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    Politique

    Redéploiement de l’Otan en Méditerranée et au Moyen-Orient
    De notre envoyé spécial à Bruxelles, Amin RBOUB

    Par L'Economiste | Edition N°:1914 Le 10/12/2004 | Partager

    . Proposition d’un dispositif d’expertises dans les domaines militaire et civil . Mise à niveau des forces armées et lutte contre le terrorisme…. … Mais aussi refonte des systèmes de renseignementsUn vaste programme d’ouverture sur le monde arabe. C’est en ces termes que les experts de l’Otan résument la nouvelle démarche de l’Alliance atlantique auprès des pays de la Méditerranée et du Moyen-Orient élargi. Désormais, l’Alliance compte concrétiser le partenariat qui la lie aux pays de la rive sud de la Méditerranée baptisé Dialogue méditerranéen. Elle entend aussi trouver les mécanismes de coopération avec les pays du Moyen-Orient élargi à travers l’Initiative de coopération d’Istanbul (ICI). Les deux programmes de coopération sont certes séparés mais complémentaires, précise-t-on au siège de l’Otan. Ils serviront désormais de socle pour les efforts de partenariat déployés par l’Alliance dans le monde arabe. En témoigne la réunion des ministres des Affaires étrangères qui s’est tenue mercredi 8 décembre à Bruxelles. Elle vient commémorer le dixième anniversaire du Dialogue méditerranéen et illustrer l’intérêt particulier que porte l’Otan aux pays de la rive sud de la Méditerranée. Le Maroc a été représenté par le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération Taïeb Fassi Fihri. Collin Powell a également fait le déplacement dans la capitale belge, l’un de ses ultimes voyages diplomatiques à Bruxelles.Le secrétaire général de l’Otan, Jaap de Hoop Scheffer, a affiché un grand satisfecit au terme de cette réunion qui s’est déroulée à huis clos. “C’est la première fois que les représentants du Dialogue méditerranéen sont tous représentés”, a-t-il déclaré. Selon lui, l’objectif de cette rencontre informelle est d’instaurer un climat de confiance et de stabilité dans la région. Mais aussi poser les jalons des mécanismes de coopération et réfléchir sur des instruments concrets de partenariat. A cet effet, le secrétaire général de l’Alliance compte effectuer une visite dans les pays de la rive sud de la Méditerranée pour s’enquérir des besoins de chaque pays. . Pas de manoeuvres en AlgérieRappelons que Jaap de Hoop Scheffer s’est rendu en Algérie en novembre dernier. Selon lui, la présence d’un détachement naval de l’Otan au port d’Alger la semaine dernière “ne constitue guère des manœuvres dans la région”. Lors de leur réunion, les ministres des Affaires étrangères ont abordé notamment la notion d’interopérabilité militaire et la complémentarité dans l’action pour ne pas faire double emploi avec ce qui a déjà été entrepris par d’autres organisations. Il a été surtout question de l’échange d’expertises en stratégie militaire et la refonte des systèmes de renseignements. “Bien entendu, précise le secrétaire général, le tout avec la prise en compte des spécificités locales et régionales”.Pour rappel, le dialogue avec les pays de la Méditerranée a été enclenché en 1994. Le Maroc a été parmi les premiers pays à y avoir adhéré. Mieux encore, “c’est le pays qui a apporté la plus grande coopération militaire hors alliés”, a tenu à préciser le colonel Guiseppe Clemente, expert de l’Alliance. Outre le Maroc, le Dialogue méditerranéen compte notamment l’Algérie, la Tunisie, l’Egypte, la Mauritanie, la Jordanie et Israël.L’intérêt est d’instaurer d’abord un climat de confiance. Sur ce point, les experts de l’Otan sont conscients que certaines populations, voire des gouvernements, ignorent totalement le rôle de l’Alliance et ses missions. Car au-delà de l’aspect militaire, l’Organisation a aussi des missions politiques. Or, le message politique ne passe pas facilement, précise-t-on auprès de l’Otan. Jusque-là, est-il indiqué, une profonde suspicion envers l’Alliance a entravé l’épanouissement de ce type de partenariat dans les pays de la Méditerranée. Ajoutés à cela la situation en Irak et le conflit israélo-palestinien qui prennent donc en otage le processus de dialogue. Pour remédier à cela, les représentants de l’Otan veulent mettre en place une stratégie de communication et de diplomatie publique dont les contours sont en cours d’élaboration. “Un moyen de travailler sur l’image de l’organisation qui n’est pas toujours ce qu’elle devrait être” surtout dans le monde arabe, précise un expert.Mis à part les manoeuvres militaires ou encore les opérations de maintien de la paix, les experts proposent une large palette d’expertises. Il s’agit de formules de partenariat qui peuvent se décliner via différents aspects de coopération. “Un menu à la carte où aucun plat n’est imposé”, précise Dr Alberto Bin, responsable régional des Affaires du Dialogue méditerranéen. . Modus operendi différentSelon lui, parmi les aspects concrets de coopération, figure l’urgence d’une mise à niveau des forces armées dans les pays de la région. Il s’agit aussi d’adopter un modus operendi différent. Et pour cause, l’après-11 septembre a changé la nature du risque. Du coup, la stratégie militaire doit passer du défensif au proactif. Aussi, les experts parlent-ils d’une refonte des dispositifs de renseignements. En revanche, ils estiment que “la sécurité n’est pas purement militaire”. A cet effet, ils préconisent des expertises au choix allant de la stabilité régionale, en passant par l’interopérabilité ou encore les relations entre civils et militaires et la gestion des catastrophes. L’aspect civil est également pris en compte par le biais de la recherche scientifique. L’Alliance compte financer des projets scientifiques dans des domaines non militaires.L’enjeu est de parvenir dans de brefs délais à l’amélioration des opérations conjointes, une mise à niveau de l’armée vers plus de professionnalisme, la reconversion des sites militaires…A partir de 2005, des réunions régulières d’experts seront programmées dans la lutte contre le terrorisme auprès des pays de la rive sud de la Méditerranée. Il s’agira également d’étudier les mécanismes d’un meilleur partage des renseignements ainsi que les instruments de réforme de la défense. Les experts citent également le contrôle démocratique des forces armées et la transparence des budgets, la lutte contre le terrorisme et les armes de destruction massive ou encore des plans civils d’urgence et de gestion de catastrophe.Au total, ils énumèrent une vingtaine de domaines de coopération. A l’évidence, rien ne sera imposé, assure à son tour le secrétaire général de l’Alliance.

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