce, les avantages liés à la proximité géographique avec l’Union européenne ne jouent pas. L’idéal est d’arriver à des coûts compétitifs les plus bas dans le monde comme à Singapour ou Hong-Kong. Cela sera possible avec Tanger Méditerranée. Il faudra donc s’attaquer aux autres ports, Casablanca en tête, pour éviter la mort lente de ce poumon de la capitale économique. La réforme de ce secteur est une nécessité impérieuse. D’ailleurs, les bailleurs de fonds du Maroc l’ont recommandé à plusieurs reprises, la Banque mondiale et l’Union européenne en tête.Visiblement, ces paramètres ne font pas mouche dans les milieux syndicaux. D’autres logiques prévalent. La réforme que prépare Ghallab risque de déranger. De nombreux intérêts sont menacés et la riposte qui se prépare pourrait être à la mesure de l’enjeu. Le ministre en est conscient. Au port de Casablanca en particulier, la situation est opaque. Des opérateurs développent des relations douteuses et ne rendent de compte à personne. Les exemples de l’anarchie qui règne dans ce secteur sont légion. «Les tarifs sont affichés mais les ristournes se font au noir», confie le ministre pour qui «le port doit être un espace de travail normal et non un non-droit». Le projet de loi veut mettre fin à cette anarchie en créant une agence qui assurera la fonction de l’autorité portuaire. «Nous créons cette autorité qui sera un acteur public, l’œil de l’Etat dans le port», dira le ministre.. «Surenchère syndicale»Cependant, le ministre pourra faire adopter la loi par la force, en s’appuyant sur la majorité gouvernementale comme l’affirment des sources syndicales. Il s’en défend: «C’est de la surenchère syndicale. Je souhaite m’appuyer sur eux pour faire avancer le développement du secteur. Je suis promoteur du syndicalisme mature». La méthodologie suivie par le ministre dans la préparation du projet répond à une logique: il n’est pas opportun d’engager des discussions avec les syndicats sur un texte qui suscite encore des désaccords entre différents ministères. Ghellab avait promis aux syndicats, lors du conseil d’administration de l’Odep, d’ouvrir des pourparlers lorsque le projet sera prêt. Trois semaines après l’adoption du texte par le Conseil de gouvernement, les discussions seront lancées. Six réunions avec les syndicats de l’Odep, qui en compte 5, et les centrales de bord (dockers), ont été tenues depuis début octobre. Pour lui, il n’y a pas d’inquiétudes à se faire. Le projet de la réforme portuaire ne démantèle pas l’Odep et comporte des garanties qui préservent les intérêts du personnel. Un article précise que les avantages et les acquis du personnel seront conservés. Le ministre propose haut et fort de prendre des engagements par écrit qui seront par la suite inclus dans le projet de loi sous forme d’amendements au niveau de la Chambre des Conseillers. Les syndicats lui ont donné rendez-vous le 6 décembre pour lui fournir une réponse.Mohamed CHAOUI

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